AARON

Magicien du Bas-Empire, qui vivait du temps de l’empereur Manuel Comène. On conte qu’il possédait les Clavicules de Salomon, qu’au moyen de ce livre il avait à ses ordres des légions de démons, et se mêlait de nécromancie. On lui fit crever les yeux ; après quoi on lui coupa encore la langue. Mais n’allez pas croire que ce fût une victime de quelque fanatisme ; il fut condamné comme bandit : car on trouva chez lui un cadavre qui avait les pieds enchaînés, le cœur percé d’un clou, et d’autres abominations.

ABADIE ( Jeannette )

Jeune fille du village de Sibourne, en Gascogne.

Delancre, dans son Tableau de l’inconstance des démons, raconte que Jeannette Abadie, dormant, un dimanche, pendant la messe, dans la maison de son père, un démon profita du moment et l’emporta au sabbat ( quoiqu’on ne fit le sabbat ni le dimanche ni aux heures des saints offices, temps ou les démons ont peu de joie ).

Elle trouva au sabbat grande compagnie et vit que celui qui présidait avait  la tête deux visages, comme Janus.

Du reste, elle ne fit rien de criminel et fut remise à son logis par le même moyen de transport qui l’avait emmenée.

Elle se réveilla alors et ramassa une petite relique que le diable avait eu la précaution d’ôter de son cou avant de l’emporter.

Il paraît que le bon curé à qui elle confessa son aventure lui fit comprendre qu’elle n’avait fait qu’un mauvais rêve ; car elle ne fut aucunement recherchée, quoique Delancre dise qu’elle avait commencé là le métier de sorcière. 

ABADIR ou BETHYLE ou BAETILES

Pierre fabuleuse que Cybèle emmaillota pour faire croire à Saturne, son époux, qu'elle lui présentait leur fils Jupiter (dans le but de permettre à ce dernier d'échapper au sort commun, qui était d'être dévoré par Saturne).

ABARIS

Magicien scythe et grand-prêtre d’Apollon, qui lui donna une flèche d’or sur laquelle il chevauchait par les airs avec la rapidité d’un oiseau ; ce qui a fait que les Grecs l’ont appelé l’Aérobate.

Il fut, dit-on, maître de Pythagore, qui lui vola sa flèche, dans laquelle on doit voir quelque allégorie.

On ajoute qu’Abaris présidait l’avenir, qu’il apaisait les orages, qu’il chassait la peste ;

On conte même qu’il vivait sans boire ni manger.

Avec les os de Pélops, il fabriqua une figure de Minerve, qu’il vendit aux Troyens comme un talisman descendu du ciel : c’est le Palladium qui avait la réputation de rendre imprenable la ville ou il se trouvait.

ABDEEL ( Abraham )

Appelé communément Schoenewald ( Beauchamp ), prédicateur à Crustin, dans la marche de Brandebourg, fit imprimer à Tham, en 1572, le Livre de la parole cachetée, dans lequel il a fait des calculs pour trouver qui est l’antéchrist et à quelle époque il doit paraître.

Cette méthode consiste à prendre au hasard un passage du prophète Daniel ou de l’Apocalypse, et à donner à chaque lettre, depuis A jusqu'à Z, sa valeur numérique.

A vaut 1, B vaut 2, C vaut 3 et ainsi de suite. Abdeel déclare que l’antéchrist est le pape Léon X. Il trouve de la même manière les noms des trois anges par lesquels l’antéchrist doit être découvert.

Ces trois anges sont Huss, Hutheu et un certain Noé qui nous est inconnu.

Ces trois insensés ne s’en doutaient probablement pas.

A la fin de son livre, Abdeel prend l’engagement de découvrir le vrai nom de ce certain Noé, ainsi que d’autres secrets, par les nombres cabalistiques du prophète Daniel ; Il ne paraît pas qu’il n’est jamais rempli cette promesse.

ABDEL-AZIS

Astrologue arabe du dixième siècle, plus connu en Europe sous le nom d’Alchabitius.

Son Traité d’astrologie judiciaire a été traduit en latin par Jean de Séville.

L’édition la plus recherchée de ce livre : Alchabitius, cum commento, est celle de Venise, 1503, de 140 pages.

ABDIAS DE BABYLONE

On attribue à un écrivain de ce nom l’histoire du combat merveilleux que livra saint Pierre à Simon le magicien.

Le livre d’Abdias à été traduit par Julius Aficanus, sous le titre : Historia certaminis apostolici, 1566.

ABEILARD

Il est plus célèbre aujourd’hui par ses tragiques amours que par ses ouvrages théologiques, qui lui attirèrent justement les censures de saint Bernard, et qui étaient pleins d’erreurs très dangereuses.

Il mourut en 1142.

Vingt ans après, Héloïse ayant été ensevelie dans la même tombe, on conte qu’à son approche la cendre froide d’Abeilard se réchauffa tout à coup, et qu’il étendit les bras pour recevoir qui avait été sa femme.

Leurs restes étaient au Paraclet, dans une précieuse tombe gothique que l’on a transportée à Paris en 1799, et qui est présentement au cimetière du Père-la-chaise.

ABEILLES

La mythologie gréco-latine donne à l'abeille le titre de Nourrice de Jupiter. Des ruches d'abeilles étant dans l'antre de Dictée et risquant d'y être dérobées, Jupiter lança ses foudres et fit gronder son ton­nerre contre les sacrilèges. Elles symbolisent l'activité, la vigilance et la pu­reté. En France, quand le maître d'un rucher meurt, il est de coutume de voiler chaque ruche d'un crêpe et de prononcer à voix basse : « Le maître est mort », sinon les abeilles meurent aussi ou du moins s'enfuient.

Des paysans sensés et objectifs, interrogés sur ce point, prétendent que c'est rigoureusement exact. Par contre, dans les grands élevages apicoles, on ne constate rien de semblable, mais il est évident que les conditions ne sont pas absolument comparables. Comme nous ne savons rien du psychisme des abeilles, il est superflu de rejeter un fait de ce genre sous prétexte que nous ne le comprenons pas alors que nous admettons, parce que nous avons l'impression de les comprendre, des faits beaucoup plus extraordinaires concernant le chien ou le chat.

L'Empire français a pris, on le sait, l'abeille pour emblème. Certaines compagnies d'assurances aussi. Tout cela relève à la fois d'une symbolique primaire dérivée du naturalisme moderne, et d'un fonds commun apparenté aux considérations qui précèdent. L'abeille fournit mystérieusement le miel, nourriture pure et parfumée d'où l'on tire l'hydromel, boisson des Dieux. A ce titre, elle est à la fois le travail sacré d'affinement et de distillation.

Les animaux se divisent en effet en plusieurs classes du point de vue de l'imagination collective. Ceux qui tuent (carnivores), ceux qui mangent sans élaborer (rongeurs), ceux qui ne mangent ni n'élaborent (poissons), ceux qui mangent et élaborent (bovidés, etc.), ceux qui ne mangent pas et élaborent (abeilles, etc.). On comprend par là que depuis les temps les plus reculés (magie de l'Inde antique), les véhicules sacrés soient, outre l'eau : le miel, le lait et le beurre.

En un mot, l'abeille symbolise le travail, mais singulièrement sa forme la plus noble (elle est nourrice des Dieux) : la distillation des essences et la synthèse en une nourriture parfaite.

ABEL

Fils d’Adam.

Des docteurs musulmans disent qu’il avait quarante-huit pieds de haut.

