CACTONITE

Pierre merveilleuse, qui selon quelques-uns, n’est autre chose que la cornaline. On lui attribue de grandes propriétés. Les anciens en faisaient des talismans qui assuraient la victoire.

CACUS

Espèce d’ogre de l’antiquité. Fils de Vulcain, il vomissait du feu par la gueule. Ce monstre, à la taille gigantesque, moitié homme et moitié bouc, mangeait les passants dans sa caverne, au pied du mont Aventin, et accrochait les têtes à sa porte. Il fut étranglé par Hercule, Cacus a été peint quelquefois avec une tête de bête sur un corps d’homme. 

 CADUCEE

Baguette entrelacée de serpents, la partie supérieure formant un arc étant surmontée de deux ailerons. Elle fut donnée à Mercure par Apollon en échange de sa lyre à sept cordes. Son nom vient de cadere, tomber, parce qu'elle a pour vertu de faire tomber la colère, d'apai­ser. La Tradition prétend que les deux serpents représentent Jupiter et Rhéa, qui furent réunis par Mercure après une dispute.

En fait, les deux serpents du caducée procèdent du symbolisme du serpent et leur double aspect y ajoute la notion d'androgynat — qui est, on le sait, le fait de Mercure. Certaines représentations de ce Dieu montrent d'ailleurs un caducée entouré d'un seul serpent enroulé en huit et se mordant la queue — dans lequel on retrouve plus clairement exprimé encore le symbolisme de la Kundalini des Hindous : c'est à la fois la trans­mutation de la force sexuelle instinctive, l'accession au plan extra-humain (les ailes), le symbole du « pouvoir » (le sceptre), la notion du cycle (le ser­pent qui se mord la queue) et de l'infinie répétition de ce cycle (le huit, sym­bole de l'infini, comme en mathématiques). La matière même du caducée (or) n'est pas surprenante puisque le caducée a été donné par Apollon en échange de la lyre heptacorde. C'est-à-dire aussi que le Dieu aperçoit et juge supérieure au caducée, instrument de réalisation, la lyre qui est l'har­monie réalisée. Le caducée a donc le sens d'un acheminement : c'est un symbole dynamique qui prélude à son pendant statique, l'heptacorde. On voit les correspondances de ce dernier rapprochement dans le vocabulaire des alchimistes (le Mercure et l'Or).

Il est enfin intéressant de faire un parallèle entre l'axe du caducée, ré-conciliation dans l'androgynat entre Jupiter et Junon, et le Calumet, qui tient une place rituelle légendaire dans des civilisations fort éloignées du monde gréco-latin. Si le calumet de la guerre est blanc et gris (Gémeaux), le calumet de la paix est rouge (ce qui, selon une autre symbolique, est l'or du sang). Mais en outre, et c'est là que le parallèle devient saisissant : le calumet de la paix est orné de deux plumes d'aigle et entouré de mèches de cheveux de femmes entrelacés, ce qui équivaut rigoureusement aux ailettes du caducée et aux serpents qui l'entourent.

 CAGLIOSTRO

Célèbre mage, alchimiste et guérisseur qui passe pour avoir aussi été un aventurier ; Cagliostro s'appelait en réalité Guiseppe Balsamo ; il était né à Palerme le 2 juin 1743, mais il se fit appeler tour à tour des noms de Tischio, Belmonte, Pellegrini, Danna, Foenix, selon les moments et selon les pays d'Europe où il résidait. Il ne fit son apparition en France qu'en 1781, à Strasbourg.

Auparavant, voyageant surtout en Italie, en Suisse, à Londres, il s'y rendit célèbre par les guérisons extraordinaires, les prédictions, les transmutations de métaux qu'il y fit et les phénomènes de télépsychie qui bouleversèrent les différents milieux qu'il fréquenta. Les plus illustres personnages de son époque l'approchèrent et sont mêlés à sa vie, certains, pour le porter au pinacle, d'autres, pour le combattre en tant que charlatan, l'Eglise enfin pour désagréger son influence et finir par l'emprisonner.

On peut citer diverses anecdotes illustres qui permettent de découvrir Cagliostro sous les aspects les plus contrastés et qui, dans leur ensemble, dessinent un personnage assez déconcertant mais gardant l'intérêt que com­porte une vie aussi intense que toute orientée vers une forme de pensée initiatique.

En 1788, à Rovereto, on disait de lui :

Voilà l'homme étonnant dont le talent sublime De la mort, chaque jour, trompe l'avidité, Et qu'aucun intérêt n'anime,Que celui de l'humanité.

On disait encore : pour savoir ce qu'il est, il faudrait être lui-même. Il eut à ce moment une telle action sur un prêtre, l'abbé Tartarotti, que celui-ci se jeta littéralement contre le monstre de la superstition. Il osait affirmer : « Il n'y a point de sorcières, le sabbat n'est qu'une fable, un conte de la Mère l'Oie. »

En 1781, à Bâle, alors que Lavater lui avait dressé ce questionnaire : « Sources de vos connaissances ?... — Acquises de quelle manière ?... — En quoi consistent-elles ?... », Cagliostro, haussant négligemment les épaules, ré-pondit en souriant de pitié : « In herbis, in verbis, in lapidibus. »

Le même Lavater, à Goethe qui lui demandait ce qu'il pensait de Cagliostro, répondit ceci : « Cagliostro est d'une nature tout d'une, pièce, originale, pleine de sève, mais trop souvent rebutante par sa trivialité. Ne le prenez pas pour un philosophe ! C'est plutôt un alchimiste féru d'Arcanes, un astrologue infatué à la manière de Paracelse. A cela près, peu ou point de défauts, un bloc de solidité compacte, un monument dont la masse formidable s'impose à l'attention... L'ayant vu et entendu un quart d'heure, j'admets sans discussion tous les témoignages qui jadis m'étonnaient si fort malgré les minutieux détails dont Mme Van den Recke avait pris soin de les étayer.

« Cagliostro revendique un don de seconde vue. Il prétend contempler les sept anges célestes face à face, les toucher du doigt comme ses interlo­cuteurs humains. Soit !... mais son orgueil ne l'entraîne-t-il pas en paroles fort au-delà de sa pensée ?... Cet homme si éloigné du charlatan vulgaire pêche néanmoins par un certain charlatanisme. Il se moque de moi, quand il invoque ses obligations médicales, pour éluder mes questions... Autre chose encore me déroute... Pour un enchanteur, il manque vraiment par trop d'at­tirance, de séduction physique ou sentimentale. Il n'a rien d'un enjôleur. Et néanmoins, Cagliostro dépasse le commun des hommes de cent coudées. C'est le monolithe géant à l'ombre duquel végète une humble agglomération de cabanes. Quel dommage que ces êtres incomparables manquent à tel point d'urbanité ! Les uns vous éclaboussent, les autres vous écrasent. »

Il semble que Cagliostro ait répondu de lui-même en 1788 quand, revenu à Rovereto, les citadins se posaient ou lui posaient la même question : « Etait­il mage ? Etait-il plutôt l'Antéchrist? » Il éclatait de rire et murmurait : « Comment pourrais-je deviner qui je suis, je n'en sais rien moi-même... Mes remèdes agissent avec efficacité ; je dispense aux ignorants mes lumières, aux pauvres mes aumônes. Soit, mais quant au reste, je tâtonne dans les ténè­bres. comme eux... Allons, n'ayez cure de ces sornettes ; la vérité percera d'elle-même, du jour où le comte de Cagliostro aura cessé de vivre. »

A quelque temps de là, à Vérone, on lui amena une cancéreuse que les médecins considéraient comme irrévocablement perdue. Cagliostro, ayant préparé un emplâtre, il enjoignit à la malade de l'attacher vite avec une serviette, mais la malheureuse était si pauvre qu'elle n'en avait pas ; elle de-manda encore combien de temps elle devrait séjourner à Vérone : « Allons, tonna-t-il, sotte que vous êtes, mangez et buvez sans souci ! Tous les frais seront à ma charge... » Et elle partit guérie complètement.

La générosité de Cagliostro s'étendit bien davantage, mais l'opinion fut déconcertée quand elle apprit que « l'ange » prétendait posséder un vieux manuscrit lui enseignant comment s'y prendre pour jouer à la loterie à coup sûr. Cagliostro indiqua le premier numéro à sortir et les choses se passèrent exactement selon ses prévisions. Il répéta à plusieurs reprises ces mêmes pré-dictions qui se révélèrent toujours exactes. Ce fut un coup terrible pour les spéculateurs qui le suivaient en chantant ses louanges quand brusquement il suspendit ses pronostics. On parlait un jour, devant lui, des montgolfières... « Comment diriger les ballons, ces globes volants qui furent construits par un homme intrépide ? dit-il. Pour les conduire aussi facilement que des vais-seaux, il faudrait renoncer à leur conformation sphérique ; mais personne ne s'en avise à cette heure. »

Des fables extravagantes circulaient sur le magicien... D'où venaient ses richesses, ses lumières, son tout-puissant prestige, ses dons aussi stu­péfiants qu'inquiétants ?... Avait-il, comme il le prétendait, eu déjà plusieurs vies différentes ? On sait que Cagliostro appartenait à la franc-maçonnerie anglaise ainsi que sa femme. Il était de plus Rose-Croix. Il montra, un jour, à un envoyé, son chiffre : un serpent tenant en sa gueule une pomme, malgré la flèche qui le transperce. A cette vue, l'envoyé fléchit le genou devant lui. Cagliostro bénéficia sans doute de puissants appuis de ces deux côtés, il obtint beaucoup d'or, beaucoup de solitaires qui s'ajoutaient à tout ce qu'il obtenait de ceux auxquels il promettait de fixer le mercure, de changer le chanvre en soie, de blanchir les diamants, etc... Il fit de nombreux voyages, fut reçu dans des Loges diverses, considéré comme un initié et adopté au milieu de grands fastes par la Loge « Minerve aux trois palmiers ».

L'Eglise s'inquiétait de voir le schisme grandir, envahir l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France, et ceci d'autant plus que tout Paris se pressait chez lui : Monsieur de Corberon, le Prince de Soubise, le Car­dinal de Rohan, la Comtesse de Brionne, Monsieur de Viviers, la Princesse de Vaudemont, le Comte de Caylus, le Chevalier de Luxembourg, la Princesse de Nassau-Siegen, la Princesse de Monbary, le Baron Mullenheim, Ma-dame de Coislin, etc., etc... Les plus grandes dames essayaient de l'accaparer, les hommes les plus introduits à la Cour le fréquentaient... Il devenait urgent de le faire passer pour un imposteur. On le fit passer pour le « Grand Cophte » qui préparait la chute de la monarchie en France, d'autant qu'on ne sut jamais parfaitement quel rôle il joua dans l'affaire du Collier, sinon que ce qu'il en dit fut fatal pour la Maison Royale. Dès lors, où qu'il pas­sât, on se fit un plaisir de le mystifier, on lui fit porter la responsabilité de décès par poisons ; les « gouttes jaunes » et « l'extrait de Saturne » tant vantés devenaient autant de scélératesses mortelles...

