MAGNETISME

Au mot MESMERISME, nous verrons dans quelles conditions est née en France et malgré la France la théorie du magnétisme animal et du magnétisme minéral. En soi, le mot de magnétisme est détestable, parce qu'il reflète les modes et les goûts d'une époque où l'élec­tromagnétisme avait frappé les imaginations, parce qu'il établit un rapport accidentel et parfaitement gratuit entre un « influx » humain, biologique, et un phénomène électrique dont, au surplus, nous ignorons la nature. Ce que nous savons, c'est que le pouvoir magnétique est un don assez peu répandu et que cependant beaucoup d'êtres humains possèdent sans le savoir. Bien des guérisseurs se sont rendus célèbres en exhibant des morceaux de viande, des poissons, des oeufs, qu'ils avaient magnétisés, à la suite de quoi ces aliments avaient été préservés de la putréfaction. Médicalement, si les praticiens ignorent généralement le magnétisme et sourient lorsqu'on leur en parle, les Corps Constitués en reconnaissent l'existence et l'efficacité, ne serait-ce qu'en pour-suivant pour exercice illégal de la médecine ceux qui la pratiquent sans diplôme.

Les effets du magnétisme ont été très étudiés et l'unité est à peu près faite sur ce point qu'ils sont positifs. On refuse seulement et à juste titre de croire que l'influence du magnétisme humain sur les éléments biologiques soit chez les malades du même ordre que ce qui se passe dans les expériences de momification. On refuse aussi d'admettre le sommeil magnétique qui relève bien plutôt de l'hypnotisme et de la suggestion. Enfin, on se demande si le magnétisme procède d'un effet physique et non pas, plus simplement, d'un processus analogue à celui de la voyance, mais sur le plan actif. Nous ne pouvons ici entrer dans le détail de ces questions qui sont purement scienti­fiques et nullement occultes.

 MAI

Mois consacré à Apollon dans l'antiquité et de nos jours consacré à la Vierge Marie. En remontant la filière du symbolisme de la Vierge Marie, on retrouve selon les psychanalystes tout le symbolisme de la « Nature » (Mater, Meteria). Par ailleurs, on l'identifie à Maya ou Maïa, l'illusion, qui est aussi la nature. Enfin, le mythe d'Apollon est l'aspect printanier de celui de Bacchus qui est automnal. La tradition a orné les cheveux de ce dernier dieu de fleurs printanières mêlées aux lourdes grappes de raisins.

A travers tous ces sens, le symbolisme du mois de mai apparaît clairement : en son début, il est : éclosion, le coup de force du renouveau, ce qui explique la date des bacchanales et aussi la signification du Premier Mai.

Quant au reste du mots, il est à la fois clair et silencieux, c'est le lent développement de la nature, illusoire et potentielle (symbolisme de Maïa et symbolisme de la Vierge).

 MAIN

La main a toujours eu une valeur symbolique, inspirée d'ailleurs de ses attributions naturelles. La main de l'homme frappe ou pro­tège, acquiert ou tranche. La main de Dieu châtie ou protège, prend ou juge. L'iconographie nous montre souvent la main de Dieu, démesurément agrandie dans les Jugements Derniers, la main du Christ Bénissant, la main de Jean-Baptiste montrant le Ciel, etc... L'histoire nous montre le rôle important de la main dans le Droit romain (affranchissement d'un esclave, achat, serment, etc...). Il faut mentionner d'ailleurs qu'il s'agit toujours de la main droite. Dans quelques civilisations, le nombre de doigts a été assimilé analo­giquement au nombre de sens et l'iconographie correspondante accorde un sixième doigt à ceux qui sont pourvus du sixième sens (fût-il mystiquement interprété). Certaines fresques byzantines représentent des Saints ayant six orteils au pied ; la main de Fatima a aussi quelquefois six doigts, et assure de la protection divine. Aussi la voit-on dans tout l'Orient musulman, au poignet ou à la cheville de femmes aussi bien qu'au front des chevaux ou des ânes.

Dans les pantacles, en général, la main intervient avec l'un des sens que nous avons énumérés. Il y aurait toute une iconographie à faire, que nous ne pouvons résumer ici, du sens symbolique des différentes attitudes de la main (deux doigts levés, poing fermé, etc...). Cette étude est à compléter par la considération des différents gestes symboliques connus par l'histoire (Moïse levant la main pour protéger l'armée pendant tout le com­bat, le pouce élevé pour demander grâce, les deuxième et troisième doigts en V du salut gaulliste, la main horizontale du serment, etc...) et la tradi­tion (positions manuelles des Sages de l'Orient, gesticulations manuelles des danses sacrées, etc...).

 MAIN DE GLOIRE

Ce que les sorciers appellent main de gloire est la main d'un pendu , qu'on prépare de la sorte : on l'en­veloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien, pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel, du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours; après quoi on l'ex­pose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement desséchée; si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé de fougère et de verveine. On com­pose ensuite une espèce de chandelle avec de la graisse de pendu, de la cire vierge et du sésame de Laponie; et on se sert de la main de gloire, comme d'un chandelier, pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l'on va avec ce funeste in­strument, ceux qui y sont demeurent immo­biles, et ne peuvent non plus remuer que s'ils étaient morts. Il y a diverses manières de se servir de la main de gloire; les scélérats les connaissent bien; mais, depuis qu'on ne pend plus chez nous, ce doit être chose rare.