Il se peut qu’ils aient raisonné d’après un tertre long de cinquante-cinq pieds, que l’on montre auprès de Damas, et qu’on nomme la tombe d’Abel.

Les rabbins ont écrit beaucoup de rêveries sur le compte d’Abel. Nos anciens, qui croyaient tant de choses, lui attribuent un livre d’astrologie judiciaire qui lui aurait été révélé et qu’il aurait renfermé dans une pierre.

Après le déluge, Hermès-Trismégiste le trouva : il y apprit l’art de faire des talismans sous l’influence des constellations. Ce livre est intitulé : Liber de virticubus planetarum et monibus rerum mundanarum virtutibus.

ABEL DE LA RUE

En l'année 1582, Abel de Larue, surnommé le Casseur, savetier, domicilié à Coulommiers, comparut devant Nicolas Quatre-Sols, lieutenant civil et criminel au bailliage de Coulommiers, comme prévenu d'avoir noué l'aiguillette le jour du mariage de Jean Moureau avec Phare Fleuriot.

Après quelques hésitations, il finit par en convenir; il avoua qu'ayant été mis par sa mère au couvent des Cordeliers de Meaux, il s'était fâché furieusement contre Caillet, maître des novices, qui l'avait battu, et que, pendant qu'il songeait à se venger, un barbet noir lui avait apparu, et lui avait promis de ne lui faire aucun mal, pourvu qu'il se donnât à lui; que ce chien noir, qui était un démon, le conduisit dans une chambre du couvent appelée la Librairie, et qu'il disparut après lui avoir dit qu'il l'aiderait toujours.

Il avoua encore, dans l'interrogatoire, que, six à sept semaines après, un grimoire s'était présenté à lui, dans la sacristie du couvent; qu'il l'avait ouvert, et qu'à peine en avait-il lu quelques lignes, qu'un grand homme, blême de visage, d'un effroyable aspect, le corps sale et l'haleine puante, de moyenne stature, vêtu d'une longue robe noire à l'italienne, et ayant devant l'estomac et les deux genoux comme des visages d'hommes, de pareille couleur que les autres, avec des pieds de vache, lui avait demandé ce qu'il faisait, et qui lui avait conseillé de l'appeler. A quoi Abel fit réponse qu'il avait ouvert le grimoire de son propre mouvement; qu'alors le diable l'enleva et le transporta sur le palais de justice de Meaux; qu'il lui dit de ne rien craindre; qu'il s'appelait maître Rigoux; que lui, Abel de Larue, lui témoigna le désir de fuir du couvent; et que, pour lors, le diable le reporta dans la sacristie.

« A mon arrivée, dit-il, Pierre Berson, docteur en théologie, et Caillet, me reprirent aigrement d'avoir lu dans le grimoire, et me menacèrent du fouet. Tous les religieux descendirent à la chapelle, et chantèrent un Salve. On me fit coucher entre deux novices. Le lendemain, comme je descendais pour aller à l'église, maître Rigoux m'apparut et me donna rendez-vous sous un arbre qui est près de Vaulxcourtois, sur le chemin de Meaux à Coulommiers.

«  Je repris les habits que j'avais à mon entrée dans le couvent, et j'en sortis par une petite porte de l'écurie. Rigoux m'atten­dait; il me mena chez maître Pierre, berger de Vaulxcourtois. Maître Pierre me reçut fort bien; j'allais conduire les troupeaux avec lui. Deux mois après, ce berger me promit de me mener à l'assemblée, parce qu'il n'avait plus de poudre. L'assemblée devait se tenir dans trois jours, et nous étions dans l'avent de Noël 1575. Maître Pierre envoya sa femme coucher dehors, et me fit mettre au lit à sept heures du soir; je ne dormis guère. Il avait mis au coin du feu un balai de genet, long et sans manche.

Vers les onze heures du soir, j'entendis un grand bruit; maître Pierre me dit qu'il fallait partir : il prit de la graisse, s'en frotta les aisselles et me mit sur le balai. Maître Rigoux enleva mon maître par la cheminée, je le tenais au milieu du corps. La nuit était obscure, mais un flambeau nous précédait : je vis dans cette course aérienne l'abbaye de Rebets. Nous descendîmes dans un lieu herbu, où nous trouvâmes une grande assemblée; j'y reconnus plusieurs personnes, et notamment une sorcière qui avait été pendue à Lagny.

Le diable ordonna, par la bouche d'un vieillard, de nettoyer la place. Maître Rigoux se transforma en un grand bouc noir, lequel commença à gronder, et à tourner autour de l'assemblée. qui se mit aussitôt à danser à revers, le visage dehors et le cul tourné vers le bouc... »

Alors le bailli demanda au prévenu si on ne chantait point; Abel de Larue répondit que non; mais qu'après la danse qui dura deux heures, on avait adoré le bouc et qu'ensuite, « il vit que » le bouc courba ses deux pieds de devant, et leva son cul en » haut, et alors que certaines menues graines, grosses comme » têtes d'épingles, qui se convertissaient en poudres fort puantes, » sentant le soufre et la poudre à canon, étaient tombées sur » plusieurs drapeaux, et que le plus vieux de ladite assemblée » avait commencé à marcher à genoux, du lieu où il était, et » s'était incliné vers le diable, et avait icelui baisé en la partie » honteuse de son corps; et que, cela fait, ledit vieil homme recueillit son drapeau, qui contenait des poudres et des «  graines. »

Abel de Larue avoua encore que chaque personne de l'assem­blée avait fait de même, et qu'à son tour il s'était approché du bouc, qui lui avait demandé ce qu'il voulait de lui; qu'il avait répondu qu'il voulait savoir nouer l'aiguillette à ses ennemis; que le diable lui avait indiqué maître Pierre comme pouvant lui enseigner cette science, et qu'il l'avait apprise; que, depuis, le diable avait voulu le noyer, lorsqu'il allait à Saint-Loup, près Provins, en pèlerinage, et qu'il avait tout fait en connaissance de cause; qu'il s'en repentait, et criait merci à Dieu, au roi, à monseigneur et à justice.

Sur les conclusions du procureur fiscal, Larue fut condamné à être brûlé vif, le vendredi 6 juillet 1582. Il en appela au par­lement de Paris, qui rejeta le pourvoi. L'arrêt porte qu'Abel de Larue a noué l'aiguillette à plusieurs personnes, lors de la réception du sacrement de mariage; qu'il a prêté consentement au diable, communiqué plusieurs fois avec lui, assisté aux assem­blées nocturnes et illicites; que, pour réparation de ces crimes, la cour condamne l'appelant à être pendu et étranglé à une potence qui sera dressée sur le marché de Coulommiers; et qu'elle renvoie Abel de Larue au bailli pour faire exécuter le jugement, et brûler le corps du sorcier après sa mort. Cet arrêt du 20 juillet 1582 fut exécuté le 23 par le maître des hautes oeuvres de la ville de Maux, au marché de Coulommiers.

ABEN-RAGEL

Astrologue arabe, né a Cordoue, au commencement du cinquième siècle.

Il a laissé un livre d’horoscope d’après l’inspection des étoiles, traduit en latin sous le titre De Judiciis seu fatis stellarum, Venise, 1485 ; Très rare.

On dit que ses prédictions, quand il en faisait, se distinguaient par une certitude très estimable.