Le 23 septembre 1788, le Ministre des Affaires étrangères se félicita d'une décision royale établie « sur la preuve formelle que dès sa tendre enfance il (Cagliostro) a mené une vie criminelle... ; que partout où il a passé il a employé pour subsister les moyens les plus bas et les plus punis-sables. Le roi a appris avec sensibilité que Sa Majesté sarde s'était déter­minée à interdire ses Etats à cet escroc, etc... et Cagliostro, après avoir sé­journé à Berlin, Madrid, Lisbonne, Saint-Pétersbourg, etc..., retourna à Rove­reto n'ayant plus d'autre asile. En 1789, on lui affirma que les tribunaux romains ne formulaient aucun grief contre lui bien que l'Empereur joseph II, frère de Marie-Antoinette, le considérait comme l'un des agitateurs les plus dangereux de toute l'Europe. Les cardinaux Boncompagni, Zeleta, Colonna, Albani, à Rome, étaient, paraît-il, prévenus en sa faveur, aussi Cagliostro se décida-t-il à les y joindre. Le voyage en carrosse fut triste, il se sentait espionné, persécuté, menacé de tous côtés d'expulsion, il dépendait du car­dinal de Bernis, seconde personne de Rome, de lui assurer une vie tolérable ou non. Cependant le Conseil des Dix était prévenu. En 1791, Cagliostro fut condamné à mort sous l'inculpation de « perturbateur de l'esprit public ». On commua sa peine en emprisonnement au château de Léon. Son séjour y fut d'une agitation extrême. Il fut souvent menacé du fouet... on rapporta qu'il avait lui-même proposé d'aller à travers le monde prêcher contre les maximes qu'il avait si pernicieusement répandues. On l'accusa de divaga­tions, de tomber lentement dans les ténèbres de l'imbécillité, d'avoir perdu la raison. Cagliostro poursuivit sa misérable existence, le médecin de la forteresse ne lui accordant aucun remède, accusé de folie, de délire fu­rieux et traité d'hérésiarque diabolique. Le 26 août 1795, en faisant leur ronde, les geôliers le trouvèrent sur le carreau, privé de connaissance. Il expira quelques heures plus tard.

 CALCHAS

Devin célèbre de la mythologie grecque, tenant ses pouvoirs d'Apollon.

CALICE DES SOUPCONS

Quand les Egyptiens soupçonnaient leurs femmes d'infidélité, ils leur faisaient boire une eau soufrée mêlée de poussière et d'huile de lampes d'église. Si les femmes, après avoir absorbé ce breuvage, étaient prises de violentes douleurs, on considérait leur infidélité comme flagrante. Encore qu'approximatif, le procédé est justifié puisque l'huile soufrée provoque un météorisme intestinal abondant et que la peur, en y ajoutant le spasme, pouvait provoquer la douleur. On retrouve le sou-venir d'une pratique du même ordre dans l'Ancien Testament et dans le Protévangile apocryphe de Matthieu. Tout cela se rattache à la notion plus générale de Jugement de Dieu.

CALUNDRONIUS

Pierre magique dont on ne désigne ni la couleur ni la forme, mais qui a la vertu d’éloigner les esprits malins, de résister aux enchantements, de donner à celui qui la porte l’avantage sur ses ennemis, et de chasser l’humeur noire.

CAMAIEU ou GAMAHES

Pierres portant naturellement des signes, qu'on interprétait symboliquement pour leur accorder une vertu magique donnée. Albert le Grand possédait, dit-on, un camaïeu figurant un serpent et qui avait le pouvoir d'attirer les serpents.

CAMELEON

Les Anciens attribuaient à cet animal plusieurs vertus : sa langue arrachée durant sa vie permettait de gagner un procès, sa tête et son gosier brûlés avec du chêne permettaient de commander à la pluie et au tonnerre ; son oeil roussi sur une pierre rouge attirait la faveur des grands ; sa langue portée par une femme enceinte lui permettait d'accou­cher sans douleurs ; etc...

CANCER

Le symbo­lisme du Zodiaque relève du silence, du collectif, de la fermentation. C'est à la fois la force latente de la moisson qui mûrit et la force féconde de divi­sion ; c'est la tradition avec ses courants profonds et hétérogènes ; c'est l'absorption des influences invisibles ; c'est à la fois la putréfaction et la maturation. C'est le chemin détourné, d'ailleurs aucunement fixé à un but pré-établi. Correspondances : Eté, Eau, Froid, Humidité, Nuit, Féminité. Partie du corps : estomac. Métaux : argent, platine. Minéraux : chaux, sélénite, pier­res tendres blanches, émeraude. Couleur : blanc opalescent ou mat. Planè­tes : la Lune y a son domicile. Jupiter y est en exaltation. Saturne y est en exil. Mars y est en chute.

CAPNOMANCIE

Divination par la fumée. Les anciens en faisaient souvent usage : on brûlait de la verveine et d’autres plantes sacrées : on observait la fumée de ce feu, les figures et la direction qu’elle prenait, pour en tirer présage.

On distinguait deux sortes de capnomancie : l’une qui se pratiquait en jetant sur des chardons ardents des grains de jasmin ou de pavot, et on observait la fumée qui en sortait ; l’autre qui était la plus usitée, se pratiquait par la méthode que nous avons indiquée. Elle consistait aussi à  examiner la fumée des sacrifices. Quand cette fumée était légère et peu épaisse, c’était bon augure .On respirait même cette fumée ; et l’on pensait qu’elle donnait des inspirations.

CAPRICORNE

Le symbolisme du Capricorne procède des notions de sommet, de solitude, d'uni­versalité. C'est l'ascète et l'ermite, et c'est aussi le complexe de la mort. C'est l'abstraction, l'abîme des chaînes causales, l'absolu. C'est la gravité et la profondeur des hautes altitudes glacées. C'est la permanence à travers la mort et au-dessus de la vie. C'est la crainte de l'échec, la rigueur jusqu'à la réprobation pour le principe. C'est le projet longuement mûri. Correspondances : Froid, Sec, Terre, Montagne, Nuit, Sauvage, Violence, Stérilité, Faiblesse des moyens matériels, le système. Métal : la crasse de plomb. Minéraux : onyx, minéraux noirs : houille, cendres. Parties du corps : les os et les genoux. Planètes : domicile nocturne de Saturne. Mars y est en exal­tation, la Lune en exil et Jupiter en chute.

Caput draconis. — Figure de Géomancie dont le nom français est la tête du dragon, le nom popu­laire, la prudente, et le nom populaire arabe, le seuil intérieur. Elle exprime tout ce qui concerne le résultat constructif et harmonieux des forces instinctives. C'est une figure de paix et de calme, mais aussi de vigueur, de jaillissement. Correspondances : Air, Noeud lu­naire ascendant, Vénus et Jupiter, le Phallus.

CARACTEROLOGIE

En As­trologie, le thème de naissance indique le caractère du natif puisqu'il offre une synthèse de sa personnalité en même temps que de son destin. Nous indi­quons ici, d'après H. J. Gouchon, les éléments significateurs du caractère dans un thème :

1 °) La dominante planétaire.

2 °) La dominante zodiacale.

3 °) La dominante élémentaire.

4 °) Les aspects reçus par l'Ascendant.

5 °) Les aspects du Gouverneur ou des Planètes en Maison I.

6 °) Les aspects du Soleil et de la Lune (faire prédominer l'un ou l'autre luminaire suivant le sexe).

7 °) Les aspects saillants du thème, même s'ils ne se relient pas à la pre­mière Maison.

CARCER

Figure de Géomancie dont le nom français est la prison, le nom populaire, la crasseuse, et le nom populaire arabe le croc-en-jambe. Elle exprime symboliquement tout ce qui restreint les possibilités, la vie, l'expansion. C'est l'empri­sonnement, au propre comme au figuré : contrainte, préjudice, iso­lement, restriction, immobilisation, etc... Correspondances : Terre, Saturne.

CARENTES

Nom générique donné aux prophétesses, devine­resses et possédées de Dieu, dans le vocabulaire et la tradition latine.

CARTOMANCIE

Divination par les cartes, plus connue sous le nom d’ART DE TIRER LES CARTES

On dit que les  cartes ont  été inventées pour amuser la folie de Charles VI ; mais, Alliette, Qui écrivit sous le nom d’Etteilla, nous assure que la cartomancie, qui est l’art de tirer les cartes, est bien plus ancienne. Il fait remonter cette divination au jeu des bâtons d’ALPHA (nom d’un grec fameux exilé en Espagne, dit-il) Il ajoute qu’on a depuis perfectionné cette science merveilleuse. On s’est servi de tablettes peintes ; et quand Jacquemin Gringoneur

Offrit les cartes au roi Charles le Bien-aimé, il n’avait eu que la peine de transporter sur des cartons ce qui était connu des plus habiles devins sur des planchettes. Il est fâcheux que cette assertion ne soit appuyée d’aucune preuve.

Cependant les cartes à jouer sont plus anciennes que Charles VI .Boissonade a remarqué que le petit Jehan de Saintré ne fut honoré de la faveur de Charles V que parce qu’il ne jouait ni au cartes ni aux dés. Il fallait bien qu’elles fusent connues en Espagne lorsque Alphonse XI les prohiba en 1332, dans les statuts de l’ordre de la Bande.

CATABOLIQUES

Ceux qui ont lu les anciens savent que les démons CATOBOLIQUES sont des démons qui emportent les hommes, les tuent, brisent et fracassent, ayant cette puissance sur eux. De ces démons cataboliques, Fulgence raconte qu’un certain Campester avait écrit un livre particulier qui nous servait bien si nous l’avions, pour apprendre au juste comment ces diables traitaient leurs suppôts, les magiciens et les sorcières.

CATOPTROMANCIE

Divination par le moyen d’un miroir. On trouve encore, dans beaucoup de villages, des devins qui emploient cette divination, autrefois fort répandu. Quand on fait une perte, essuyé un vol, ou reçu quelques coups clandestins dont on veut connaître l’auteur, on va trouver le sorcier ou devin, qui introduit le consultant dans une chambre à demis éclairée. On n’y peut entrer qu’avec un bandeau sur les yeux. Le devin fait les évocations, et le diable montre dans un miroir le passé, le présent et le futur. Malgré le bandeau, les crédules villageois, dans de telles occasions, ont la tête tellement montée qu’ils  ne manquent pas de voir quelque chose.