Deux magiciens, étant vénus loger dans un cabaret pour y voler, demandèrent à pas­ser la nuit auprès du feu, ce qu'ils obtinrent. Lorsque tout le monde fut couché, la servante, qui se défiait de la mine des deux voyageurs, alla regarder par un trou de la porte pour voir ce qu'ils faisaient. Elle vit qu'ils tiraient d'un sac la main d'un corps mort, qu'ils en oignaient les doigts de je ne sais quel onguent, et les allumaient, à l'exception d'un seul qu'ils ne purent allumer, quelques efforts qu'ils fissent, et cela parce que, comme elle le comprit, il n'y avait qu'elle des gens de la maison qui ne dormît point; car les au­tres doigts étaient allumés pour plonger dans le plus profond sommeil ceux qui étaient déjà endormis. Elle alla aussitôt à son maître pour l'éveiller, mais elle ne put en venir à bout, non plus que des autres personnes du logis, qu'après avoir éteint les doigts allumés, pendant que les deux voleurs commençaient

à faire leur coup dans une chambre voisine. Les deux magiciens, se voyant découverts, s'enfuirent au plus vite, et on ne les trouva plus.

Les voleurs ne peuvent se servir de la main de gloire, quand on a eu la précaution de frotter le seuil de la porte avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette, lequel onguent doit être fait dans la canicule.

 MAIN INVISIBLE

Gaspard Schotter, dans sa Magie universelle, livre IV, page 407, rap­porte le fait suivant, dont il a été témoin dans son enfance, et qu'il a entendu raconter à des témoins plus âgés que lui. Deux compagnons sortaient d'une ville armés et portant leur bagage, pour aller travailler dans une autre contrée. L'un d'eux ayant trop bu attaque l'autre, qui refuse de se battre avec un homme ivre; mais il reçoit un coup à la tête. Voyant couler son sang, il riposte et perce de part en part le malheureux ivrogne. On accourt aussitôt de la ville, et parmi les assistants se trouve la femme même du mort. Dans le moment qu'elle donnait des soins à son époux, le meurtrier, qui s'enfuyait, se sentit saisi par une main invisible et fut entraîné auprès du magistrat, lequel le fit mettre en prison. Qu'était-ce que cette main invisible? Celle du mort qui reve­nait dégrisé.

 MAITRE ALBERT

Moine du XIIIe siècle, alchimiste connu pour son immense érudition et ses oeuvres et aussi parce qu'il fut le maître de Thomas d'Aquin. On lui attribue deux ouvrages, d'intérêt très discutable mais de grand renom :

1 °) Les admirables secrets d'Albert le Grand : mélange de cosmogonie, de médecine, d'astrologie, de physiognomonie et de recettes pratiques de tous ordres.

2 °) Le Solide Trésor du Petit Albert, procédant du Manuel de Sorcellerie et de la clef des songes. Ces deux ouvrages, auxquels Maitre Albert, théologien et philosophe assez versé dans les questions médicales et mathématiques, n'a probablement pris aucune part, sont plus connus sous les noms de Grand Albert et Petit Albert.

 MALADE

« Divers sont les jugements qui se font d'aucuns, si un malade doit vivre ou mourir; mais je publierai ce présent signe infaillible, duquel se pourra servir un cha­cun, et en faire un ferme jugement : Prenez une ortie et la mettez dans l'urine du ma­lade incontinent après que le malade l'aura faite, et avant qu'elle soit corrompue; laissez l'ortie dans ladite urine l'espace de vingt­ quatre heures ; et après , si l'ortie se trouve verte, c'est un signe de vie. »

Delancre nous conseille de ne pas ad­mettre l'opinion des gnostiques, qui disent que chaque maladie a son démon, et d'éviter l'errent- populaire qui prétend que tous ceux qui tombent du haut mal sont possédés. Les maladies ont souvent causé de grands dés­ordres. Le P. Lebrun rapporte l'exemple d'une femme attaquée d'une maladie de l'oeil qui lui faisait voir une foule d'images bizarres et effrayantes, elle se crut ensorcelée : un habile oculiste l'opéra, et guérit en même temps son oeil et son imagination.

 MALAINGHA

Nom général des anges du premier ordre chez les habitants de Madagascar. Ces anges font mouvoir les cieux, les étoiles, les planètes, et sont chargés du gouvernement des saisons : les hommes sont confiés à leur garde, ils veillent sur leurs jours, détournent les dangers qui les me­nacent et écartent les démons.

 MALDONAT

Celèbre jésuite, né en 1534, à Casas de la Reina dans l'Estramadure. Il étudia à Salamanque et entra chez les jésuites de Rome en 1562. Deux ans après, il ouvrit, au collége de Clermont, à Paris, un cours de philosophie, dans lequel il obtint les plus brillants succès, quoiqu'il n'eût encore que trente ans. Ayant formé le dessein de travailler à un commentaire sur les quatre évangélistes, il crut voir, pendant quelques nuits, un homme qui l'exhortait à finir promptement cet ouvrage, et qui l'assurait qu'il l'achèverait, mais qu'il survivrait peu de jours à sa conclusion ; cet homme lui marquait en même temps un certain endroit du ventre, qui fut le même où Maldonat sentit les vives douleurs dont il mourut en 1583, peu de temps après avoir achevé son ouvrage.

 MALE-BÊTE

Monstre qui passait autrefois, dans l'opinion du peuple de Toulouse, pour courir les rues la nuit. La superstition avait fait croire que tous ceux qui rencontraient ou envisageaient la male-bête, mouraient le lendemain.