ABLUTION

Dans la tradition rabbini­que, et pour les Juifs modernes, l'ablution rituelle a lieu au lever et avant le repas. Elle consiste à se mouiller les mains et le visage le matin, les mains seules avant le repas. Il est prescrit de ne pas jeter à terre l'eau qui a servi, de peur que quelqu'un ne se souille à son contact. Il ne s'agit aucunement d'une prescription d'hygiène. Le Roi du Tonkin se baignait solennellement en rivière, suivi de tous ses courtisans, le dernier jour de l'année ; alors qu'au Siam, la cérémonie était populaire et générale le premier jour de la pleine lune du cinquième mois de l'année. Aux Indes, on sait quelle place tient le bain rituel dans le Gange. Ceux qui habitent loin se procurent de l'eau du fleuve et en mouillent la terre sur une longueur correspondant à leur stature, après quoi ils s'étendent au sol à même l'endroit mouillé et récitent les prières rituelles. Dans les civilisations primitives, on retrouve sous d'autres formes le même culte de l'eau purificatrice. Les Talapoins lavent leurs idoles, à l'exception de la tête, après quoi ils lavent leurs prêtres et, dans leur famille, se lavent entre eux. Certains nègres de la côte de Guinée se lavent tous les matins en l'honneur de leurs fétiches.

En un mot, et sans allonger cette liste, et sans parler de l'Aspersion, du Lavabo et du Baptême, on voit que l'ablution procède d'une acception quasi universelle. Le retour des impuretés, des fautes, du Mal par le canal de l'eau correspond à une remise en circulation de ce mal dans le courant universel. C'est une forme du « retour à la terre » des électriciens. Il est bon de noter qu'il est universellement et expérimentalement constaté chez les psychistes, quelle que soit leur spécialité, que l'eau débarrasse des « fluides ». C'est-à-dire que la manoeuvre de l'ablution n'est peut-être pas seulement ou purement analogique.

ABOU-RYHAN

Autrement appelé Mohammed-ben-Ahmed, astrologue arabe, mort en 330, qui passe pour avoir possédé à un très haut degré le don de prédire les choses futures.

On lui doit une introduction à l’astrologie judiciaire.

ABRACADABRA

Avec ce mot d'enchantement, qui est très-célèbre, on faisait, surtout en Perse et en Syrie, une figure magique à laquelle on attribuait le don de charmer diverses maladies et de guérir particulièrement la fièvre. Il ne fallait que porter autour du cou cette sorte de philactère, écrit dans une disposition trian­gulaire.

ABRAHAM

Tout le monde connaît l’Histoire de ce saint patriarche, écrite dans les livres sacrés ; mais on ignore peut-être les contes dont il a été l’objet.

Les Orientaux voient dans Abraham un habile astrologue et un puissant magicien.

Suidas et Isidore lui attribuent l’invention de l’alphabet et de la langue des Hébreux.

Les rabbins font encore Abraham auteur d’un livre de l’explication des songes, que Joseph, disent-ils, avait étudié avant d’être vendu par ses frères.

On met aussi sur son compte un ouvrage intitulé Jetzirah, ou la création, que plusieurs disent écrit par le rabbin Akiba. Les arabes possèdent ce livre cabalistique, qui traite de l’origine du monde : ils l’appellent le Sepher.

ABSALON

On a écrit bien des choses supposées à propos de sa chevelure.

Lepeltier, dans sa dissertation sur la grandeur de l’arche de Noé, dit que toutes les fois qu’on coupait les cheveux à Absalon, on lui en ôtait trente onces……..

ACHEMA

Acquisitio. — Figure de géomancie (voir ce mot), dont le nom français est le gain, le nom populaire le fortuné, et le nom populaire arabe : la poignée rentrante. Elle exprime l'idée d'expansion, d'accroissement tant sur le plan matériel que sur le plan moral, social ou spirituel, de bénéfices, de réussite. — Correspondances : Air - Jupiter.

ACHERON

Fleuve de douleur dont les eaux sont amères ; l’un des fleuves de l’enfer des païens.

Dans des relations du moyen-âge, l’Achéron est un monstre.

ACHERUSIE

Marais, d’Egypte près d’Héliopolis. Les morts le traversaient dans une barque, lorsqu’ils avaient été jugés dignes des honneurs de la sépulture.

Les ombres des morts enterrés dans le cimetière voisin erraient, disait-on, sur les bords de ce marais, que quelques géographes appellent un lac.

ACHMET

Devin arabe du neuvième siècle, auteur d’un livre De l’interprétation des songes, suivant la doctrine de l’Orient.

Le texte original de ce livre est perdu ; mais Rigault en a fait imprimer la traduction grecque et latine à la suite de l’Onirocritique d’Artémidore, Paris 1603.

ACONCE (Jacques)

Curé du diocèse de Trente, qui, poussé par la débauche, embrassa le protestantisme en 1557, et passa en Angleterre. La reine Elisabeth lui fit une pension. Aussi il ne manqua pas de l'appeler diva Elisabetha, en lui dédiant son livre Des Stratagèmes de Satan. Mais nous ne mentionnons ce livre ici qu'à cause de son titre : ce n'est pas un ouvrage de démonomanie, c'est une mauvaise et détestable diatribe contre le catholicisme.

ADALBERT

Hérétique qui fit du bruit dans les Gaules au huitième siècle, regardé par les uns comme un habile faiseur de miracles, et par les autres comme un grand cabaliste. Il distribuait les rognures de ses ongles et de ses cheveux, disant que c'étaient de puissants préservatifs; il contait qu'un ange, venu des extrémités du monde, lui avait apporté des reliques et des amulettes d'une sainteté prodigieuse. On dit même qu'il se consacra des autels à lui-même et qu'il se fit adorer. Il prétendait savoir l'avenir, lire dans la pensée et connaître la confession des pécheurs rien qu'en les regardant. Il montrait imprudemment une lettre de Notre Seigneur Jésus-Christ, disant qu'elle lui avait été apportée par saint Michel ; et il enseignait à ses disciples une prière qui commençait ainsi :

-- « Seigneur, Dieu tout-puissant, père de Notre Seigneur Jésus-Christ, Alpha et Oméga, qui êtes sur le trône souverain , sur les chérubins et les séraphins, sur l'ange Uriel, l'ange Michel, sur l’ange Inias, l’ange Tabuas, l'ange Simiel et l’ange Sabaoth, je vous prie de m'accorder ce que je vais vous dire. »

C'était, comme on voit, très ingénieux. Dans un fragment conservé des mémoires qu'il avait écrits sur sa vie, il raconte que sa mère, étant enceinte de lui, crut voir sortir de son côté droit un veau ; ce qui était, dit-il, le pronostic des grâces dont il fut comblé en naissant par le ministère d'un ange. 0n arrêta le cours des extravagances de cet insensé en l'enfermant dans une prison, où il mourut.

ADAM

Le premier homme. Sa chute devant les suggestions de Satan est un dogme de la religion chrétienne.

Les Orientaux font d'Adam un géant démesuré, haut d'une lieue; ils en font aussi un magicien, un cabaliste ; les rabbins en font de plus un alchimiste et un écrivain. 0n a supposé un testament de lui; et enfin les musulmans regrettent toujours dix traités merveilleux que Dieu lui avait dictés. Il avait aussi inventé l'alphabet.