On se servait autrefois, pour cette divination, d’un miroir que l’on présentait, non devant, mais derrière la tête d’un enfant à qui l’on avait bandé les yeux … Pausanias parle d’un autre effet de la catoptromancie.  Il y avait à Patras, dit-il devant un temple de Cérès. Une fontaine séparée du temple par une muraille ; là on consultait un oracle, non pour les maladies. Le malade descendait dans la fontaine un miroir suspendu à un fil, en sorte qu’il ne touchât la surface de l’eau par sa base. ; Après avoir prié la déesse et brûlé  des parfums, il se regardait dans ce miroir, et, selon qu’il se trouvait le visage hâve et défiguré  ou gras et vermeil, il en concluait très certainement que la maladie était mortelle ou qu’il en échapperait.

CAUSIMANCIE

Divination par le feu. Il était d'un heureux présage que les objets jetés au feu ne brêlassent pas.

CERNE

Mot vieilli. C’était autrefois le nom qu’on donnait au cercle que les magiciens traçaient avec leur baguette pour évoquer les démons.

CEROMANCIE OU CIROMANCIE

Divination par le moyen de la cire, qu’on faisait fondre et qu’on versait, goutte à goutte dans un vase d’eau, pour en tirer, selon les figures que formaient ces gouttes, présages heureux ou malheureux. Les trucs cherchaient surtout à découvrir ainsi les crimes et les larcins. Ils faisaient fondre un morceau de cire à petit feu, en marmottant quelques paroles ; puis ils ôtaient cette cire fondue de dessus le braisier et y trouvaient des figures qui indiquaient le voleur, sa maison et sa retraite.

Dans l’Alsace, au seizième siècle, et peut-être encore aujourd’hui, lorsque quelqu’un est malade et que les bonnes femmes veulent découvrir qui lui a envoyé sa maladie, elles prennent autant de cierges d’un poids égal qu’elles soupçonnent d’être ou la personnes ; elles les allument, et celui dont le cierge est le premier consumé passe dans leur esprit pour l’auteur.

CEPHALOMANCIE

Divination qui se pratiquait en Germanie, en opérant différentes cérémonies et rites sur la tête cuite d'un âne. En Lombardie, la même divination s'opérait sur la tête d'un bouc.

CERAUNOSCOPIE

Divination qui se pratiquait par l'observation de la foudre.

CERCLE MAGIQUE

Selon la Tradition védique, le cercle magique était composé en fait de plusieurs enceintes, la première ayant quatre portes ouvertes aux quatre points cardinaux. Trois autels y étaient pla­cés, et réunis par un trait en forme de serpent. Il s'agissait là d'un office purement religieux et non d'une pratique magique. En magie, par contre, les cercles de protection sont ceux que le mage (ou le sorcier) trace réellement ou virtuellement avec sa baguette. Cette pratique est accompagnée d'un rite incantatoire et a pour but la protection de l'opérateur. Les entités ou démons ne peuvent en effet franchir ce cercle — à l'exception de l'invité ; mais l'en­tité ou le démon ainsi invité, dès qu'il a franchi le cercle magique, est à la merci de celui qui l'a tracé.

Nous avons vu déjà en maintes occasions que cette conception anthro­pomorphique de la magie faisait toujours plus ou moins le fond des reli­gions à Dieux personnels. Aussi voit-on toutes les formes de passage et toutes les formes mixtes entre les deux types ci-dessus décrits. Notamment, dans les cérémonies magiques de l'Inde primitive, voit-on que la présence du brahmane est indispensable. Lui seul sait comment réparer les erreurs rituelles de l'opérateur et intervient toutes les fois qu'une faute a été commise.

Mais l'idée de séparer le sacré du profane par un cercle ou une ligne: matérielle ou fictive est beaucoup plus répandue qu'on ne le croit. Dans une église, les murs constituent l'enceinte consacrée et leur face interne est seule vouée au respect absolu. Historiquement, on sait que, l'église étant un: lieu franc, la délimitation du territoire de Dieu a été précisée ; le rituel de. consécration d'une église comporte d'ailleurs toutes les opérations magiques, destinées à exorciser ce lieu-là à l'exclusion de ce qui l'entoure. En outre, le choeur constitue un autre cercle, intérieur à l'autre — et la grille qui le: sépare du reste de l'église affecte souvent encore une forme arrondie.

C'est dans le tréfonds de l'inconscient individuel et collectif qu'il faut chercher l'origine de la valeur magique du cercle — et l'on ne peut que renvoyer le lecteur au livre spécialement consacré au symbolisme du cercle: (par l'auteur du Symbolisme des Contes de Fées : Mme Loeffler-Delachaux).

CERF

Symbole de longue vie. Les Egyptiens le regardaient comme emblème d'un homme sensible à la flatterie, parce que cet animal est,. dit-on, séduit par la flûte ou le flageolet. Actéon, surpris par Diane, alors qu'il la regardait se baigner, fut aspergé d'eau par elle et changé en cerf. On donne aussi le nom d'Actéon à l'un des chevaux qui conduisaient le' char du Soleil, selon la mythologie, Actéon signifie lumineux et désigne la clarté du soleil vers neuf ou dix heures du matin. Diane est souvent repré­sentée montée sur un cerf blanc ou dans un char traîné par des cerfs. Du: point de vue des naturalistes, on sait aussi que les cerfs, à l'exception de: l'un d'entre eux, qui s'approprie les femelles — vivent chastes et tristes.. Sans doute cette particularité, qui ne pouvait être ignorée dès les temps. les plus anciens puisque le cerf était le gibier de choix — s'est-elle imprimée: dans l'inconscient collectif et a-t-elle donné en partie le sens symbolique-de castration ou de manque de virilité. Lorsque Diane change Actéon en: cerf, elle opère la castration résultant du péché d'avoir vu la nudité. Le dessin humoristique donne volontiers des bois de cerf au mari débonnaire et infortuné parce qu'il a perdu droit au rôle viril principal près de sa femme.-L'accessibilité à la flatterie dévirilise également un homme (Egypte). En un, mot, le cerf symbolise la réalisation passive de la castration. Il y a dans: la symbolique du cerf, un côté impitoyable, c'est pourquoi Adrasté (que les, Egyptiens plaçaient au-dessus de la Lune, fille de Jupiter et de la nécessité, furie, ministre de la vengeance à laquelle personne ne pouvait échapper),.. était couronnée de petites figures de cerfs et de victoires.

CHAINE DU DIABLE

C’est une tradition parmi les veilles femmes de la suisse que saint Bernard tient du diable enchaîné dans quelqu’une des montagnes qui environnent l’abbaye de Clairvaux. Sur cette tradition est fondée la coutume des maréchaux du pays de frapper tous les lundis, avant de se mettre en besogne, trois coups de marteau sur l’enclume pour resserrer les chaînes du diable, afin qu’il ne puise s’échapper.

CHAM

Deuxième fils de Noé, selon la dénomination biblique. Selon la tradition rabbinique, Cham serait Zarathoustra (ou Zoroastre), ou encore le fils de ce dernier. Mais d'autres éléments de cette même tradition, et notamment le Talmud, semblent assimiler Japhet (frère de Cham), à Zo­roastre.

CHANCE

La chance est une notion assez extravagante en soi, mais qu'on retrouve derrière nombre de notions apparentées. Non seule-ment elle porte un nom, mais elle est définie en termes de probabilités (chances simples, etc...) en termes de théologie (grâce, prédestination), en termes d'astrologie, etc. En Astrologie, la chance échoit à ceux qui ont des dominantes planétaires dans lesquelles le Soleil, Jupiter, Vénus et la Lune figurent en bonne place — ou, pour d'autres auteurs, Mercure-Soleil en bon aspect et dans de bons signes. Mais ces règles générales ne veulent rigoureusement rien dire pour la raison suivante : la chance, pour un grand financier, correspond à des occurrences d'affaires et la Deuxième Maison joue un rôle primordial avec Mercure et le Soleil. La chance d'un grand politique administrateur sera liée à tout ce qui concerne Jupiter. La chance .d'une grande courtisane — ou, ce qui revient au même, de la femme qui _fait une suite de mariages brillants — relève des chances de Vénus alliées à une acquisivité sordide, ce qui correspond à un symbolisme tout différent.

Quant à la chance en soi — aptitude (?) à gagner au jeu ou prédis-position (?) aux rencontres heureuses — il ne faut pas y croire. Il y a des individus instinctivement organisés d'une manière efficace, d'autres, au con-traire, dont les instincts et inclinaisons sont barrés par des inhibitions diver­ses. Entre les gens à qui tout arrive de ce qu'ils désirent et ceux à qui rien n'arrive que de mauvais, il y a une différence sur le plan de l'aisance par rapport aux articulations réelles de l'univers. Que les « barrés » ne soient pas responsables de tous les malheurs qui semblent les frapper, cela ne fait aucun doute dans la plupart des cas ; mais d'un point de vue positif, c'est tout de même par eux qu'il faut expliquer Ieurs échecs. Qu'ils soient nés ainsi peut sembler une injustice du sort et la notion religieuse de la grâce, qui est donnée ou non au départ, règle la question sans ambages. On y verrait beaucoup plus clair dans cette question si l'on prenait pour terme de com­paraison le cheval de trait, qui mène une existence pénible et morne, et le chat domestique, qui semble ne tirer de la vie que des avantages ; il est clair que l'ordonnance universelle exige qu'il existe l'un et l'autre, et que le cheval de trait nous paraîtrait rigoureusement ridicule s'il passait sa vie à se lamenter de ne pas être un chat. Les malchanceux sont des animaux du même ordre — avec cette différence à leur désavantage qu'ils ont dans la tête plus de moyens que n’en a le cheval d’acquérir l’aisance.

CHAOMANCIE

Art de prédire les choses futures par le moyen des observations qu’on fait dans l’air. Cette divination est employée par quelques alchimistes qui ne nous on pas donné leurs secrets.

CHARME

(Du latin Carmen, car les incantations étaient ver­sifiées et chantées). Nom générique donné aux phylactères, ligatures, malé­fices, sorts et autres moyens d'intervention magique.

CHAT ou AELURUS

(Nom égyptien de cet animal, considéré comme une divinité qui était figurée tantôt avec un corps d'homme, tantôt de femme). Les Egyptiens punissaient de mort quiconque aurait osé tuer un chat, même accidentellement. Un Romain ayant eu le malheur d'en tuer un, sa maison fut assaillie et il fut tué lui-même. Quand un chat mourait, tous les habitants de la maison à laquelle il appartenait se rasaient les sourcils en signe de deuil ; il était embaumé et enseveli avec beaucoup de cérémonial. La mythologie gréco-latine prétend que Diane aurait emprunté la forme d'un chat pour se cacher.

Par ailleurs, le magnétisme du chat était mis à contribution bien avant que le mot de magnétisme soit employé dans son sens actuel. On sait que la peau du chat, la graisse du chat et son fiel étaient employés dans maints électuaires et remèdes. L'emploi de la peau du chat contre le rhumatisme déformant progressif est encore en usage. Dans les premières expériences d'électrostatique, on produisait l'électrisation par frottement d'une peau de chat sur un corps non conducteur.