 MALEBRANCHE (NICOLAS)

Savant prêtre de l'Oratoire, né à Paris en 1638, mort en 1715. On trouve dans sa Recherche de la Vérité d'assez bonnes choses sur la sorcel­lerie, qu'il regarde comme une maladie d'imagination : ce qui est vrai le plus sou­vent. On dit qu'il n'osait pas se moucher, parce qu'il était persuadé qu'il lui pendait un gigot de mouton au bout du nez. On ne le guérit de cette hallucination qu'en faisant semblant de couper le gigot avec un rasoir c'est du moins ce qui a été raconté.

 MALEFICE

Le maléfice est le fait de provoquer du mal par voie magique. Dans le langage courant, on parle plutôt de sorts ; dans la légende, plutôt de sortilèges ; en démonologie, plutôt de prestiges ; en folklore, plutôt de charmes, etc...

Adjectivement, le mot a donné la notion de maléfique, dont le sens est admissible lorsqu'il s'agit de magie, mais vide lorsqu'on l'applique à des faits d'ordre mental-rationnel.

 MAMMON

Démon dont le nom vient de l'araméen Mamura, richesse. C'est lui que Matthieu appelle le Démon de la Richesse et de l'Ini­quité. Il est aussi, et par cela même, le démon de l'avarice et c'est lui qui, pour pervertir les hommes, leur enseigna d'ouvrir la terre pour en posséder Ies trésors. Il s'agit d'une personnification d'un défaut aussi ancien que le sens de la propriété. Il faut mentionner à ce titre qu'on attribue quelquefois au veau d'or un sens symbolique analogue mais d'une façon tout à fait injus­tifiée. A noter enfin que dans ses sens dérivés (Mamuna et peut-être Mamunia des pays musulmans), l'idée de richesse n'est pas considérée péjorativement. Il serait donc juste de dire que le mythe de Mammon sous-entend tout le problème du bon et du mauvais usage de la richesse, problème que chaque peuple considère selon ses interdits personnels.

 MANCANAS

Imposteur qui, dans les lies Mariannes, s'attribuait le pouvoir de com­mander aux éléments, de rendre la santé aux malades, de changer les saisons et de procurer une récolte abondante ou d'heu­reuses pêches.

 MANCHE A BALAI

Quand les sorciers et les démons faisaient le sabbat, les sorcières s'y rendaient à cheval sur un manche à balai.

 MANDRAGORE

Voir dossier.

 MANE-RAJA

C'est le Noé de la mythologie indienne. Il fut sauvé au jour du déluge universel, en récompense des vertus qu'il avait seul pratiquées au milieu de la corruption de son temps. Un jour qu'il se baignait, Dieu se présenta à lui sous la forme d'un petit poisson, et lui dit de le prendre : Mâné l'ayant fait, et le voyant grossir dans sa main, le mit dans un vase où il grossit encore avec tant de promptitude, que le râja fut contraint de le porter dans un grand bassin, de là dans un étang, puis dans le Gange, et enfin dans la mer. Alors le poisson lui apprit que tous les hommes allaient être noyés dans les eaux du déluge, à l'exception de lui, Mâné. Il lui ordonna en conséquence de prendre une bârque qui se trouvait attachée au rivage, de l'amarrer à ses nageoires, et de se mettre dedans à sa remorque. Mâné ayant obéi, fut sauvé de la sorte, et le poisson disparut, quand les eaux se retirèrent. Le déluge in­dien dura sept jours.

 MANES

Dieux des morts, qui présidaient aux tombeaux chez les anciens; plus sou­vent encore les Mânes sont les âmes des morts. Le nom de Mânes en Italie était par­ticulièrement attribué aux génies bienfaisants et secourables. Les mânes pouvaient sortir des enfers, avec la permission de Sum­manus, leur souverain. Ovide rapporte que, dans une peste violente, on vit les Mânes se lever de leurs tombeaux et errer dans la ville et les champs en jetant des hurlements af­freux. Ces apparitions ne cessèrent avec la peste, suivant ce poète, que quand on eut rétabli les fêtes férales, instituées par Numa, et qu'on eut rendu aux ombres le culte or­dinaire qu'on avait depuis quelque temps interrompu.

Lorsque les Mânes étaient nommés Lému­res ou Rémures, on les regardait comme des génies irrités, malfaisants et ardents à nuire. Leloyer dit que les Mânes n'étaient que des démons noirs et hideux, comme les dia­bles et les ombres infernales.

 MANG-TAAR

Espèce d'enfer des Yakouts, habité par huit tribus d'esprits malfaisants ces esprits ont un chef, dont le nom est Acharaï Rioho, le puissant. Le bétail dont le poil est entièrement blanc est sacré pour les Yakouts, comme dévoué au grand Acharaï. Les Yakouts croient que dès que leurs chamans meurent, ils se réunissent à ces esprits. Ces chamans sont des sorciers ou prétendus tels, qui font auprès de leurs idoles l'office de prêtres.

 MANICHÉENS

Sectateurs de l'hérésiarque Manès, né dans la Perse en 240. Ils reconnaissaient deux principes également puissants, également éternels, Dieu , auteur du bien, et le diable, auteur du mal.

 MANITOU ou MATCHI-MANITOU

Le plus grand des esprits pour les Algonquins, In­diens du Nord, qui le nomment aussi « Kitski Manitou » ou « Grand Esprit ». Il est le père de la vie et ne fut jamais créé. Il est la source de tous les biens et c'est à lui que vont tous les honneurs de la fumée des calumets. Cet esprit a une puissance magique que les Indiens veulent par tous les moyens se rendre favorable. Il est figuré par un grand aigle blanc aux ailes étendues, habite le ciel, est maître de la lumière et se manifeste par le soleil. Son souffle pénètre partout sous la « forme des vents ». On lui donne aussi le nom « d'oiseau-tonnerre » qui de ses flèches de feu détruit toutes les choses nuisi­bles. Le bruissement de ses ailes est le roulement du tonnerre, ses yeux lan­cent des éclairs. C'est lui qui empêche la terre de se dessécher. La lune est sa soeur, l'Arc-en-Ciel, sa femme qui symbolise l'arche d'alliance avec le Manitou.