ADAM (L'ABBÉ)

Il y eut un temps où l'on voyait le diable en toutes choses et partout, et peut-être n'avait-on pas tort. Mais il nous semble qu'on le voyait trop matériellement. Le bon et naïf Césaire d'Heisterbach a fait un livre d'histoires prodigieuses où le diable est la machine universelle; Il se montre sans cesse et sous diverses figures palpables. C'était surtout à l'époque où l'on s'occupait en France de l'extinction des Templiers. Alors un certain abbé Adam, qui gouvernait l'abbaye du Vaux-de-Cernay, au diocèse de paris, avait l'esprit tellement frappé de l'idée que le diable le guettait, qu'il croyait le reconnaître à chaque pas sous des formes que sans doute le diable n'a pas souvent imaginé de prendre.

 - Un jour qu'il revenait de visiter une de ses petites métairies, accompagné d'un serviteur aussi crédule que lui, l'abbé Adam racontait comment le diable l'avait harcelé dans son voyage. L'esprit malin s'était montré sous la figure d'un arbre blanc de frimas, qui semblait venir à lui. - C'est singulier ! dit un de ses amis; n'étiez-vous pas la proie de quelque illusion causée par la course de votre cheval?

-Non, c'était Satan. Mon cheval s'en effraya; l'arbre pourtant passa au galop, et disparut derrière nous, il laissait une certaine odeur qui pouvait bien être du soufre.

 - Odeur de brouillard, marmotta l'autre.

- Le diable reparut et, cette fois, c'était un chevalier noir qui s'avançait vers nous pareillement.

- Eloigne-toi,lui criai-je d'une voix étouffée. Pourquoi m'attaques-tu? II passa encore, sans avoir l'air de s'occuper de nous. Mais il revint une troisième fois ayant la forme d'un homme grand et pauvre, avec un cou long et maigre. Je fermai les yeux et ne le revis que quelques instants plus tard sous le capuchon d'un petit moine. Je crois qu'il avait sous son froc une rondache dont il me menaçait.

-- Mais, interrompit l'autre, ces apparitions ne pouvaient-elles pas être des voyageurs naturels?

- Comme si on ne savait pas s'y reconnaître ! Comme si nous ne l'avions pas vu de rechet sous la figure d'un pourceau, puis sous celle d'un âne, puis sous celle d'un tonneau qui roulait dans la campagne, puis enfin sous la forme d'une roue de charrette qui, si je ne me trompe pas, me renversa, sans toutefois me faire aucun mal.

- Après tant d'assauts, la route s'était achevée sans autres malencontres;

ADAMANTIUS

Médecin juif, qui se fit chrétien à Constantinople, sous le règne de Constance, à qui il dédia ses deux livres sur la Physiognomonie ou l'art de juger les hommes par leur figure.

Cet ouvrage, plein de contradictions et de rêveries, a été imprimé dans quelques collections, notamment dans les Scriptores physiognomonioe veteres, grec et latin, cura J.-G.-F. Franzii ; Altembourg, 1780,in-8

ADAMIENS ou ADAMITES.

Hérétiques du second siècle, dans l'espèce des Basilidiens. Ils se mettaient nus et professaient la promiscuité des femmes. Clément d'Alexandrie dit qu'ils se vantaient d'avoir des livres secrets de Zoroastre, ce qui a fait conjecturer à plusieurs qu'ils étaient livrés à la magie.

ADELITES

Devins espagnols qui se vantaient de prédire, par le vol ou le chant des oiseaux, ce qui devait arriver en bien ou en mal.

ADELUNG ( Jean-Christophe )

Littérateur allemand, mort à Dresde en 1806. Il a laissé un ouvrage intitulé: Histoire des folies humaines ou Biographie des plus célèbres nécromanciens, alchimistes, devins, etc….

ADEPTES

Nom que prennent les alchimistes qui prétendent avoir trouvé la pierre phi­losophale et l'élixir de vie. Ils disent qu'il y a toujours onze adeptes dans ce monde; et, comme l'élixir les rend immortels, lorsqu’un nouvel alchimiste a découvert le secret du grand oeuvre, il faut qu'un des onze anciens lui fasse place et se retire dans un autre des mondes élémentaires.

ADHAB-ALGAB

Purgatoire des musul­mans où les méchants sont tourmentés par les anges noirs Munkir et Nékir.

ADRIEN

Se trouvant en Mésie, à la tète d'une légion auxiliaire, vers la fin du règne de Domitien, Adrien consulta un devin ( car il croyait aux devins et à l'astrologie judi­ciaire), lequel lui prédit qu'il parviendrait un jour à l'empire. Ce n’était pas, dit-on, la première fois qu'on lui faisait cette promesse. Trajan, qui était son tuteur, l'adopta, et il régna en effet.

On lui attribue en Ecosse la construction de la muraille du Diable.

Fulgose, qui croyait beaucoup à l'astrologie, rapporte, comme une preuve de la solidité de  cette science, que l'empereur Adrien, très-habile astrologue, écrivait tous les ans, le premier jour du premier mois, ce qui lui devait arriver pendant l'année, et que, l'an qu'il mourut, il n'écrivit que jusqu'au mois de sa mort, donnant à connaître par son silence qu'il prévoyait son trépas. Mais ce livre de l’empereur Adrien, qu'on ne montra qu'après sa mort, n’était qu’un journal.

AEGIR ou AEGOR

Mythologie nordique, Dieu germanique de la haute mer, marié à Ran, sa propre soeur, qu'il invite souvent à ses banquets. Ils eurent neuf filles-vagues. Son pére est Fornjotr.

Aegir aurait appartenu à une génération plus ancienne que les Aesirs et même les Vanirs. Il est représenté sous la forme d'un trés vieil homme aux cheveux blancs et aux doigts crochus.
Son culte était craint des marins car il était connu qu'Aegir déchirait la surface des eaux pour prendre ou détruire les navires, leurs frets et même leurs équipage. Pour s'assurer sa passivité, quelques sacrifices de prisonniers n'étaient pas rares. Il habite un scintillant palais sous-marin d'où ils dirigent les vagues tourbillonnantes par l'intermédiaire de ses filles, les vierges des flots. D'ailleurs la tumultueuse mer du Nord était surnommée "la bouilloire d'Aegir". Cette résidence serait située sur l’ile d’Hlesey, d’où le rapport avec son autre nom Hler.

Il est dit qu'un jour, Thor se montra plus malin qu'Aegir en lui ordonnant de brasser de la bière, ce dernier ayant refusé sous le prétexte de manquer de chaudron. Thor récupéra alors le chaudron d'Hymir, Géant de glace. Celui-ci était si large qu'il lui arrivait aux chevilles une fois mis sur ses épaules ! Une fois débarassé du géant à l'aide de son marteau magique, le dieu fut récompensé par l'humiliation d'Aegir, rageant de devoir fournir autant de biére !

Mais une fête organisé par Aegir tourna mal, le malfaisant Loki poignardant le serviteur du dieu de la mer, Fimafeng, tout en insultant les invités...

AEROMANCIE

Art de prédire les choses futures par l’examen des variations et des phénomènes de l’air.

C’est en vertu de cette divination qu’une comète annonce la mort d’un grand homme.

Cependant ces présages extraordinaires peuvent rentrer dans la tératoscopie.

Francois de la Torré-Blanca dit que l’aéromancie est l’art de dire la bonne aventure en faisant apparaître des spectres dans les airs, les événements futurs dans un nuage, comme dans une lanterne magique. Quand aux éclairs et au tonnerre, ajoute t’il, ceci regarde les augures, et les aspects du ciel et des planètes appartiennent a l’astrologie.