En matière de superstition comme en magie, le chat blanc et le chat noir ont des significations et des utilisations inverses. Toutefois, le chat noir a pour son compte une signification double, participant en cela du symbolisme ambivalent de la nuit.

Du point de vue psychique, il est évident que la sensibilité du chat est infiniment plus grande que celle du chien — de même que son intelligence, comme le montrent les tests de la psychologie animale contemporaine.

Sur le terrain du symbolisme animal, le chat est bénéfique dans la me-sure où il est conservateur. Notamment, il est l'ennemi naturel des rongeurs, qui symbolisent la destruction. Il est maléfique dans la mesure où il a la souplesse, l'insaisissabilité du diable. Il est, en oniromancie, l'ennemi caché et déloyal — plus modernement : l'angoisse. Il est d'ailleurs curieux de constater que si le chat est l'image de projection de l'angoisse, il aime à réaliser l'angor en se couchant sur la poitrine des personnes endormies.

CHAUDRON-DU-DIABLE

Gouffre qui se trouve au sommet du pic de Ténériffe. Les Espagnoles ont donné le nom de Chaudron-du-Diable à ce gouffre à cause du bruit que l’on entend lorsque l’on y jette une pierre ; elle y retentit comme un vaisseau creux de cuivre contre lequel on frapperait avec un marteau d’une prodigieuse grosseur. Les naturels de l’île sont persuadés que c’est l’enfer, et que les âmes des méchants y font leur séjour.

CHAUVES-SOURIS

Les Caraïbes regardent les chauves-souris comme de bons anges qui veillent à la sûreté des maisons, durant la nuit ; les tuer, chez eux est un sacrilège : chez nous, c’est des animaux qui figurent au sabbat.

CHEMENS

Génies ou esprits que les Caraïbes supposent chargés de veiller sur les hommes .Ils leur offrent les premiers fruits, et placent ces offrandes dans un coin de leur hutte,sur une table faite de nattes,ou ils prétendent que les génies se rassemblent pour boire et manger ;ils donnent pour preuve le mouvement des vases et le bruit qu’ils se persuadent que font les divinités en soupant.

CHERUBIN

(Mot hébreu: Kéroub signifiant le Taureau ailé). Dans la Genèse et chez le prophète Ezéchiel, le trône de l'éternel était porté par des animaux symboliques, les uns en forme de serpents ou « Séra­phim », les autres en forme de taureaux ailés ou « Kéroubim ».

Lorsque le christianisme s'implanta chez des nations autres que le peuple hébreu, le sens de Séraphim et de Kéroubim se perdit ; et comme ils avaient l'honneur de soutenir le trône de l'Eternel, ils furent assimilés aux anges.

Il est intéressant de noter que le courant judéo-chrétien a chanté devant un autel cornu des hymnes à l'Agneau mystique, et que la Vierge Marie foula un serpent. Dieu le Père, lui-même, a donc des assises analogues. Une telle coïncidence n'est pas le fait du hasard. L'interprétation mythologico­symbolique du serpent , du taureau , du mythe du boeuf Apis explique le mécanisme même de la notion de Dieu — et cela dans un langage infiniment plus fondé que n'ont su employer les commen­tateurs de l'Iconologie chrétienne (taureau ailé de Saint Marc, serpent foulé par la Vierge, etc...).

CHEVEUX

Du point de vue psychosociologique, les cheveux jouent un rôle qui varie d'une façon intéressante au cours de l'histoire. Sans reprendre ici la succession des modes qui ont fait se succéder les cheveux ras, les cheveux plats, les cheveux en brosse, les cheveux en casque, les perruques poudrées, les perruques plates, les raies à gauche, les raies au milieu, etc..., on peut dire que l'évolution double (chez l'homme et chez la femme) de la longueur, de l'ordonnance, de la souplesse ou de la rigidité, de la liberté ou de la forme de la chevelure suit une courbe dépendant de celle de l'évolution économico-historique. Si, au lieu d'embrasser le phéno­mène d'un point de vue statistique, on analyse les rapports de l'individu et de la chevelure, on voit que la discipline du cheveu traduit des considérations (inconscientes d'ailleurs) de classe, de morale, etc... La puritaine a les che­veux tirés, le moine a une tonsure, les femmes de mauvaise vie se voient couper les cheveux à titre de punition, le petit garçon bien élevé est bien peigné, etc. Enfin, les collectivités réagissent à l'égard de la chevelure cha­cune selon son mode : l'armée coupe les cheveux ; la synagogue les encourage sans les discipliner ; le pensionnat catholique les discipline sans les couper ; les ordres féminins les tondent ; les prisons aussi, etc...

De tout cela, lorsqu'on le regarde de plus près, il ressort, selon les con­clusions de Jean Carteret, que la chevelure symbolise les forces instinctives et la coiffure l'attitude de l'individu, de la collectivité et de la société à l'égard de ces forces. Cette interprétation est conforme à la fois à la Tradition (voir interprétation des Tarots) et à son expression mythologique_ Lorsque les Erythréens virent, dans la mer, flotter sur un radeau une sta­tue trop lourde pour être tirée sur la plage, un pêcheur d'Erythas, qui était voyant, dit qu'il s'agissait d'une statue d'Hercule et fut averti en songe que si les femmes érythréennes voulaient couper leurs cheveux et en tresser une corde, elles tireraient le radeau sans peine. Ce qui fut fait. On montre encore, dans cette ville, la corde de cheveux et la statue d'Hercule dans le même temple. On sait aussi que l'emploi le plus important d'Iris était d'aller couper le cheveu fatal des femmes vouées à la mort. En Egypte, il était courant de sacrifier sa chevelure à quelque fleuve, et nous verrons que le fleuve n'est pas sans analogie symbolique avec le cheveu. Plus couramment encore, on sacrifiait la chevelure des enfants conduits au temple pour y être guéris, dès que ce résultat était acquis. Chez les Grecs, les adolescents sacrifiaient à Delphes leur premier cheveu (ou poil) à Apollon. En Grèce en­core, on se coupait les cheveux sur le tombeau d'un être cher. Les Romains portaient les cheveux courts ; dans le deuil, ils les laissaient croître. Les Lacédémoniens les portaient longs et les parfumaient d'essences les jours de combat. Apollon a les cheveux longs et flottants. Mars et Mercure ont les cheveux bouclés et courts. Vénus porte presque toujours les cheveux noués derrière la tête ou une bandelette avec un noeud de cheveux sur le haut du front. Diane et Junon étaient coiffées de même. Vulcain et Hercule ont les cheveux courts et crépus. Pluton les a épais, ondoyants et rabattus sur le front. Jupiter les a ondoyants et majestueusement relevés sur le front, qu'ils laissent découvert. Ceux de Neptune sont longs et en désordre. Ceux des Faunes et des Satyres tiennent de la nature du poil des boucs et des chevreaux. On représente « l'Occasion » chauve par derrière. Méduse et les Furies ont pour cheveux des serpents. Bérénice, femme et soeur de Ptolé­mée et Vergète, promit aux Dieux le sacrifice de ses cheveux si son mari revenait vainqueur de l'Asie. Le voeu fut exaucé. La Princesse suspendit sa chevelure dans le temple de Mars. L'apprenant, son mari entra dans une grande colère, mais l'astronome Conou de Samos le rasséréna en lui disant que la chevelure avait été transportée au ciel par Vénus — où elle est de-venue le groupe d'étoiles aujourd'hui connu sous le nom de Chevelure de Bérénice. Dans l'Inde primitive, on pratiquait sur les femmes enceintes, au cinquième mois de la grossesse, le « rite de la raie des cheveux » (sirnan la Karta). Le brahaman divisait la chevelure de la patiente en deux masses symétriques, à l'aide d'un piquant de porc-épic portant trois anneaux blancs. Les femmes annamites d'aujourd'hui pratiquent encore la séparation des cheveux.

L'utilisation magique de la chevelure procède évidemment de ses rap­ports avec la vie, qu'elle symbolise. On se souvient de l'histoire de Sam-son, privé de sa force en même temps que de sa chevelure. En un mot, au-tant la chevelure sacrifiée volontairement représente un bon placement (par sublimation des forces instinctives), autant elle se prête à la castration symbolique.

CHIEN

Animal consacré à Mercure, comme au plus vigilant et au plus rusé des dieux. La chair des chiens était considérée comme si pure qu'on l'offrait en sacrifice aux dieux et qu'on la servait aux repas des dieux. En Egypte, ils étaient en grand honneur. On gardait un chien dans le temple d'Esculape à Rome, mais les Romains en crucifiaient un tous les ans, en punition de ce que les chiens ne les avaient pas avertis de l'arrivée des Gaulois. En Ethiopie, les habitants avaient un chien pour roi. Au temple consacré à Vulcain, sur le mont Etna, il y eut des chiens sacrés.

Les Parsis avaient une espèce de vénération pour les chiens et l'on rap­porte que lorsqu'un mourant était à ses derniers moments, on appliquait la gueule d'un chien sur la bouche du mourant de manière que l'animal recueille l'âme de l'homme avec son dernier soupir. Lors de la mise au sépulcre, on approchait un chien le plus près possible du défunt, pour que celui-ci connaisse la félicité. Si le chien montait sur le défunt et lui arrachait un mor­ceau de pain dans la bouche, on considérait son bonheur comme assuré.

Teutatès pour les Germains (et Thot pour les Egyptiens) était le Dieu suprême, présidant aux batailles, au commerce, à l'éloquence ; on le repré­sentait sous la figure d'un homme à tête de chien. Cerbère, le chien gardien des enfers, caressait ceux qui y entraient et dévorait ceux qui tentaient d'en sortir. On le représentait avec trois têtes et le cou hérissé de serpents. Hé­siode lui donne cinquante têtes ; Horace, cent ; ses dents noires et tranchantes pénétraient jusqu'à la moelle des os. Lorsque Hercule, conduit par Mercure, vainqueur de Cerbère, l'enchaîna tout écumant de rage et l'entraîna hors du trône de Pluton, Cerbère répandit cette écume sur toute la région, l'herbe devint vénéneuse et propice aux opérations théurgiques.

Plus tôt, Cerbère fut endormi au son de la lyre d'Orphée, quand celui-ci vint chercher Eurydice aux enfers ; la sibylle l'endormit aussi avec une pâte de miel et de pavots. Rappelons enfin que Diane, dans la mythologie gréco-latine, avait, sous l'un de ses trois aspects (Proserpine), une tête de chien.