 MANTRANI

Formules utilisées dans la culture intérieure selon la méthode des Yogas. Les mantrams sont des combinaisons phonétiques dont la sonorité éveille par résonance certaines forces détenues par le psychisme et l'organisme du yogi. Par ce mécanisme, mais aussi en dehors de cette considération, le mantram est une formule magique, au vrai sens du mot.

 MANY

Faux prophète et peintre célèbre parmi les Orientaux, qui fonda en Perse une secte, dont l'existence des deux principes éternels du bien et du mal, la métempsycose, l’abstinence des viandes, la prohibition du meutre de tout animal, sont les dogmes principaux.

 MAORIDATH

Préservatif contre les enchantements. C'est le nom que les musulmans donnent aux deux derniers chapitres du Koran, qu'ils récitent souvent pour se garantir des sortilèges et de toutes autres mauvaises rencontres.

 MARAIS

Dans le Pallène, contrée du Sep­tentrion que nous ne connaissons pas, les conteurs anciens signalent un marais non moins ignoré, où ceux qui se baignaient neuf fois recevaient le plumage d'un cygne et la faculté de voler.

 MARC

L'hérésiarque Valentin eut entre autres disciples un nommé Marc, qui exer­çait une espèce de magnétisme par lequel il prétendait communiquer le don de prophétie. Quand une femme à qui il avait promis ce don lui disait: Mais je ne suis pas prophétesse, il faisait sur elle des invocations afin de l'étonner, et il ajoutait : Ouvre la bouche à présent et dis tout ce qui te viendra, tu prophétiseras. La pauvre femme se hasardait et se croyait prophétesse. Il donnait dans la cabale; et sans doute ses sectateurs te­naient de lui cette doctrine, que les vingt­quatre lettres del'alphabet sont vingt-quatre éons ou esprits qui dirigent toutes choses. On ajoute que dans ses prestiges, car il fai­sait aussi de la magie, il était secondé par le démon Azazel.

 MARC DE CAFE

Le marc de café répandu sur une assiette compose des dessins infiniment variés qui sont prétextes à voyance. On a donné de véritables codes pour l'interprétation de ces figures. C'est un non-sens : il est bien évident que l'extra-lucidité ne trouve là de support que dans la mesure où une même configuration peut être interprétée de mille manières. L'emploi du marc de café comme support de voyance a été plus répandu qu'il ne l'est, mais quelques diseuses de bonne aventure des milieux popu­laires s'en servent encore.

 MARCIONITES

Hérétiques du Ve siècle, qui avaient pour chef Marcion. Ils étaient dualistes et disaient que Dieu avait créé nos âmes, mais que le diable jaloux avait aussitôt créé nos corps, dans lesquels il avait emprisonné les dites âmes.

 MARDI

Si on rogne ses ongles les jours de la semaine qui ont un R, comme le mardi, le mercredi et le vendredi, les bonnes gens disent qu'il viendra des envies aux doigts.

 MARGARITOMANCIE

Divination par les perles. On en pose une auprès du feu, on la couvre d'un vase renversé, on l'enchante en récitant les noms de ceux qui sont suspects. Si quelque chose a été dérobé, au moment où le nom du larron est prononcé, la perle bondit en haut et perce le fond du vase pour sortir; c'est ainsi qu'on reconnaît le coupable.

 MARGUERITE

Princesse hollandaise qui vivait au XIII° siècle. Ayant refusé brutale­ment l'aumône à une pauvre femmeq ui avait plusieurs enfants, et lui ayant reproché sa fécondité, cette pauvresse lui prédit qu'elle­même aurait autant d'enfants qu'il y a de jours dans l'an. Elle accoucha en effet de trois cent soixante-cinq enfants, qui furent présentés au baptême, tous les garçons gros comme le doigt, avec le nom de Jean, et tou­tes les filles, aussi mignonnes, avec le nom de Marie, sur deux grands plats que l'on garde toujours à Loosduynen, près de La Haye, où cette histoire n'est pas mise en doute. Avec les deux plats bien conservés, on montre le tombeau des trois cent soixante­ cinq enfants, morts tous aussitôt après leur baptême.

 MARIONNETTES

On croyait autrefois que dans les marionnettes logeaient de petits démons.

 MARISSANE

Un jeune homme de quinze ou seize ans, nommé Christoval de la Garrade, fut enlevé, sans graisse ni onguent, par Marissane de Tartras, sorcière, laquelle le porta si loin et si haut à travers les airs, qu'il ne put reconnaître le lieu du sabbat; mais il avoua qu'il avait été bien étrillé, pour n'avoir pas voulu prendre part audit sabbat, et sa déposition fut une des preuves qui firent brûler la sorcière;

 MARIUS

Il menait avec lui une sorcière scythe qui lui pronostiquait le succès de ses entreprises.

 MARJOLAINE

Cette fleur symbolise le mariage ; elle était dédiée à Hymen qui perdit la vie le jour de son mariage. On représentait Hymen couronné de Marjolaines, tenant de la main droite un flambeau, de la gauche un voile jaune. On lit dans Pline que le voile des épousées était jaune. Dans la chanson populaire En passant par la Lorraine, on voit aussi le bouquet de marjolaines décider d'un hymen selon qu'il fleurira. Il s'agit de la fleur et non de la plante, distinction essentielle, comme le montre aussi la dénomination argotique de la virginité : « la fleur ».