AESIR ou  ASE

Mythologie nordique, Ce sont des guerriers divins vivant à Asgard. Ils s'opposent aux Vanirs, une race ainée de Dieux bien qu'ils soient parfois assimilés aux Aesirs. On trouve parmi pour les hommes, avec Odin à leur tête, Balder, Bragi, Forsete, Freyr, Heimdall, Holder, Loki, Njord, Thor, Tyr, Vili, Ve et Vidar.
Il est intéressant de noter que ces Dieux étaient à figures humaines et symbolisait la vie, la nature et ses secrets, de plus ceux-ci étaient mortels donc proche des préoccupations humaines.

AETITE

Espèce de pierre qu'on nomme aussi pierre d'aigle, selon la signification de ce mot grec, parce qu'on prétend qu'elle se trouve dans les nids des aigles.

On lui attribue la propriété de faciliter l'accouchement lorsqu'elle est attachée au-dessus du genou d'une femme, ou de le retarder, si on la lui met à la poitrine.

Dioscoride dit qu'on s'en servait autrefois pour découvrir les voleurs. Après qu’on l'avait broyée, on en mêlait la cendre dans du pain fai exprès; on en faisait manger à tous ceux qui étaient soupçonnés. On croyait que si peu d'aélite qu'il y eût dans le pain, le voleur ne pou­vait avaler le morceau.

AFFLICTION

Dans le vocabulaire astrologique, on dit qu'une planète est affligée pour exprimer le fait qu'elle est en mauvais aspect.

AGABERTE

«Aucuns parlent, dit Torqué­mada, d'une certaine femme nommée Agaberte, fille d'un géant qui s'appelait Vagnoste, demeurant aux pays septentrionaux, laquelle était grande enchanteresse. Et la force de ses enchantements était si variée qu'on ne la voyait presque jamais en sa propre figure : quelquefois c'était une petite vieille fort ridée, qui semblait ne se pouvoir remuer, ou bien une pauvre femme malade et sans forces; d'autres fois elle était si haute qu'elle paraissait toucher les nues avec sa tête. Ainsi elle prenait telle forme qu'elle voulait, aussi aisément que les auteurs écrivent d'Urgande la Méconnue. Et, d'après ce qu’elle faisait, le monde avait opinion qu'en un instant elle pouvait obscurcir le soleil, la lune et les étoiles, aplanir les monts, renverser les montagnes, arracher les arbres, dessécher les rivières, et faire autres choses pareilles, si aisément qu'elle semblait tenir tous les diables attachés et sujets à ses vo­lontés.

AGATE

Pierre précieuse a laquelle les anciens attribuaient des qualités qu’elle n’a pas, comme de fortifier le cœur, de préserver de la peste et de guérir les morsures du scorpion et de la vipère

AGDISTIS

Génie revêtant une forme humaine ayant à la fois les deux sexes. Né de la pierre des Agdus dans un songe de Jupiter, ce monstre fut la terreur des Dieux qui le mutilèrent. Le fruit de cette mutilation fut un amandier. Passa la fille du fleuve Sangar qui cueillit des amandes et les mit dans son sein, ne les retrouva pas, mais fut enceinte. L'enfant fut si beau qu'Agdistis lui-même s'en éprit. Sur le point de se marier avec la fille d'un roi, Adys (l'enfant de l'amandier) se castra lui-même sous l'effet d'un prodige d'Agdistis. Le Roi en fit autant. Agdistis repentant alla demander à Jupiter que le corps d'Adys fat à jamais préservé de la flétrissure et de la putréfaction. Nous soumettons cette légende peu connue à la sagacité des psychanalystes. Son sens est assez clair et mérite qu'on y prête attention.

AGE

La mythologie assigne aux premiers temps de l'humanité le nom d'âges, qui se sont succédé depuis la création du monde. Le premier est l'âge d'or auquel succède l'âge d'argent, l'âge d'airain et l'âge de fer. Cette série commence par l'âge d'or ou règne de Saturne, âge heureux à tous les points de vue. C'est le mythe de l'enfance heureuse, tel qu'il existe dans la pensée populaire en ce qui concerne les en­fants, tel que l'humanité en projette le mythe dans les temps reculés. Le Paradis terrestre des Chrétiens procède du même mécanisme psychosociolo­gique. Le mythe de l'enfance heureuse correspond à l'état de béatitude de ce qui se trouve avant le temps ou en dehors du temps c'est-à-dire l'en­fance d'avant le souvenir, la jouissance sexuelle, la béatitude mystique et la mort. Tout comme dans la destinée individuelle, il est dans le destin des peu­ples de ne pas pouvoir rester en dehors du temps et le retour au temporel engendre les problèmes moraux et le rachat nécessaire par les sacrifices avant d'en revenir à l'aisance sans angoisse. Le mythe de l'âge d'or n'est donc pas seulement une fable, mais correspond au cadre psychologique nor­mal de la pensée humaine.

Par ailleurs, il se trouve que la succession des âges correspond aussi à une réalité historique, à une tout autre échelle d'ailleurs. L'or, l'argent, l'ai­rain et le fer auquel on ajoute, selon d'autres mythologies, l'argile et divers métaux correspond à Ta succession des civilisations et des empires. Telle est l'interprétation du Colosse dont parle Dante dans son Enfer, et de tels Dragons fondus de plusieurs métaux, de la légende chinoise.

AGE D’AIRAIN

On appelle ainsi l'époque mythique située après le règne de Saturne. Le libertinage et l'injustice commencèrent alors d'envahir la terre. L'emblème de l'âge d'airain est une femme richement vêtue, portant un casque et s'appuyant sur un bouclier.

AGE D’ARGENT

On appelle ainsi le temps que Saturne passa en Italie, où il enseigna l'art de cultiver la terre qui refusait de produire parce que les hommes commençaient à devenir méchants. L'emblème de l'âge d'ar­gent est une jeune femme pesant sur le soc d'une charrue et tenant à la main une gerbe de blé.

AGE DE FER.

C'est le nom qu'on donne à l'époque mythique postérieure au règne de Saturne, et au cours de laquelle les crimes les plus effroyables furent commis. A l'âge de fer, la terre ne produisait plus rien parce que les hommes étaient exclusivement occupés à se tromper et à se quereller. On représente cet âge sous la forme d'une femme d'un aspect farouche et menaçant, coiffée d'un casque surmonté d'une tête de loup ou de renard. Elle tient une épée nue d'une main et un bouclier de l'autre.

AGE D’OR

On appelle ainsi une époque mythique à laquelle on donne aussi le nom de Règne de Saturne. A l'Age d'Or, les hommes vivaient dans l'innocence, la terre produisait elle-même les fruits et tous les produits nécessaires à la vie. L'emblème de l'âge d'or est une vierge parfaitement belle couronnée de fleurs et tenant à la main une corne d'abondance. Elle est assise près d'un olivier, symbole de la paix, sur lequel est un essaim d'abeilles.

AGLA

Mot cabalistique auquel les rabbins attribuent le pouvoir de chasser l’esprit malin. Ce mot se compose des premières lettres de ces quatre mots hébreux : ATHAH, GABOR LEOLAM, ADONAI. < Vous êtes puissant et éternel, Seigneur.> Ce charme n’était pas seulement employé par les juifs et les cabalistes, quelques chrétiens hérétiques s’en sont armés souvent pour combattre les démons. L’usage en était fréquent au seizième siècle, et plusieurs livres en sont pleins, principalement l ’ENCHIRIDION, attribué ridiculement au pape Léon III.

AGLAOPHOTIS

Sorte d’herbe qui croit dans les marbres de l’Arabie, et dont les magiciens se servaient pour évoquer le démons .Ils employaient ensuite l’anancitide et le syrrochite, autre ingrédients qui retenaient les démons évoqués aussi longtemps que l’on voulait.