De ces éléments disparates, on peut retenir que le chien modelé par l'homme à son usage (le chien résulte de croisements dirigés du loup et du renard jusqu'au type mâtin, qui est à l'origine de toutes les races ; abandonné à la vie sauvage, le chien retourne en quelques générations à l'une des deux espèces dont il est issu) est l'objet sur lequel il a projeté séparément plu-sieurs aspects de lui-même.

Cerbère est le gardien du seuil inférieur ; en termes de psychanalyse, il représente le potentiel acquisitif et défensif du moi inconscient. Le pavot l'endort parce que le sommeil est une des voies de libération de l'égo vers la participation dans le rêve. A l'état de veille, l'art (la lyre) peut l'anesthé­sier et provoquer une sortie du moi. Pour le reste, il laisse entrer, mais pas ressortir.

A un autre étage, il est une projection de l'animique, d'où son intervention dans les rites funéraires ; d'où aussi le fait que les sépultures royales comportent un chien sous les pieds (le principe de gouvernement est de dominer l'animique), encore que ce symbole ne soit adultéré par l'interpré­tation du chien comme c ûblème de fidélité. Enfin, dans la mesure où le chien est une création de l'homme (les autres animaux ont été créés par Dieu et seulement nommés par Adam selon la Genèse biblique par exemple), il est le témoignage du pouvoir divin de l'homme et a été, de ce fait et par projection, divinisé.

Qu'il soit divinisé ou considéré comme Attribut du Dieu créateur (Mer-cure, lame I du Tarot), il était inévitable que l'homme projetât enfin par ambivalence le symbole du chien dans le domaine maudit ; il devient l'image de l'ennemi de Dieu (les chiens de chrétiens, pour les Musulmans), un Démon (Cerbère, etc.), l'image de l'immoralité (Cunis, cynisme), ou le compa­gnon du Diable (le chien jaune de Méphistophélès). C'est à l'un de ces derniers titres que le chien est utilisé dans des rites variés de magie noire.

CHIROLOGIE

En opposition à la chiromancie, méthode de divination basée sur l'interprétation des signes révélés par la main, la chirologie est une science d'observation dont l'objet est d'établir des rapports constants entre les complexes caractéristiques des mains et les caractéristiques des sujets examinés.

CHIROMANCIE

Art de dire la bonne aventure par l’inspection des lignes de la main. Cette science, que les Bohémiens ont rendue célèbre est, dit-on, très ancienne. Nous en exposons les principes à l’article main

CHOC EN RETOUR

On appelle ainsi le fait qu'en magie noire, certaines circonstances peuvent retourner sur l'opérateur l'effet de ses maléfices. Historiquement, il faut connaître l'affaire célèbre des Bergers de la Brie (vers 1700). Etienne Hocque pratiquait l'envoûtement sur les bestiaux et utilisait pour ce faire (comme beaucoup d'autres bergers envoûteurs vers la même époque) une « charge » magique qu'il enterrait près des étables. Mis aux fers, Hocque ne révéla son secret que grâce à un subterfuge de la Justice (on le fit enivrer par un compagnon de cellule). Il déclara que seul, un certain Bras-de-Fer pouvait, en son absence, lever le maléfice. On fit ame­ner Bras-de-Fer à pied d'oeuvre. Il découvrit et déterra la charge, mais au même moment, il eut la révélation que la charge avait été posée par Hocque et que celui-ci venait de mourir. Effectivement, au même instant, Hocque, un homme solide et bien portant, mourait à Paris dans sa prison, au milieu des convulsions.

Selon les notions modernes d'envoûtement, le choc en retour s'explique de diverses manières car son processus est multiple.

CHOUETTE

Oiseau dont la rencontre ou le chant sont habituellement considérés comme de mauvais présage. Cependant, les Grecs, qui avaient consacré la chouette à Minerve, comme symbole de la vigilance, la considéraient comme de bon augure. C'est en tant que symbole de clair-voyance qu'elle constitue l'attribut traditionnel des devineresses et des devins.

CHRYSOLITHE

Pierre précieuse qu'Albert le Grand dit être un préservatif contre la folie et dispose celui qui la porte à la résipiscence.

CHRYSOPRASE

Pierre précieuse à laquelle on attachait des propriétés merveilleuses, telles que celles de fortifier la vue, de réjouir l'es-prit, de rendre l'homme joyeux.

CIGALE

Cet insecte était consacré à Apollon, ce qui s'explique par l'association naturelle d'idées entre le chant de la cigale et le soleil.

CIGOGNE

Animal consacré à Junon parce que cet animal se nourrit d'insectes et de reptiles. Analogiquement, elle est en rapport avec la lune, et c'est ce qui motive probablement la légende allemande selon laquelle cet oiseau apporte les bébés. D'autre part, comme tous les migrateurs, la cigogne ressortit aux attributions de Mercure.

CIRCONCELLIONS

Fanatiques du quatrième siècle, de la secte des donatistes. Ils parurent en Afrique .Armés d’abord de bâtons qu’ils appelaient bâtons d’Israël, Ils commettaient tous les brigandages sous prétexte de rétablir l’égalité. Ils prient bientôt des armes plus offensives pour tuer les Catholiques. On les appelait aussi Scotopètes. Ils faisaient grand cas du diable et l’honoraient en se coupant la gorge, en se noyant, en jetant eux et leurs femmes, dans les précipices. A la suite de Frédéric Barberousse, au treizième siècle, ont vit reparaître des circoncellions qui damnaient les catholiques .Ces violent sectaires, à l’une et l’autre époque, ne durèrent pas longtemps.

CIROMANCIE

Divination qui se pratiquait au moyen de la cire fondue, par les mêmes procédés que ceux qu'on appliquait au plomb.

CLAIRVOYANCE

On appelle clairvoyance la faculté de voyance. Alors que le vocable de voyance désigne tout à la fois la faculté, le processus, le résultat de ce processus..., le mot clair-voyance se définit exclusivement comme une aptitude. Ce serait pratique de lui réserver ce sens s'il n'avait pas, plus encore que le mot voyance, le défaut de centrer le phénomène sur l'idée de vue ou de vision — alors qu'il existe des savoirs non imagés, des auditions (pour lesquelles on a forgé le vocable correspondant de clairaudiant), des voyances en attitude (mimétisme conscient par rapport à un objet ou une personne absente), etc...

CLAVICULE

Petite clef. Ce mot ne s'emploie que dans un sens figuré, notamment dans les expressions comme Clavicule de Salomon.

CLEDONISMANCIE ou CLEDANISMANCIE

Divination tirée de certaines paroles qui, entendues ou prononcées en diverses rencontres , étaient regardées comme bon ou mauvais présages ;Cette divination était surtout en usage en Smyrne ; il y avait un temple ou c’était ainsi qu’on rendait  les oracles .Un nom seul offrait quelquefois l’augure d’un bon succès . Léotychide, pressé par un SAMIEN Perses demande à ce Samien son nom et ; apprenant qu’il s’appelait  Hégésistrate, not qui signifie conducteur d’armée, il répondit : j’accepte l’augure d’Hégésistrate.

Ce qu’il y avait de commode en tout ceci, c’est qu’on était libre d’accepter ou de refuser le mot à présage. S’il était saisi par ce lui qui l’entendait et qu’il frappât son imagination, l’avait toute son influence ; mais si pas une prompte attention, l’augure était sans force.

CLEF

La clef symbolise à la fois ce qui est caché, le moyen d'ac­céder à ce qui est caché, le fait d'être caché, la captivité, la libération, etc... L'opposition de ces deux derniers sens illustre au mieux ce qu'il faut entendre par ambivalence des symboles (voir la première partie de cet ouvrage). Dans le même sens, le Moyen Age a employé le mot Clavicule. Enfin, la psychanalyse a mis en lumière les rapports symboliques existant entre la clef et le domaine sexuel (organe viril et tous les sens dérivés). Les deux considérations se ramènent à une seule : la clef, comme le serpent, est à la fois la sagesse (les clefs initiatiques) ou le chemin qui y mène, la tentation (la clef que Barbe-Bleue confie à sa femme), la volupté (la clef du Paradis, selon l'expression populaire hindoustanie), la libération (la clef des champs, le caducée de Mercure).

CLEIDOMANCIE ou CLEIDNOMANCIE

Divination par le moyen d’une clef. On voit dans Delrio et Delancre qu’on employait cette divination pour découvrir l’auteur d’un vol ou d’un meurtre .On tortillait autour  d’une clef un billet contenant le nom de celui qu’on soupçonnait ; puis on attachait cette clef à une bible, qu’une jeune vierge soutenait des ses mains. Le devin marmottait ensuite tout bas le nom  des personnes soupçonnées ; et on voyait le papier tourner et se mouvoir sensiblement.

On devine encore d’une autre manière par la cleidomacie . On attache étroitement une clef sur la première page d’un livre ; on ferme le livre avec une corde, de façon que l’anneau de la clef soit dehors ; la personne qui a quelque secret à découvrir par ce moyen, pose le doigt dans l’anneau de la clef, en prononçant tout bas le mon qu’elle soupçonne. S’il est innocent la clef reste immobile ; s’il est coupable, elle tourne avec une telle violence, qu’elle rompt la corde qui attache le livre.

CLERAMANCIE ou CLEROMANCIE

Art de dire la bonne aventure par le sort jeté, c’est-à-dire avec des dés, des osselets, des fèves noires ou blanches. On les agitait dans un vase, et après avoir prié les dieux on versait sur une table et l’on prédisait l’avenir d’ après la disposition des objets. Il y avait à BURA, en Achaie, un oracle d’HERCULE qui se rendait sur un tablier avec des dés Le pèlerin, après avoir prié, jetait quatre dés, dont le prêtre d’HERCULE considérait les points, et il en triait la conjoncture de ce qui devait arriver. Il fallait que ces dés fussent d’os de bêtes sacrifiées.

Le plus souvent on écrivait sur les osselets ou sur des petites tablettes qu’on mêlait dans une urne ; ensuite on faisait tirer un lot par le premier jeune garçon qui se rencontrait ; et si l’inscription qui sortait du rapport avec ce qu’on voulait savoir, c’était une prophétie certaine.

Cette divination était commue en Egypte et chez les Romains ; et l’on trouvait fréquemment des cléromanciens dans les rues et sur les places publiques, comme on trouve dans nos fêtes des cartomanciens.

CLOU

Les Grecs modernes placent dans leur porte un clou provenant d'un cercueil, afin de chasser les mauvais, esprits.

COBALES

Génies malins et trompeurs de la suite de BACCHUS, dont ils étaient à la fois les gardes et les bouffons.

Selon Leloyer, les cobales, connus des Grecs, étaient des démons doux paisibles, nommés par quelques-uns bonhomets ou petits bonshommes des montagnes, parce qu’ils se montrent en vieux nains de basse stature ; ils sont vêtus court, demi-nus, la manche retroussée sur l’épaule,et portent un tablier de cuir sur les reins.