 MARLE (THOMAS DE)

Comte d'Amiens et sire de Coucy, dont on peut lire les crimes dans les chroniques du règne de Louis le Gros. A sa mort, il revula sur ses forfaits et voulut se réconcilier avec Dieu. Mais comme il refusait de réparer une des plus sombres actions de sa vie, lorsqu'il se souleva pour recevoir la sainte communion,  qu'il avait demandée, Suger atteste qu'une main invisible lui tordit le cou.

 MAROT

Mahomet cite l'histoire des deux anges Arot et Marot., pour justifier la défense qu'il fait de boire du vin.

Dieu, dit-il, chargea Arot et Marot d'une commission sur la terre. Une jeune dame les invita à dîner, et ils trouvèrent le vin si bon qu'ils s'enivrèrent. Ils remarquèrent alors que leur hôtesse était belle, s'éprirent d'a­mour et se déclarèrent. Cette dame, qui était sage, répondit qu'elle ne les écouterait que quand ils lui auraient appris les mots dont ils se servaient pour monter au ciel. Dès qu'elle les sut, elle s'éleva jusqu'au trône de Dieu, qui la transforma, pour prix de sa vertu, en une étoile brillante (c'est l'étoile du matin), et qui condamna les deux anges ivrognes à demeurer jusqu'au jour du juge­ment suspendus par les pieds dans le puits de Babel, que les pèlerins musulmans vont visiter encore auprès de Bagdad.

 MAROTTE

Sceptre surmonté d'une tête à deux visages et orné de grelots. C'est un attribut de Momus et un emblème de la Folie. Il est hors de doute que cet objet est d'ordre magique. On retrouve dans les civilisations primitives des instruments absolument analogues entre Ies mains des sorciers.

 MARQUE DU DIABLE

On sait que les sorcières qui vont au sabbat sont marquées par le diable, et ont particulièrement un endroit insensible, que les juges ont fait quelquefois sonder avec de longues épingles. Lorsque les prévenues ne jettent aucun cri et ne laissent voir aucune souffrance, elles sont réputées sorcières et condamnées comme telles, parce que c'est une preuve évidente de leur transport au sabbat. Delancre ajoute que toutes celles qui ont passé par ses mains ont avoué toutes ces choses lorsqu'el­les furent jetées au feu. Bodin prétend que le diable ne marque point celles qui se donnent à lui volontairement et qu'il croit fidèles; mais Delancre réfute cette assertion, en di­sant que toutes les plus grandes sorcières qu'il a vues avaient une ou plusieurs marques, soit à l'oeil, soit ailleurs. Ces marques ont d'ordinaire la forme d'un petit croissant ou d'une griffe, ou d'une paire de cornes qui font la fourche.

 MARQUIS DE L'ENFER

Les marquis de l'enfer, comme Phoenix, Cimeriès, Andras, sont, ainsi que chez nous, un peu supérieurs aux comtes. On les évoque avec fruit (dans le sens diabolique), depuis trois heures du soir jusqu'à la chute du jour.

 MARS ( mois de )

Mois dédié au Dieu de la guerre. On sait que ce mois correspond analogiquement au passage du Soleil dans la constellation du Bélier, dont le gouverneur est Mars. Ce Dieu préside à l'agriculture (Bélier : germination, éclosion). Il protège les blés de la rouille (ce champignon para-site est rouge, couleur de Mars) et préside à la prospérité des troupeaux (par analogie avec le Bélier).

Le cycle des fêtes romaines confirme les différents sens du symbolisme d'Arès et Ariès en plaçant au mois de Mars les fêtes célèbres dédiées a Mars Gradirius (de Grandire : croître).

 MARS

Ce terme, qui désigne une planète, sert à définir analogiquement un processus et un pôle directeur de tout élément suivant ce processus. Le processus martien est carac­térisé par l'intensité brutale de son dynamisme, par son manque d'élégance contrastant avec la noblesse du courage, la lutte et l'opposition. Le Dieu Mars de la mythologie est un lutteur obstiné, brutal et victorieux par desti­nation, possédant peu d'esprit de finesse, généreux et brave, contrariant tout le monde. De tels éléments contribuent à faire appliquer la notion de processus martien à la rigidité agressive d'un sabre, au manque de souplesse diplomatique d'un dictateur militaire, d'un bélier obstiné ayant toujours les cornes en avant, d'un réquisitoire obtus, etc. En un mot, la notion Mars s'applique à tout ce qui est généreux, courageux, irascible et brutal.

Il y a, dans le détail, des correspondances consacrées. L'Astrologie a, par exemple, fixé les attributs classiques du symbole martien : chaleur, séche­resse, feu, masculinité, positivité, matérialité, symbolisme qui procède aussi de celui du Bélier et du Scorpion. Si l'on transpose à l'échelle de l'individu tout ce qui concerne le processus martien, on retrouve les  caractéristiques du type martien, tel que nous l'avons esquissé dans l'article consacré à la Typologie.

 MARS ( MONT DE  )

En chiromancie, on appelle de ce nom une éminence située vers le bord cubital de la main, entre le Mont de Mercure et le Mont de la Lune. Bombé (il l'est rarement), il indique un tempérament agressif, coléreux. Débordant le bord cubital de la paume, il est l'apanage des esprits matérialistes ; ne faisant, au contraire, aucune saillie sur le bord cubital, qu'il laisse plat, il indique un esprit logique. Lorsqu'il est remplacé par une dépression, c'est l'indice d'un tempérament chagrin.