AGNAN

Démon qui tourmente les Américains par les apparitions et des méchancetés ; il se montre surtout au Brésil et chez les Topinamboux, et paraît sous toutes sortes de formes, de façon que ceux qui veulent le voir peuvent les voir partout.

AGNI

Divinisation hindoue du feu, qui répond à Vulcain. On la désigne souvent par le mot pavaca, celui qui purifie. C'est le second des Dieux protecteurs des huit coins du monde dont il soutient la partie sud-est. Agni est représenté avec quatre bras, tenant de deux un écrit, la tête entourée de flam­mes et monté sur un bélier. Pendant l'ère du Bélier d'ailleurs, on célèbre en bien des points du monde le culte du feu. Le principe de Aor-Agni est à la base d'un certain nombre de religions primitives. Il fait également partie des formes ésotériques de maintes religions plus évoluées (Aor : lumière en hébreu).

AGNUS DEI

Pour remplacer les talismans païens, l'Eglise institua les « Agnus Dei », petits morceaux de cire bénits et moulés en forme de bulle avec un agneau pascal et une pieuse invocation ; parfois ce sera une bulle d'or ornée d'une croix. Cette croix fut longtemps l'antique Tau. Marie, reine d'Ecosse, possédait deux Agnus Dei, l'un en cristal de roche avec une image de Neptune à l'intérieur, et l'autre non décrit.

AGOBARD

Archevêque de Lyon  au neuvième siècle. Il a écrit contre les épreuves judiciaires et contre plusieurs superstitions de son époque.

AGRAFENA-SHIGANSKAIA

L’une des maladies les plus générales sur les côtes nord-est de la Sibérie, surtout parmi les femmes, est extrême délicatesse des nerfs. Cette maladie, appelée mirak  dans se pays, peut être causée par le défaut absolu de toute nourriture végétale, mais la superstition l’attribue à l’influence d’une magicienne nommée Agraféna-Shiganskaia, qui bien que morte depuis plusieurs siècles, continue à répandre l’effroi parmi les habitants et passe pour s’emparer de la maladie.

M. de Wrangel, qui rapporte ce fait dans l’écrit de son expédition au nord-est de la Sibérie, ajoute que parfois on trouve aussi aux hommes qui souffrent du mirak ; mais ce sont des exceptions.

AGRIPPA (Henri-Corneille)

Médecin et philosophe, contemporain d’Erasme, l’un des plus savants hommes de sont temps, dont on l’a appelé le Trismégiste, mais doué d’extravagance ; né a Cologne en 1486 mort en 1535, après une carrière orageuse, chez le receveur générale de Grenoble, et non à Lyon, ni dans un hôpital, comme quelques un l on écrit. Il avait été lié avec tous les princes de son époque. Chargé souvent  de négociations politiques, il fit de nombreux voyages, que Thevet, dans ses vies des hommes illustres, attribue à la manie <de faire partout des tours de sont métier de magicien ; ce qui le faisait reconnaître et chasser incontinent>.

Les démonologues, qui sont furieux contre lui, disent qu’on ne peut le représenter que comme un hibou, à cause de sa laideur magique ; et de crédules narrateurs ont écrit gravement que, dans ses voyages, il avait coutume de payer ses hôtes en monnaie, fort bonne en apparence, mais qui se changeait au bout de quelques jours, en petits morceaux de cornes, de coquille ou de cuir, quelquefois en feuilles d’arbres.

Il est vrai qu’à vingt ans il travaillait à la chrysopée ou l’alchimie ; mais il ne trouva jamais le secret du grand œuvre. Il est vrai aussi qu’il était curieux de choses étranges,et qu’il aimait les paradoxes : son livre de la Vanité des Sciences , que l’on considère comme son chef-d’œuvre, en est une preuve . Mais au chapitre XIII de ce livre, il déclame contre magie et arts superstitieux. Si donc il fut obligé plus d’une fois de prendre la fuite pour se soustraire aux mauvais traitements de la populace ;qui l’accusait de sorcellerie, n’est-il pas permis de croire ou que son esprit caustique ,et peut-être ses mœurs mal réglées,lui faisaient des ennemis, ou que sont caractère d’agent diplomatique le mettait souvent dans des situations périlleuses,ou que la médecine empirique , qu’il exerçait , l’exposait à des catastrophes ; à moins qu’il ne faille croire , en effet, que cet homme avait réellement étudié la magie dans ces universités mystérieuses dont nous ne savons pas encore les secrets ? Quoi qu’il en soit, Louise de Savoie, mère de François 1er, le prit pour son médecin. Elle voulait  qu’il fût aussi son astrologue, ce qu’il refusa. Et pourtant on soutient qu’il prédisait au trop fameux connétable de Bourbon des succès contre la France. Si cette allégation est vrais, c’était semer la trahison, et Agrippa était un fripon ou un fourbe.

Mais on établit encore l’éloignement d’Agrippa pour le charlatanisme des sorciers en rappelant ce fait, que, pendant le séjour qu’il fit à Metz, remplissant les fonctions de syndic ou avocat général ( car cet homme fit tous les métiers), il s’éleva très vivement contre le réquisitoire de Nicolas Savin, qui voulait faire brûler comme sorcière une paysanne.

La spirituelle et vive éloquence d’Agrippa fit absoudre cette fille. A cela les partisans de la sorcellerie d’Agrippa répondent qu’il n’est pas étonnant qu’un pareil compère ait défendu ceux qui pratiquaient la magie, puisqu’il la pratiquait lui même.

-Ils ajoutaient que tandis, qu’il professait à l’université de Louvain, il infecta ses écoliers d’idées magiques. <Un de ses élèves, lisant auprès de lui un certain livre de conjurations, fut étranglé par le diable. Agrippa, craignant qu’on ne le soupçonnât d’être l’auteur ou la cause de cette mort arrivée dans sa chambre, commanda à l’esprit malin d’entrer dans le corps qu’il venait d’étouffer, de ranimer le jeune homme et de lui faire faire avant de le quitter sept ou huit tours sur place publique. Le diable obéit ; le corps du jeune étranglé après avoir paradé pendant quelques minutes, tomba sans vie devant la multitude de ses camarades, qui crurent que ce n’était là qu’une mort subite.

AIGLE

Oiseau consacré à Jupiter depuis le jour où, ayant con­sulté les oracles, parut un aigle qui fut d'un heureux présage. Selon la fable, ce fut un aigle qui porta de l'ambroisie à Jupiter enfant. On le figure souvent portant la foudre dans ses serres. Les Indiens le vénèrent sous le nom de « l'oiseau Tonnerre » (Wakinyan), ce qui procède d'une symbolique analo­gue. On sait que ce symbolisme n'est pas seulement international, mais universel (l'Aigle de l'Empire et de tous les empires, l'écusson de l'Empereur du Tarot, etc.). Il n'offre pas, dans l'inter­prétation, de difficulté particulière lorsqu'on songe à ses caractères zoologi­ques bien connus (il plane, il fond comme l'éclair sur sa proie, il est rapace, il est de dimension imposante, etc...).

AIGLE DE SANG

Mythologie nordique, Supplice consistant à inciser le dos de la victime entre les côtes pour lui extraire les poumons et les déployer comme des ailes. Ce rituel sacrificiel aurait été pratiqué pour le culte d’Odin.