<Cette sorte de démons est présentement assez plaisante, car tantôt vous les verrez rire, tantôt se gaudir, tantôt sauter de joie,et faire mille tours de singe ; ils contreferont et imiteront les singes.A cette heure, vous les verrez bêcher dans les veines d’or ou d’argent, amasser ce qu’ils aurront bêché, et le mettre en des corbeilles et autres vaisseaux pour cet effet préparés , tourner la corde et la poulie afin d’avertir ceux d’en haut de tirer le métal,et fort rarement on voit-on qu’ils offensent les ouvriers ,s’ils ne sont  grandement provoqués de brocards,injures et risées dont ils sont impatients. Alors ils jetteront premièrement de la terre et des petits cailloux aux yeux des pionniers, et quelque fois les blesseront.Les Allemands appellent ces mêmes démons familiers KOBOLD.>

COLOKYNTHO-PIRATES

Pirates nains fabuleux, qui, dans l’histoire véritable de Lucien, naviguaient sur de grandes citrouilles ou coloquintes, longues de six coudées (trois mètre) .Lorsqu’elles étaient sèches, ils les creusaient ; les grains leur servaient de pierres dans les combats, et les feuilles de voiles, qu’ils attachaient à un mât de roseau.

COLOMBE

Oiseau favori de Vénus qui le portait à la main et l'attachait à son char. Elle empruntait parfois sa forme. Les colombes étaient chargées de pourvoir à la nourriture de Jupiter, aussi se gardait-on d'en tuer ou d'en manger aucune. Les Assyriens, croyant que l'âme de Sémi­ramis s'était envolée sous cette forme, les révéraient aussi. On racontait que deux colombes s'étaient envolées à Dodone et que l'une d'elles (qui était d'or) s'étant posée sur un chêne, lui donna la faculté de rendre des oracles ; et l'autre qui était blanche, passa la mer et, arrivée en Libye, se posa entre les cornes d'un bélier et rendit des oracles.

Le blanc et l'or figurés par une colombe sont une représentation de l'esprit, sous ses deux formes. Mais la colombe seule a, on le sait, la valeur de l'Esprit dans la mythologie judéo-chrétienne. Celle qu'envoie Noé en reconnaissance, et qui revient avec un rameau d'olivier dans le bec, pourrait bien être un ramier et les exégètes ne sont pas tous d'accord sur ce point. Quant à l'Esprit-Saint descendu sur la tête du Christ au moment du baptême, personne ni aucun évangile apocryphe ne conteste qu'il ait réellement la forme d'une colombe.

C'est par une approximation qu'on assimile par ailleurs à une colombe, l'âme des défunts en voie de migration. Il s'agit d'un oiseau, mais non d'une colombe — de l'âme et non de l'Esprit. Il y a pourtant une confusion per­manente entre la pureté, l'âme, la messagère et l'Esprit ; on voit toutefois la filière qui joint ces différentes acceptions.

COLONNE DU DIABLE

On conserve à PRAGUE trois pierres d’une colonne que le diable apporta de Rome pour écraser un prêtre pendant qu’il disait la messe. Mais saint Pierre, s’il faut en croire la légende populaire étant survenu jeta trois fois de suite le diable et sa colonne dans la mer, et cette diversion donna au prêtre le temps de se repentir .Le diable en fut si désolé ,qu’il rompit la colonne et se sauva.

COMETES

On sait que les comètes passent depuis toujours dans la croyance populaire, pour présager des calamités. En fait, les astrologues modernes ne leur donnent aucune signification.

CONJUNCTIO

Figure de géomancie dont le nom français est la réunion, le nom populaire l'inconstante, et le nom populaire arabe la rencontre. Elle exprime les actions con­vergentes et harmonisantes, l'union et la coordination, la fédération et la construction, le mariage, l'amitié, la concorde, les contrats, les rencontres heureuses, les concours de circonstances, l'organisation. Concordances : Terre : Mercure.

CONJURATION

Nom désignant les formules d'invocation. Les formules s'adressent aux Entités infernales soit pour les appeler, soit pour les chasser.

COQ

Symbole animal de la vigilance et de l'activité. Il est un des attributs de Minerve et de Mercure. Il symbolise aussi les combats et la victoire parce qu'il préfère la mort à l'abandon du combat. Il fut aussi immolé aux Dieux Lares et à Priape. Le sang d'un coq blanc était considéré comme un remède infaillible pour rendre la vue à un aveugle. (On remarquera que la magie noire utilise par contre, le sang d'une poule noire).

Dans l'ensemble, le coq — emblème de la Gaule — est un symbole glorieux. Par ailleurs, sa vigilance prend un aspect désagréable lorsqu'il prévient Vulcain de l'adultère de son épouse Vénus avec Mars ; elle prend égale-ment un aspect consternant lorsqu'il chante trois fois pour proclamer au monde que Pierre a renié Jésus. Comme le fait spirituellement remarquer André Virel, le coq se conduit comme un « poulet ». C'est un des effets typiques de l'ambivalence des symboles.

CORAIL

Après que la Méduse eut osé disputer de beauté avec Minerve, qui aussitôt changea ses cheveux en serpents et donna à sa tête le pouvoir de changer en pierres tous ceux qui la regardaient, sa tête fut coupée par Persée et du sang qui s'en écoulait naquit le cheval Pégase. Sa tête fut changée en plante, le corail. On lui attribuait des vertus merveilleuses telles que celles d'arrêter le sang, de préserver de la foudre, d'éviter les mauvais génies, etc... On le croyait aussi plus rouge porté par un homme que par une femme.

Le destin mythologique assez inattendu de cette pierre curieuse est sans doute prémonitivement inspiré de sa situation tout à fait étrange aux confins du règne animal, du règne végétal et du règne minéral. Effective-ment, le corail est un animal végétatif qui devient pierre lorsqu'on le décapite — s'il est permis d'employer ce mot ici.

CORBEAU

Oiseau de mauvais présage. Dans l'antiquité, il était consacré à Phébus (ainsi que le cygne). On interprétait son croassement et l'on distinguait soixante-quatre inflexions ayant chacune une interprétation divinatoire différente. La Corneille est l'objet d'un présage différent : perchée et immobile, elle augure d'une fidélité (ce qui procède d'une croyance selon laquelle la corneille veuve observe une sorte de veuvage).

CORDE DES VENTS

Cordes portant trois noeuds et que les magiciens de plusieurs pays vendaient aux marins. En mer, il suffisait de défaire un noeud pour obtenir un vent modéré, deux noeuds pour déclencher un vent violent. Lorsqu'on dénouait les trois noeuds, on déchaînait la tempête.

CORNEILLE

Oiseau considéré comme le symbole d'Apollon, dieu des devins. On considère que, perchée, elle marquait la foi conjugale. Son chant entendu par quelqu'un qui commençait une entreprise, était un mauvais présage, aggravé si c'était au temps de la couvaison. On considérait que la corneille, après la mort de son conjoint, observait une sorte de veu­vage, et témoignait donc d'une véritable fidélité — aussi les Anciens l'invo­quaient-ils souvent avant leur mariage.

CORPS ASTRAL

On peut faire à la dénomination de Corps astral les mêmes critiques qu'à celle de Corps éthérique. La métapsychique est une science bien assez complexe pour qu'on n'éprouve pas le besoin d'aller mêler les astres à l'aventure.

CORPS CAUSAL

Par opposition au corps fluidique, qui a une existence matérielle si on en juge par le fait qu'il est visible, le corps causal serait le principe immatériel du corps fluidique — principe qui aurait notam­ment la propriété de relier nos diverses existences éventuelles. Etant donné que l'hypothèse est basée sur la nécessité de fonder la morale, on peut dire qu'elle est le type même de l'hypothèse gratuite. La notion de Karma réduite, pour les besoins d'une conscience superstitieuse et égotique, aux .dimensions d'une comptabilité des bonnes et des mauvaises actions, a sans .doute besoin de s'appuyer sur une continuité de l'être. D'ailleurs, cette con­tinuité .correspond sans doute à quelque chose, mais probablement pas à un corps. Le principe causal, si l'on veut donner un nom moins anthropomor­phique à la chose, est de l'ordre des lignes de force et ne saurait avoir un .caractère personnel — dût cette assertion chagriner ceux qui tiennent à la pérennité de leur personne dans l'au-delà et au-delà.

CORPS ETHERIQUE

Nom donné quelquefois au corps fluidique. Sans méconnaître que le mot « fluide » ne signifie rien, on peut toutefois observer qu'il ne préjuge rien. Le mot éthérique a le défaut d'établir un parallèle parfaitement gratuit et superflu avec l'éther inter-sidéral (qui d'ailleurs n'existe pas).

CORPS FLUIDIQUE

Les différentes données expérimentales de la métapsychique obligent à imaginer l'hypothèse du corps fluidique. Celui-ci serait un corps immatériel, coïncidant avec le corps matériel dans les con­ditions ordinaires de la vie. Dans certaines circonstances, le corps fluidique peut cesser de coïncider avec le corps matériel. Il apparaît lumineux et tout semble confirmer cette constatation, y compris la photographie. Il semble dénué de masse et là, les données subjectives se superposent aux impressions expérimentales. Quant à la nature du « fluide » qui le compose, nous en sommes réduits aux hypothèses gratuites — sauf si nous nous livrons nous-même à l'expérience, ce qui peut nous en donner une connaissance intuitive. A cause de cette difficulté, les contempteurs du non-mesurable professent à l'égard du corps fluidique un scepticisme de mauvais aloi. Mais il faut bien se dire que les mêmes contempteurs sont incapables de définir la nature de la conscience et de la pensée au nom desquelles ils émettent un avis réprobateur.

CORPS GLORIEUX

Nom donné à l'apparence luminescente et immatérielle que prennent quelquefois les grands mystiques en extase. Ce phénomène est cité tant de fois dans l'histoire des civilisations les plus. disparates qu'on aurait mauvaise grâce à ne pas admettre l'existence du corps de gloire. Vraisemblablement, celui-ci est de l'ordre des auras ; mais le rayonnement prend ici une intensité telle qu'il devient per­ceptible pour tout spectateur non prévenu. Pour l'instant, la métapsychique n'est pas parvenue à reproduire le phénomène. Cela tient notamment à ce qu'elle utilise des sujets situés à un stade d'évolution très inférieur à celui où un tel rayonnement est possible.

CORRESPONDANCES

La psychanalyse a démontré, en s'appuyant sur des bases expérimentales, qu'il existe un symbolisme naturel. Avant toute démonstration, le sens commun saisissait qu'il existe une cor­respondance symbolique entre le soleil et l'or, entre la lune et l'argent, entre l'obscurité et le mal, etc... Mais il semblait que ces correspondances pouvaient procéder d'une rencontre fortuite entre deux idées présentant une certaine ressemblance, ou d'une tradition née du génie imaginatif des poètes. En fait, les idées, les choses, et d'une manière générale, tous les objets de pensée sont placés le long d'axes analogiques, qui sont les axes même de notre pensée, les catégories de l'intuition.