 MARS ( PLEINE DE )

On appelle ainsi en chiromancie la partie centrale de la paume. Elle est limitée par les Monts. La Tradition prétend que les facultés actives sont d'autant plus développées que cette plaine est vaste. Mais comme elle prétend, d'autre part, que les diverses formes d'activité sont conditionnées par les Monts et leur étendue, on se trouve visiblement devant une absurdité. C'est bien plutôt par la texture de la plaine de Mars, par les signes qui s'y inscrivent et par les lignes qui la traversent, qu'on aura des précisions sur ce que, d'autre part, la chirologie indique à ce sujet. Elle est en rapport avec le domaine de l'activité, mais son interprétation est variable à l'infini.

 MARTIN

Un jour que saint Martin de Tours disait la messe, le diable entra dans l'église avec l'espoir de le distraire. C'est une naïve historiette de la Légende dorée; elle est représentée dans une église de Brest. Elle parut à Grosnet un trait si joli qu'il le mit en vers. Le diable était, selon cet ancien poëte, dans un coin de l'église, écrivant sur un parchemin les caquets des femmes et les propos inconvenants qu'on tenait à ses oreilles pendant les saints offices. Quand sa feuille fut remplie, comme il avait encore bien des notes à prendre, il mit le parche­min entre ses dents et le tira de toutes ses forces pour l'allonger ; mais la feuille se dé­chira, et la tête du diable alla frapper con­tre un pilier qui se trouvait derrière lui. Saint Martin, qui se retournait alors pour le Dominus vobiscum, se mit à rire de la gri­mace du diable, et perdit ainsi le mérite de sa messe, au jugement du moins de l'esprit malin, qui se hâta de fuir...

 MARTINISTES

La Société Martiniste, fondée par Papus (Dr Gérard Encausse), s'autorisait de la paternité spirituelle de Claude de Saint-Martin, dit « le Philosophe Inconnu ». Il semble qu'il faille séparer résolument les Martinistes, occultistes de valeur bien inégale, et les disciples de Claude de Saint-Martin. Ce dernier fut un ésotéri­que d'une exceptionnelle qualité. A travers les inadéquations involon­taires ou volontaires, imputables aux contingences de l'époque, ce philosophe a transmis un message de la plus haute valeur quant à l'Esprit.

 MASTIPHAL

C'est le nom qu'un donne au prince des démons, dans un livre apocryphe cité par Cédréaus et qui a pour titre : la Petite Genèse.

 MATIERE

C'est le culte de la matière qui a donné naissance à la Kabbale et à toutes les sciences occultes.

 MATIGNON (JACQUES GOYON DE)

Gentil­homme, qui servit Henri III et Henri IV. Ses envieux, apparemment pour le décrier, diaient que l'esprit, l'habileté, la prudence, le courage, n'étaient point naturellement en lui, mais qu'ils lui venaient d'un pacte qu'il avait fait avec le diable. Il fallait que ce dia­ble fût une bonne créature, dit Saint-Foix, puisque Matignon donna, dans toutes les occasions, des marques d'un caractère plein de douceur et d'humanité

 MATZOU

Divinité chinoise. C'était, suivant quelques auteurs, une magicienne.

 MAZDEISME

Religion fondée par Zoroastre et dont les prêtres étaient les Mages. La tradition kabbalistique identifie Zoroastre (ou Zarathoustra) à Cham, frère de Sem et Japhet, fils de Noé.

 MÉDIE

On trouvait, dit-on, chez les Mèdes, des pierres merveilleuses, noires ou vertes, qui rendaient la vue aux aveugles et guérissaient la goutte, appliquées sur le mal dans une compresse de lait de bre­bis.

 MEDIUM

Dans l'Antiquité, toutes les civilisations ont eu leurs médiums ; mais le plus souvent, c'était non pas l'esprit, mais un démon qui s'exprimait par leur bouche. Le Thibet, terre d'élection de la culture psychique, a ses médiums hommes et femmes (pao et pamo) qui évoquent les morts. Mais l'évocation n'a pas lieu dans le noir, le calme ni le silence. La séance se passe au contraire en plein air et au milieu d'une agitation folle. Le médium se démène, danse, tremble convulsivement, chante les messages des morts, etc... Dans la conception occidentale et contemporaine que nous avons du médium, au contraire, il s'agit d'une personne pondérée et atten­tive à la voix intérieure. Mais et cette comparaison le montre cela n'a rien à faire avec ce qui caractérise précisément la médiumnité.

On appelle médium, au sens large, toute personne capable de percevoir, autrement que par les sons, des éléments de connaissance présentant par ailleurs tous les caractères d'une connaissance d'objets ou d'idées réels. Par exemple, on appelle médium la personne qui pourra, sans intervention de sa vue, lire un texte placé dans une pièce contiguë à celle qu'elle occupe. Les facultés médiumniques sont donc apparentées aux dons de voyance. Dans un sens plus restreint, et d'ailleurs plus conforme à l'étymologie, les spirites appellent médium une personne servant d'intermédiaire entre un « esprit » ayant un message à formuler, et l'auditoire. La métapsychique semble accorder à la chose le sens plus neutre et d'application plus générale de personne pouvant, par ses facultés spéciales, servir de révélateur-détecteur pour tout ce qui ne ressortit pas à la connaissance normale par la sensation. En fin de compte, il faut considérer la médiumnité comme une forme particulière de voyance, forme dans laquelle le sujet ajoute souvent la faculté de capter et de révéler des messages de source expérimentalement et objectivement inconnue.