AIGUILLETTE

La Tradition française du Moyen Age donne ce nom à la fois au phallus et à sa signification fonctionnelle. Nouer l'aiguillette voulait dire frapper d'impossibilité l'exercice de la vie sexuelle par un sortilège. On employait quelquefois le même sortilège contre la femme. Dénouer l’aiguillette était au contraire combattre la magie du noeud et rendre la vie sexuelle à nouveau possible.

Il est certain que la vie superstitieuse et paranoïaque des foules crédules du Moyen Age ou des populations rurales contemporaines de quelques-unes de nos campagnes se prête éminemment à rejeter sur le sortilège de l'aiguil­lette maintes inappétences et vicissitudes sexuelles émanant de toutes autres causes. Mais, par ailleurs, soit que le « sorcier » agisse par suggestion, soit qu'il utilise des philtres, soit qu'il emploie des procédés magiques vrais, le noeud de l'aiguillette est une réalité de fait. Les techniques opératoires sont extrêmement variées.

AIL

Etait considéré comme une plante sacrée par les Egyptiens, qui en faisaient une divinité. En Grèce, au contraire, l'entrée du temple de la Mère des Dieux était interdite à celui qui en avait mangé. Rabelais, inci­demment, attribue à une botte d'aulx située derrière une porte manoeuvrée par aimantation, le pouvoir de contrecarrer les effets de l'aimant. Ce rôle antidotique de l'attraction universelle n'est pas venu sous sa plume d'une façon gratuite. On sait que l'ail tue les parasites et aide à l'élimination des auto-toxines, ce qui en fait le médicament de certaines hypertensions.

Ces très diverses propriétés procèdent de ce que l'ail a à la fois les qualités d'un antibiotique et d'un purificateur. Aussi est-il généralement pros­crit dans les cultes aux déesses fécondes et prôné dans les cultes aux Dieux : il ouvre les portes mais en rompant le cycle naturel et peut être considéré à cet égard comme agent de la mutation non continue.

Les traditions populaires ont souvent conservé le souvenir de ces deux sens ; la science elle-même a souvent couvert un peu légèrement le préjugé, comme lorsque les accoucheurs interdisent l'ail pendant l'allaitement. (Si ce prétexte était valable, comme le remarque un accoucheur de Paris, il y a beau temps que le Midi serait dépeuplé !)

AIMANT

Il lui est attribué des propriétés nombreuses et mira­culeuses telles que celles de resserrer les noeuds de l'amitié, de l'union conjugale, de faire parler les femmes infidèles durant leur sommeil, de servir aux opérations magiques. Les Basilidiens s'en servaient pour faire les pierres magiques dites Abraxas et gravaient sur les aimants les noms des génies favora­bles. Le nom même de l'aimant, ses propriétés physiques, expliquent sa sym­bolique sans autre commentaire.

AIR

Les Grecs adoraient l'air tantôt sous le nom de Jupiter, tantôt sous le nom de Junon. Dans le premier cas, c'était l'air pur et, dans le second, l'air grossier qui nous entoure. Quant à l'air en tant qu'Elément, voir ce mot.

 

AIRAIN

Ce métal, alliage de cuivre, d'étain et d'argent, est considéré comme un purificateur des souillures. Aux fêtes et aux mystères d'Osiris, il était déjà utilisé durant les sacrifices, dans de petites cloches ; il servait aussi sous cette forme, dans les Bacchanales. L'âne de Silène porte une cloche au cou. La clochette d'airain est aussi un des attributs de Priape. Les gonds sur lesquels est posée la porte de l'enfer sont aussi d'airain.

On sait que dans le culte judaïque, le Tabernacle comportait la <. Mer d'Airain », bassin contenant l'eau de purification. Enfin, le catholicisme utilise l'airain à l'exclusion de tout autre métal pour la confection des cloches destinées à appeler les fidèles à l'église.

AITHESIS

Nom donné quelquefois à la faculté de voyance, nommée aussi septième sens

ALBERICH

Mythologie nordique, « Elfe puissant » (autres traduction des histoires d'Andvari dans les gestes Noroise de Sigudr) Alberich est un Roi Nain et il a son château dans la roche souterraine d'une grotte géante orné de gemmes et de métals rares. Il garde le trésor de Nibelung (eau) et celui de Schilbung (brumes) à l'aide de sa puissante magie. Il donna l'épée Balmung à Siegfried ainsi qu'une cape d'invisibilité-« Torn Kappe ou cape flottante en ancien Français »-. Freyja reçu le collier Brisingamen ainsi que Draupnir, l'anneau d'Odin et l'épée magique Tyrfing.
Il forgea un anneau magique avec l'or volé aux Vierges du Rhin ce qui attira les Dieux et les Géants. Deux de ces derniers, Fafner et Fasolt le réclamérent comme paiement de la construction du Valhalla et prirent Freyja en otage.
Remarque : voir Andvari, leur histoire étant vraisemblablement identique mais narré differemment. Alberich est présenté soit comme un elfe ou un nain bien que ce dernier soit plus crédible.

ALBUS

Figure de géomancie dont le nom français est le Blanc, le nom populaire, la Judicieuse, et le nom populaire arabe, la blancheur.

Elle exprime l'idée de pureté et de purification, de sérénité, de calme et d'apaisement, de mysticisme. Correspondences : Eau, Vénus.

ALCHIMIE

Selon la définition en usage dans les milieux pri­maires, l'alchimie serait la forme élémentaire et, en quelque sorte, prémo­nitoire, de la chimie. Sans être fausse en soi, cette assertion est à côté du problème. Selon une autre définition, les alchimistes auraient eu pour but la transformation des métaux en or ; on oublie qu'ils cherchaient parallèlement (pour s'en tenir au pied de la lettre) l'Elixir de longue vie, l'Or végétal, la Panacée universelle, etc... C'est-à-dire que le point de vue chimique pur était assez étranger à tout cela. Réaliser le « Grand Oeuvre », tel était exac­tement l'objectif des alchimistes. Or, le Grand Oeuvre, ainsi dénommé, est d'une appellation qui n'évoque ni une simple astuce physico-chimique, ni une découverte bio-médicale.

L'histoire de l'alchimie montre par ailleurs, au travers d'approximations et de discussions insolubles, qu'elle a pris naissance au confluent égypto­gréco-romain, moins porté vers les études chimiques ou de la nature, que vers la spéculation métaphysique. On en suit la trajectoire à travers le Moyen Age, où elle fait plutôt figure de philosophie que de science. Aujourd'hui enfin, les physiciens ont opéré la transmutation des métaux en or, et il est évident que cela n'intéresse absolument pas les alchimistes — ni personne d'ailleurs.

Laissons donc aux esprits simples leurs points de vue simplistes et essayons de situer l'alchimie sur un plan plus authentique. L'Univers a une structure et, parce que l'analogie est à la fois le principe de cette structure et la voie de sa découverte, on ne peut accéder à la Réalisation, c'est-à-dire à la Participation au Réel, sans avoir saisi les articulations de ce Réel par le dedans. Le Grand Oeuvre, c'est la Réalisation de l'Homme ; mais alors que la voie mystique se propose généralement (en pays chrétien) la Réalisation par la Sainteté, la Réalisation envisagée selon les autres voies (Bouddhisme, Zen, Radja-Yoga, Djnana Yoga, etc...) vise à la Participation par la connaissance.