L'analyse des mythes, du folklore, du langage, de l'inconscient indivi­duel, montre comment et pourquoi la terre, l'or, l'excrément, le denier du Tarot, le soleil, etc... sont des notions correspondantes. Ce symbolisme natu­rel quelquefois simple et quelquefois complexe, dans la mesure où il se pro-jette sur des plans incommensurables entre eux, s'est fixé dans la Tradition. Avant l'ère baconnienne et mieux l'ère scientifique, chaque recherche nou­velle était rapportée à ce barème de références commun. De sorte que toute notion vient s'inscrire dans le tableau des correspondances. Les tableaux qui suivent témoignent de la diversité des plans entre lesquels s'établissent les rapports analogiques. Ils témoignent aussi du degré d'approximation avec lequel chaque époque, tributaire du système de connaissance qui lui est pro­pre, détermine les objets de référence.

Il ne faut d'ailleurs pas croire, parce que le mot « hystérie » a changé de sens, ou parce que la profession d'alchimiste ne figure plus dans les tableaux d'orientation professionnelle, que les correspondances établies entre des notions de cet ordre ont cessé d'être valables. Il y a, selon les cas, un sens à restituer ou une transposition à effectuer. C'est là une vicissitude à laquelle n'échappe pas la spéculation humaine, même de nos jours : dans cent ans, il y aura une transposition sérieuse à effectuer pour rendre l'idée « d'affinité chimique » ou « d’ensemble mathématique ».

Dans l'effort d'analyse de la pensée contemporaine, on aperçoit chaque jour un peu plus la valeur profonde des correspondances. Elles constituent un instrument de recherches des plus précieux, parce qu'elles expriment l'analogie qu'est la clef de voûte des structures de l'univers pensé.

CORRIGAND ou KORRIGAN

Voir au mot FEU FOLLET.

CORYBANTIASME

Espèce de frénésie Ceux qui en étaient attaqués s’imaginaient voir des fantômes devant leurs yeux, et entendaient continuellement des sifflements .Ils ouvraient les yeux lorsqu’ils dormaient. Ce délire sanguin a souvent été jugé possession du diable par les démonomanes.

COSINGAS

Prince des Cerrhéniens, peu­ples de Thrace, et prêtre de Junon. Il s'avisa d'un singulier expédient pour réduire ses su­jets rebelles. Il ordonna d'attacher plusieurs longues échelles les unes aux autres, et fit courir le bruit qu'il allait monter au ciel, vers Junon, pour lui demander raison de la déso­béissance de son peuple. Alors les Thraces, superstitieux et grossiers, se soumirent à Cosingas, et s'engagèrent par serment à lui rester fidèles.

COSQUINOMANCIE

Sorte de divination qui se pratique au moyen d'un crible, d'un sas, ou d'un tamis. On mettait un crible sur des tenailles, qu'on prenait avec deux doigts; en­suite on nommait les personnes soupçonnées de larcin ou de quelque crime secret, et on jugeait coupable celle au nom de qui le crible tournait ou tremblait, comme si celui qui te­nait les tenailles, ne pouvait pas remuer le crible à sa volonté….

Au lieu du crible, on met aussi (car ces divinations se pratiquent encore) un tamis sur un pivot, pour connaître l'auteur d'un vol ; on nomme de même les personnes soupçonnées, et le tamis tourne au nom du voleur. C'est ce qu'on appelle, dans les campagnes, tourner le sas. Cette superstition est surtout très répandue dans la Bretagne.

COU

On regardait chez les anciens com­me un augure favorable une palpitation dans la partie gauche du cou, et comme fu­neste celle qui avait lieu dans la partie droite.

COUCOU

(de Cuculus, onomatopée). Animal sous l'aspect du-quel se cacha Jupiter pour tromper Junon. On dit aussi que ce dieu em­prunta sa forme après avoir rendu l'air extrêmement froid, pour aller se reposer, sans être vu, sur le sein de Junon. Cet oiseau lui est consacré.

Par ailleurs, on sait que le coucou pond ses oeufs dans le nid des autres oiseaux. C'est à cette particularité que se rattache le rapprochement avec l'homme trompé (par inversion symbolique) qui était dit, en français mé­diéval, coucou, mot dont on a fait cocu. Cet état passe pour porter chance (une veine de cocu) en matière d'argent (couleur or-jaune). Sans qu'on puisse établir des liens de causalité ou d'enchaînement historique entre ces différents faits, il est certain que le chant du coucou, annonciateur d'argent, procède de la même filiation analogique. L'élément magique supplémentaire intervient sous forme d'obligation de toucher l'or au moment où l'on entend cet oiseau chanter.

COULEUVRE

Serpent ayant pour correspondances symboliques les procureurs, les notaires, les avocats (comme ministres fidèles), parce qu'elle ceint les cheveux de la Discorde, soeur de l'Envie, elle aussi couronnée de couleuvres.

Les Gorgones et les Euménides avaient, en place de chevelure, des couleuvres dressées en tous sens, mais dédiées à Minerve. La couleuvre repré­sentait plutôt ici la sagesse qui prend parfois l'aspect de l'agneau quand elle est danger, et celui de cavales ou de monstres alors qu'elles sont protec­trices de la Méduse. Cette ambivalence n'est pas sans intérêt. Elle procède de celle qui caractérise la symbolique générale du Serpent.

COURONNES MAGIQUES

Couronnes formées de laine et de cire, qu'on plaçait sur la tête des êtres qu'on voulait protéger, ou des Dieux qu'on désirait se rendre favorables.

COURONNE NUPTIALE

Chez les habi­tants de l'Entlebuch, en Suisse, le jour des noces, après le festin et les danses, une femme vêtue de jaune demande à la jeune épousée sa couronne virginale, qu'elle brûle en cérémonie. Le pétillement du feu est, dit-on, de mauvais augure pour les nou­veaux mariés.

COURROIE DE SOULIER

C'était un mau­vais présage chez les Romains , de rompre la courroie de son soulier en sortant de chez soi. Celui qui avait ce malheur croyait ne pouvoir terminer une affaire commencée, et ajournait celles qu'il s'était proposé d'en­treprendre.

CRAPAUD

Animal dédié à saturne et qui, d'autre part, est considéré comme l'auxiliaire des sorcières se rendant au sabbat. Elles les revêtaient d'une cape de velours vert et de soie écarlate et suspendaient .à leur cou une clochette.

La poudre de crapaud entrait dans la composition de divers philtres -destinés à l'ensorcellement. Mais la pierre dite crapaudine, que les grimoires prétendaient se trouver dans la tête des crapauds, était l'antidote puissant contre ces mêmes maléfices ; on prétendait qu'elle changeait de couleur et suait si elle était proche d'un gobelet contenant du poison.

Les crapauds entrent dans les philtres à deux titres fort différents. D'une part, les sorcières bourraient des crapauds de poudres et d'herbes extrêmement toxiques (produits arsenicaux, datura, etc...). Ces crapauds ultérieurement desséchés conservaient, bien entendu, les propriétés des alca-Ioïdes et toxiques employés. Dans ce procédé, le crapaud ne servait que de support magique. La célèbre Toffana, l'un des deux poisons des Borgia, était également préparée à partir d'un crapaud, mais alors que 1«éponge à poison » des sorcières contenait toutes sortes de toxiques, celui qui ser­vait à la fabrication de la Toffana n'était gavé que de digitale, de ciguë et d'amanite. Puis on le tracassait jusqu'à ce qu'il mourût d'épuisement, on distillait le corps de l'animal de manière à obtenir le redoutable poison qui, avec les moyens du temps, ne pouvait absolument pas être décelé. Bien pis, les récipients préparés au crapaud gardaient, malgré les lavages, des vertus mortelles et ne les perdaient que par le feu.

En second lieu, la sorcellerie des campagnes utilise encore de nos jours le crapaud en nature. L'animal est enfermé avec différents objets servant de support d'envoûtement ou bien il est transféré avec l'un d'eux, et sert notamment, en vertu de ses propriétés saturniennes, à nouer l'aiguillette.

A noter que, dans la même sorcellerie des campagnes, le crapaud joue aussi un rôle protecteur. Lorsqu'on garde un tel animal dans sa poche, on échappe non seulement à certains sortilèges, mais même à la suggestion hyp­notique quelle que soit la force de l'hypnotiseur. Enfin, le crapaud lui-même peut servir de support d'envoûtement ou d'intermédiaire dans cette opération. On cite notamment de nombreux cas dans lesquels l'effet de charme manifeste (maladies, impuissance, obsession) aurait été brusque-ment interrompu à partir du moment où on aurait libéré le crapaud de l'endroit où l'avait caché le jeteur de sorts. Dans deux cas précis qui nous ont été rapportés, la cachette du crapaud avait été découverte par un sorcier amateur appelé par des proches (une fois dans une cave à vin, une autre fois sous un perron), et l'amélioration de l'état de la victime aurait été aussi net que subit ; encore que l'intéressé n'ait pas été au courant de la manoeu­vre de dégagement.

Nous n'avons pas d'opinion personnelle. Il semble en tout cas que le rôle du crapaud — comme en d'autres cas celui de la chauve-souris --soit accidentel.

CRESCENCE

Cardinal, légat du Saint ­Siège au concile de Trente, qui mourut pai­siblement en 1552. Jean de Chassanion, hu­guenot, n'aimant pas ce prince de l'Eglise , parce qu'il s'était élevé contre les protes­tants, a écrit que le diable, en forme de chien noir, était venu le voir à son dernier moment et l'avait étranglé, ce qui n'est pas vrai.

CRESPET (PIERRE)

Religieux célestin , mort en 1594., auteur d'un traité contre la magie , intitulé : Deux livres de la haine de Satan et des malins esprits contre l'homme, etc. Paris, 1590, in-S°. Cet ouvrage est rare et curieux.

CRIBLE

Parler au crible est un ancien proverbe qui signifiait faire danser un tamis par le moyen de paroles mystérieuses. Théocrite nommait les gens qui avaient ce pou­voir crible-sorciers ou sorciers du crible.

Je me suis trouvé,dit Bodin, il y a vingt ans, dans une maison à Paris , où un jeune homme fit mouvoir un tamis sans y toucher, par la vertu de certaines paroles françaises, et cela devant une société; et la preuve, dit-il, que c'était par le pouvoir de l'esprit malin, c'est qu'en l'absence de ce jeune homme on essaya vainement d'opérer en prononçant les mêmes paroles.