Par exemple, tel médium peut dire, en touchant mon stylographe, qui je suis, qui je vois, ce que je fais quotidiennement. Ses dons de voyance sont alors analogues à ceux du psychomètre. Il peut, dans une autre expé­rience, me dire ce que fait mon père au moment même. Il peut enfin, dans un troisième type d'expérience, capter pour moi un message, qu'il dit tenir d'un esprit, ou d'un mort, ou d'un démon, ou d'un Dieu, et me dire des choses sur lesquelles je n'ai aucune idée, et qui se révèlent justes à la vérification.

L'état de médiumnité n'est pas caractérisé par le fait de fermer les yeux et de prendre un air inspiré puisque certains médiums s'agitent et gesti­culent. Il n'est pas non plus caractérisé par l'état de transe, puisque les médiums les plus sérieux opèrent sans préparation et tout en parlant avec l'entourage. Pour certains, l'état de transe est indispensable ; mais beaucoup baptisent de ce nom un état qui est de simple retrait (au sens où l'on entend ce mot dans le vocabulaire des écoles de culture intérieure) ou même quelquefois de simple relaxation. La nature du phénomène est définis-sable comme la voyance; elle ne met la personnalité en jeu que pour une très faible part, et se montre tout à fait indépendante de la culture comme de l'évolution spirituelle (le plus souvent assez précaires l'une et l'autre). Le mode de traduction-révélation varie avec les sujets : certains dessinent sous dictée. Le mode de captation varie également : la plupart des médiums entendent, d'autres voient. Mais tous restent d'accord du fait qu'ils n'entendent pas « comme si c'était par les oreilles » et ne voient pas « comme si c'était avec les yeux ». A la limite, on voit aussi des hallucinés médiums, qui perçoivent réellement des images superposées à la réalité. C'est au méca­nisme et à la structure du voyant qu'il faut se référer pour comprendre les caractéristiques de la médiumnité.

 MEDUSE

Reine des Gorgones qui refusa de rendre la statue de Minerve, statue haute de quatre coudées qui, dans la mer, faisait partie du trésor des Gorgones. Elle fut tuée pendant son sommeil par Persée dont Athéna conduisit le bras. La déesse recueillit le sang de la victime et en fit don à Asklépios ; celui qui provenait de la veine gauche entraînait la mort, celui qui provenait de la veine droite rendait la vie. Poséidon, sous la forme d'un cheval, parvint à séduire Méduse dans le temple même d'Athéna qui, irritée de cette profanation, changea les cheveux de Méduse en serpents. On raconte que du sang qui s'écoula de la tête de Méduse naquirent Chry, saor et le cheval Pégase.

Méduse et ses soeurs, Sthéno et Eurale, avaient pour dents des défen­ses de sanglier, leurs mains étaient d'airain, des ailes d'or étaient attachées à leurs épaules et quiconque osait les regarder en face était pétrifié. Seule Méduse était mortelle.

 MEERMAN

Homme de mer. Les habitants des bords de la mer Baltique croient à l'existence de ces hommes de mer ou esprits des eaux, qui ont la barbe verte et les che­veux tombant sur les épaules comme des tiges de nénuphar. Ils chantent le soir parmi les vagues, appelant les pêcheurs. Mais malheur, à qui se laisse séduire par eux; leur chant précède les tempêtes.

 MÉGALANTHROPOGÉNÉSIE

Moyen d'avoir de beaux enfants et des enfants d'esprit.

On sait quels sont les effets de l'imagina­lion sur les esprits qui s'y laissent empor­ter; ces effets sont surtout remarquables dans les femmes enceintes, puisque souvent l'enfant qu'elles portent dans leur sein est marqué de quelqu'un des objets dont l'imagination de la mère à été fortement occupée pendant sa grossesse. Quand Jacob voulut avoir des moutons de diverses couleurs, il présenta aux yeux des brebis des choses bi­garrées, qui les frappèrent assez pour amener le résultat qu'il en espérait. L'effet que l'imagination d'une brebis a pu produire doit agir plus sûrement encore sur l'imagi­nation incomparablement plus vive d'une femme. Aussi voyons-nous bien plus de variété dans les enfants des hommes que dans les petits des animaux. On a vu des femmes mettre au monde des enfants noirs et velus; et lorsque l'on a cherché la cause de ces ef­fets, on a découvert que, pendant sa gros­sesse, la femme avait l'esprit occupé de quel­que tableau monstrueux. Les statues de marbre et d'albâtre sont quelquefois dangereu­ses. Une jeune épouse admira une petite statue de l'amour en marbre blanc. Cet Amour était si gracieux, qu'elle en demeura frappée ; elle conserva plusieurs jours les mêmes impressions, et accoucha d'un en­fant plein de grâces, parfaitement semblable à l'amour de marbre, mais pâle et blanc comme lui. Torquemada rapporte qu'une Italienne des environs de Florence, s'étant frappé l'esprit d'une image de Moïse, mit au monde un fils qui avait une longue barbe blanche. On peut se rappeler, sur le même sujet, une foule d'anecdotes non moins singulières ; peut-être quelques-unes sont-elles exagérées.

En 1802, une paysanne enceinte, arrivant à Paris pour la première fois, fut menée au spectacle par une soeur qu'elle avait dans la capitale. Un acteur qui jouait le rôle d'un niais la frappa si fortement, que son fils fut idiot, stupide et semblable au personnage forcé que la mère avait vu avec trop d'attention.