L'Analogie est une occasion de processus logique (comme dans l'induc­tion amplifiante de la logique classique) aussi longtemps que l'homme n'a pas dépassé le plan poétique, moment à partir duquel la connaissance du Réel lui est donnée avec clarté et évidence. Ce chemin, on peut le parcourir en se pénétrant de l'esprit analogique dans n'importe quel domaine. C'est pourquoi les initiations partent, selon les époques et les cas, d'épreuves inspirées des situations mythologiques, de la dialectique propre à une cosmogonie donnée, de la découverte psychanalytique, ou de réflexions à propos de la Nature expérimentalement étudiée. En alchimie, les lois de la matière, de sa dégra­dation et de sa purification, analogiquement considérées, étaient la trame du cheminement que doit suivre non pas le métal pour devenir or, mais l'homme pour accéder à la considération poétique des clefs structurales.

Autrement dit, l'alchimie n'est pas une technique scientifique, mais une ascèse initiatique. Il ne s'agit en aucun cas d'alchimiser les métaux, mais de s'alchimiser. Sans quoi, pourrait-on comprendre pourquoi les esprits émi­nents qui se sont consacrés à l'alchimie, distinguent l'Or de l'Or des philo­sophes ? Si c'était d'un corps matériel qu'il s'agisse, comment pourrait-on con­cevoir que des esprits sensés aient pu formuler des phrases telles que : « La Pierre philosophale donne le détachement des choses de ce monde... »

Cela étant compris, il faut avouer qu'autour de l'alchimie ainsi entendue, deux causes d'erreur excusent les vulgarisations à courte vue : 1 °) La voie alchimique, comme toutes les autres voies initiatiques, suscite autour de sa lumière la gravitation massive des simples d'esprit, amoureux du mystère par impuissance à vivre dans le concret, des abstracteurs de quintessence théorisant faute de sensibilité et autres variétés de non-valeurs. Tous ceux-Ià ont imité sans comprendre tout en croyant comprendre — un peu comme font les ingénieurs lorsqu'ils entreprennent d'avoir des théories artistiques et de les appliquer. Ceux-là ont transcrit, codifié, déformé, simplifié ou com­pliqué. De sorte que, transmis par eux, l'enseignement alchimique est devenu une caricature chimico-nébuleuse. 2°) L'alchimie, si elle est une voie d'acces­sion à la Réalisation, est aussi une chimie, et elle est aussi une technique de transmutation matérielle. Voici comment :

La chimie proprement dite a d'abord été qualitative. Puis, après les expé­riences classiques que l'on sait et l'invention de la chimie moléculaire, elle est devenue quantitative. La chimie physique moderne la laisse quantitative. Si les propriétés qualitatives y sont considérées (affinités, caractères analyti­ques, réactifs, etc...) ce n'est qu'en rapport avec le plan physico-chimique. Or, on peut considérer le corps étudié par la chimie sous l'angle de leurs carac­téristiques qualitatives extra-physiques (vertus thérapeutiques sur le plan biologique, vertus psychiques sur le plan animique, etc... — car il y a une suite). De cela, le commun n'a plus la notion; alors que les alchimistes, avec les faibles moyens de leur temps, en détenaient au moins le principe. De cette chimie plus complète est sortie la médecine spagyrique, dont on redé­couvre progressivement la valeur, et bien d'autres monuments que la science « positive » n'est pas lasse de redécouvrir.

Par ailleurs, et parce que les enchaînements qualitatifs de la chimie permettent d'accéder aux clefs de structure — et par là à l'action « magique » — l'alchimiste, à l'issue de son ascèse (et non à l'issue de ses recherches de laboratoire), a effectivement la vertu de transformer le plomb en or, de pren­dre la vie d'un être et de la donner à un autre, et toutes opérations dont on trouve la description au rang des « pouvoirs », quelle que soit l'initiation choisie. Les « pouvoirs » sont d'ailleurs des acquisitions accidentelles et ceux qui y parviennent n'en font pas grand cas.

On comprend que ces deux derniers éléments (le fait qu'autour de l'al­chimie aient gravité de pauvres gens et le fait que l'alchimie soit aussi une chimie supérieure) aient semé la confusion dans les esprits ; que le tout, trafiqué par les vulgarisateurs, soit devenu un monument d'incohérence risible. Mais un dernier élément, le plus profond, déroute et déroutera encore le profane : l'alchimie, ascèse par l'analogie, vise à la Réalisation par la connaissance — c'est-à-dire en dehors des voies chrétiennes et scholastiques. Il n'est que d'évoquer l'atmosphère panique du Moyen Age pour compren­dre que les alchimistes avaient tout intérêt, s'ils voulaient sauvegarder et transmettre leurs clefs, à les déguiser sous les dehors les plus abscons. Malgré toutes leurs précautions, on sait combien d'alchimistes sont morts sur le bûcher ou rôtis vivants dans des cages de fer, ou pendus, ou suppliciés. Cer­tains le furent parce qu'ils ne voulaient pas divulguer le secret de l'or — tout comme Jésus fut abandonné au supplice par les Juifs à qui il avait imprudemment parlé du Royaume et que les Juifs étaient déçus d'apprendre finalement que le Royaume devait être conquis par l'intérieur. Malgré toutes les précautions possibles, et l'hermétique en est une, on ne peut empêcher que l'amoureux de la Connaissance soit par principe maudit et en fait immolé.

Toutes ces causes étant comprises, les effets furent non seulement d'exci­ter l'imagination populaire, mais, en aggravant la confusion, de permettre aux aventuriers de prendre le manteau de l'alchimiste. Les « faiseurs d'or » pullulèrent, qui étaient le plus souvent d'habiles escrocs teintés d'alchimie. De nos jours, l'escroquerie à l'alchimie a pris la forme de la vulgarisation par les livres, où, sous un style abscons et mystérieux, des « mages » accumulent des mots prestigieux et incompréhensibles à l'usage d'un public étendu et médiocre qui paie bien. De sorte que le discrédit est entretenu par l'her­métisme et tout le monde est content. L'alchimie vraie, maudite et précieuse, ne s'en porte pas plus mal. A certains égards, la sottise et la vindicte pater­naliste lui font un précieux bouclier. Et tout cela est dans l'ordre.

ALCI

Mythologie nordique, Décrit par Tacite comme des Dieux jumeaux en référence à ceux Romains qui seraient symbolisés par Frey et Freyja ou d’autres divinités androgynes.

ALDON

Deux seigneurs lombards, nommés Aldon et Granson, ayant déplu à Cunibert, roi de Lombardie, ce prince résolut de les faire mourir. Il s'entretenait de ce projet magnanime avec son favori, lorsqu'une grosse mouche vint se planter sur son front, et le piqua vivement; Cunibert chassa l'insecte, qui revint à la charge, et qui l'importuna jusqu'à le mettre dans une grande colère. Le favori, voyant son maître irrité, ferma la fenêtre pour empêcher l'ennemi de sortir, et se mit à poursuivre la mouche, pendant que le roi tirait son poignard pour la tuer. Après avoir sué bien longtemps, Cunibert joignit l'insecte fugitif, le frappa; mais il ne lui coupa qu'une pate, et la mouche disparut.

Au même instant Aldon et Granson, qui étaient ensemble, virent apparaître devant eux une espèce d'homme qui semblait épuisé de fatigue et qui avait une jambe de bois. Cet homme les avertit du projet du roi Cunibert, leur conseilla de fuir, et s'évanouit tout aussitôt. Les deux seigneurs rendirent grâces à l'esprit de ce qu'il faisait pour eux; après quoi ils s'éloignèrent, comme l'exigeaient les circonstances.