CRIÉRIENS

Fantômes des naufragés, que les habitants de l'île de Sein, en Bretagne, croient entendre demander la sépulture, à travers ce bruit sourd qui précède les orages. Les anciens Bretons disaient : « Fermons les portes, on entend les criériens; le tourbillon les suit. »

CRISTAL

Gemme qui a le pouvoir de rendre la pensée lucide, qui était considérée par les Anciens comme une pierre de victoire, qui guérit les reins, amène la pluie, préserve des terreurs nocturnes et est consi­dérée comme conduisant celui qui la porte vers de hautes dignités. On voit que ces attributions rapprochent le diamant du cristal. Pourtant, alors que le premier se tient symboliquement au niveau de la sagesse spirituelle, le second partage avec le lin pour l'ordre végétal, le sens de sagesse natu­relle ; c'est, pour emprunter un langage plus théologique, la foi extérieure qui produit les oeuvres.

CRISTALOMANCIE

Divination par le moyen du cristal. On tirait des présages (les miroirs et des vases de cristal, dans lesquels le démon faisait, dit-on, sa demeure. Le roi Childéric cherchait l'avenir dans les prismes d'un petit globe de cristal.

Les devins actuels prédisent encore par le miroir.

CRITOMANCIE

Divination qui se prati­quait par le moyen des viandes et des gâ­teaux. On considérait la pâte des gâteaux qu'on offrait en sacrifice, et la farine d'orge qu'on répandait sur les victimes, pour en tirer des présages.

CROCODILES

Les Egyptiens modernes assurent que jadis les crocodiles étaient des animaux doux ; et ils racontent de la ma­nière suivante l'origine de leur férocité. Hu­meth, gouverneur d'Egypte sous Gisar Al­Mutacil, calife de Bagdad, ayant fait mettre en pièces la statue de plomb d'un grand crocodile (figure talismanique) que l'on avait trouvée en creusant les fondements d'un ancien temple de païens, à l'heure même de cette exécution les crocodiles sortirent du Nil, et ne cessèrent, depuis ce temps, de nuire par leur voracité.

Pline et Plutarque témoignent que les Egyptiens connaissent, par l'endroit où les crocodiles pondent leurs oeufs , jusqu'où ira le débordement du Nil. Mais il serait difficile, dit Thomas Brown, de comprendre comment ces animaux ont pu deviner un effet qui, dans ses circonstances, dépend de causes extrêmement éloignées, c'est-à-dire de la mesure des rivages dans l'Ethiopie.

Les habitants de Thèbes et du lac Moeris rendaient un culte particulier aux croco­diles. Ils leur mettaient aux oreilles des pierres précieuses et des ornements d'or, et les nourrissaient de viandes consacrées. Après leur mort, ils les embaumaient et les déposaient en des urnes que l'on portait dans le labyrinthe qui servait de sépulture aux rois. Les Ombites poussaient même la su­perstition jusqu'à se réjouir de voir leurs enfants enlevés par les crocodiles. Mais ces animaux étaient en horreur dans le reste de l'Egypte.

Ceux qui les adoraient disaient que dans les sept jours consacrés aux fêtes de la  naissance d'Apis, ils oubliaient leur férocité naturelle, et ne faisaient aucun mal ; mais le huitième jour, après midi , ils redevenaient furieux.

CROIX (MADELEINE De LA)

Religieuse de Cordoue, qui mena mauvaise vie au seizième siècle, se disant sorcière et se vantant d'avoir pour familier un démon. François de Torre Blanca raconte qu'elle avait à volonté des roses en hiver, de la neige dans le mois d'août, et qu'elle passait à travers les murs qui s'ouvraient devant elle. Elle fut arrêtée par l'inquisition ; mais ayant tout confessé elle fut admise à pénitence.

CROMERUACH

Idole principale des Irlandais, avant l'arrivée de saint Patrice en leur pays. L'approche du saint la fit tomber, disent les légendes, tandis que les divinités inférieures s'enfoncèrent dans la terre jusqu'au menton. Suivant certains récits en mémoire de ce prodige, on voit encore leurs têtes à fleur de terre dans une plaine, qui ne se trouve plus.

CROMNIOMANCIE ou CROMMYOMANCIE

Divination par les oignons. Ceux qui la pratiquaient mettaient la veille de Noël, des oignons sur un autel.

Ils écrivaient sur les oignons le nom des personnes dont on voulait avoir nouvelle. L’oignon qui germait le plus vite annonçait que la personne dont il portait le nom jouissait d'une bonne santé.

Cette divination est encore en usage dans plusieurs cantons de l'Allemagne, parmi les  jeunes filles, qui cherchent à savoir ainsi qui elles auront pour époux.

CROQUE-MITAINE

Espèce d'ogre dont on épouvante à Paris les petits enfants indociles.

Aujourd'hui que ses dents sont tombées, il se contente de les mettre au cachot et de donner le fouet, malgré les lumières du siècle.

CRYPTESTHESIE

Mot qui a reçu plusieurs sens, selon les auteurs. Littéralement, la cryptesthésie est un sens caché ou sens sensi­bilisé aux choses cachées — ce qui peut aussi bien s'entendre de la radies­thésie que de la voyance ou même de la connaissance. Historiquement, on a précisément mêlé ces tau s acceptions à la faveur de l'imprécision qui; règne généralement dans ces domaines. Pour cette raison, le vocable est. à éviter jusqu'à ce qu'il ait été défini par une académie valable. En outre, il prête à toutes les confusions en ce sens que les choses cachées appartien­nent un peu à tous les domaines et nous submergent ; par surcroît, celles: qui sont décelables cessent justement d'être cachées.

CUBOMANCIE

Divination par le moyen des dés. Auguste et Tibère avaient grande confiance en cette manière de consulter le sort. Les Grecs s'en servaient aussi. C'est à peu près la même chose que l'astragalo­mancie.

CUIVRE

Les premières mines de cuivre que les Anciens aient connues sont celles de l'île de Chypre, d'où vient le nom de ce métal. Cest pour cette raison qu'il fut consacré à Vénus. Les Lacédémoniens frappaient sur un chaudron quand leur roi mourait, parce qu'ils pensaient que le cuivre pur a la vertu de chasser les spectres et les esprits impurs. D'une façon géné­rale, et selon toutes les Traditions, le cuivre est un métal bénéfique.

CULTE

Les démons recevaient un culte par tout l'univers, avant le christianisme. Jupiter et les autres dieux n'étaient vérita­blement que des démons ; mais le diable a reçu un culte plus spécial de gens qui savaient bien qu'ils s'adressaient à lui et non à un dieu. Ainsi, les sorciers au sabbat adorent le diable par son nom. Le culte qu'ils lui ren­dent consiste principalement à lui baiser le derrière, à genoux, avec une chandelle noire à la main.

Certains peuples de l'Afrique ne rendent aucun culte à Dieu, qu'ils croient bon , et font des sacrifices au diable pour la raison contraire.

CUNÉGONDE

Femme de Henri II, empe­reur d'Allemagne. Elle fut accusée d'adultère par des calomniateurs, et se purgea de l'ac­cusation en marchant pieds nus, sans acci­dent, sur des socs de charrue rougis au feu.

CUREAU DE LA CHAMBRE

Habile mé­decin, mort en 1669. On a de lui un discours sur les principes de la chiromancie et de la métoposcopie. Paris, 1653, in-8'.On l'a aussi imprimé sous le titre de l'Art de connaître les hommes.

CURMA

Du temps de saint Augustin , un paysan des environs d'Hippone , nommé Curma , mourut un matin et demeura deux ou trois jours sans sentiment. Comme on al­lait l'enterrer, il rouvrit les yeux et demanda ce qui se passait chez un autre paysan du voisinage qui, comme lui , se nommait Curma : on lui répondit que ce dernier venait de mourir à l'instant où lui-même était res­suscité.-Cela ne me surprend pas, dit-il ; on s'était trompé sur les noms; on vient de me dire que ce n'était pas Curma le jardinier , mais Curma le maréchal, qui devait mourir. -Il raconta en même temps qu'il avait entrevu les enfers ; et il mena depuis meilleure vie.

CURTIUS

Fils d'un gladiateur romain. On dit qu'un spectre lui annonça ainsi sa mort : il avait accompagné en Afrique un lieutenant du gouverneur de ce pays conquis. Il vit un jour, dans une galerie, le spectre d'une femme de haute stature, qui lui dit qu'elle était l'Afrique, et qu'elle venait lui annoncer le bonheur. Elle l’assura qu'il aurait de grands honneurs à Rome; qu'il reviendraitencore sur le sol africain, non plus comme valet, mais avec la qualité de commandant en chef, et qu'il y mourrait. Cette prédiction s'accomplit entièrement; Curtius fut ques­teur, puis préteur; il eut les privilèges du consulat, et fut envoyé comme gouverneur en Afrique : mais en débarquant il se sentit frappé d'une maladie dont il mourut. Il est très probable que ce conte a été fait après coup.

CYGNE

Cet animal était consacré à Apollon, Dieu de la Musique, parce que près de sa mort, il chantait mélodieusement. On pensait qu'il était immortel puisqu'il se réjouissait de perdre son enveloppe mortelle. Il est aussi consacré à vénus à cause de sa blancheur et de sa nature voluptueuse. Jupiter prit sa forme pour tromper Léda, c'est-à-dire, la puis­sance harmonieuse. Accompagné d'une harpe, il est le symbole de l'en­thousiasme.

En volant, le cygne ne peut s'élever très haut : voué à l'eau — principe opposé au feu — le cygne est donc un symbole féminin (Tradition dixit). Pour cette raison ou pour toute autre, il est certain que le cygne représente l'aspect féminin ou le pôle féminin de la virilité.

CYLINDRES

Sortes d'amulettes circulaires que les Perses et les Egyptiens portaient au cou, et qui étaient ornées de figures et d'hiéroglyphes.

 CYMBALE

C'est le nom que les sorciers donnent au chaudron dans lequel ils man­gent leur soupe au lard parmi les fêtes du sabbat.

 CYNANTHROPIE

Espèce de frénésie dont ceux qui en sont attaqués se persuadent qu'ils sont changés en chiens. C'est, comme la bousanthropie, une nuance de l'état de loup-garou.

 CYNOBALANES

Nation imaginaire, que Lucien représente avec des museaux de chien , et montés sur des glands ailés.

CYNOCÉPHALE

Singe que les Egyptiens nourrissaient dans leurs temples pour con­naître le temps de la conjonction du soleil et de la lune. On était persuadé que, dans cette circonstance, l'animal, devenu aveugle, re­fusait toute nourriture. Son image, placée sur les clepsydres, était purement hiérogly­phique. On prétendait qu'à chaque heure du jour le cynocéphale criait très-exactement.

CYPRIEN.

Avant de se convertir au christianisme, saint Cyprien s'occupait de magie. On voit, dans la Légende dorée, qu'il évoquait les démons, et que ce furent les épreu­ves qu'il fit de leur impuissance contre le simple signe de la croix qui l'amenèrent à la foi.