Puisque l'imagination des femmes est si puissante sur leur fruit, c'est de cette puis­sance qu'il faut profiter, disent les profes­seurs de mégalanthropogénésie. Ornez la chambre des femmes de belles peintures du­rant toute la grossesse, n'occupez leurs regards que de beaux anges et de sujets gra­cieux ; évitez de les conduire aux spectacles de monstres, etc. A Paris, où les salons de peinture occupent les dames, les enfants sont plus jolis que dans les villages, où l'on voit rarement des choses qui puissent don­ner une idée de la beauté. Chez les Cosaques, où tout est grossier, tous !es enfants sont hideux comme leurs pères. Pour obtenir des enfants d'esprit , il n'est pas nécessaire que les parents en aient, mais qu'ils en désirent, qu'ils admirent ceux qui en ont, qu'ils lisent de bons livres, que la mère se frappe des avantages que donnent l'esprit , la science, le génie; qu'on parle souvent de ces choses , qu'on s'occupe peu de sottises.

On a publié il y a quelques années un traité de légalanlhropogénésie qui est un peu oublié , et qui mérite de l'être davantage, 2 vol. in-8°.

 MEHDI

Les journaux d'avril 1841 annonçaient l'apparition en Arabie d'un nouveau prophète appelé Mehdi. « Ceux qui croient en lui (disaient ces journaux), et ils sont nombreux, comptent la nouvelle ère maho­métane du jour de son apparition. Ils disent qu'il entrera à la Mecque dans sa quaran­tième année, que de là il ira à Jérusalem et régnera avec puissance et grandeur jusqu'à ce que Dedschail, le démon du mal, se soit levé contre lui et l'ait vaincu. Alors Jésus, le prophète des chrétiens, viendra à son se­cours avec soixante-dix mille anges. Toute la terre reconnaîtra Mehdi, et après la con­version des païens, des juifs et des chré­tiens à l'islamisme, commencera l'empire des mille et mille années. Ce prophète a fait battre des monnaies, sur lesquelles il s'intitule Iman des deux continents et des deux mers. » Toutefois, on ne parla de ce Mehdi qu'un moment. C'était ce qu'on appelle un canard de journal; et voici l'origine de celui-là Les persans disent qu'il y a eu douze grands imans ou guides. Ali fut le premier; ses successeurs furent les enfants qu'il eut de Fatimé, sa glorieuse épouse, fille de Maho­met. Le dernier a été retiré par Dieu de ce monde corrompu ; et les hommes sont res­tés sans iman visible. Il s'appelle le Mehdi, c'est-à-dire celui qui est conduit et dirigé par Dieu. Il doit reparaître sur la terre à la fin du monde.

 MÉLAMPUS

Auteur d'un Traité de l'art de juger les inclinations et le sort futur des hommes par l'inspection des seings ou grains de beauté.

 MÉLANCHTHON

Disciple de Luther, mort en 1568. Il croyait aux revenants comme son maître, et ne croyait pas à l'eglise. Il rapporte, dans un de ses écrits, que sa tante ayant perdu son mari lorsqu'elle était en­ceinte et près de son terme, vit un soir, étant assise auprès de son feu, deux per­sonnes entrer dans sa chambre, l'une avant la figure de son époux défunt, l'autre celle d'un franciscain de la ville. D'abord elle en fui effrayée ; mais son défunt mari la ras­sura, et lui dit qu'il avait quelque chose d'important à lui communiquer. Ensuite il fit signe au franciscain de passer un moment dans la pièce voisine, en attendant qu'il eût fait connaître ses volontés à sa femme ; alors il la pria de lui faire dire des messes, et l'engagea à lui donner la main sans crainte; elle donna donc la main à son mari, et elle la retira sans douleur, mais brûlée, de sorte qu'elle en demeura noire tout le reste de ses jours. Après cela, le spectre rappela le fran­ciscain, et tous deux disparurent....

 MÉLANCOLIE

Les anciens appelaient la mélancolie le bain du diable, à ce que di­sent quelques démonomanes. Les personnes mélancoliques étaient au moins maléficiées, quand elles n'étaient pas démoniaques; et les choses qui dissipaient l'humeur mélancolique, comme faisait la musique sur l'esprit de Saül, passaient pour des moyens sûrs de soulager les possédés.

 MELCHISÉDECH

Plusieurs sectes d'hérétiques, qu'on appela melchisédéchiens, tombèrent dans de singulières erreurs à propos de ce patriarche. Les uns crurent qu'il n était pas un homme, mais la grande vertu de Dieu, et supérieur à Jésus-Christ; les autres dirent qu'il était le Saint-Esprit. Il y en eut qui soutinrent qu'il était Jésus-Christ même. Une de ces sectes avait soin de ne toucher personne, de peur de se souiller.

 MELENIS

Nom donné à Vénus, qu'on appelait aussi la Noire ou la Nocturne. En réalité, cette indication fournie par les dictionnaires my­thologiques est fausse : il ne s'agit pas de la même Vénus, mais de sa forme à la fois déchue et féconde : Lilith (voir VENUS NOIRE).

 MELYE

Il y avait, chez les fées comme chez les hommes, une inégalité de moyens et de puissance. On voit dans les romans de chevalerie et dans les contes merveilleux, que souvent une fée bienfaisance était gênée dans ses bonnes intentions par une mé­chante fée dont le pouvoir était plus étendu.

La célèbre fée Urgande , qui protégeait si généreusement Amadis, avait donné au jeune Esplandian, fils de ce héros, une épée enchantée, qui devait rompre tous les charmes. Un jour qu'Esplandian et les cheva­liers chrétiens se battaient en Galatie, aidés de la fée Urgande, ils aperçurent la fée Mélye, leur ennemie implacable, sous la figure la plus hideuse. Elle était assise à la pointe d'un rocher, d'où elle protégeait les armes des Sarrasins. Esplandian courut à elle pour purger la terre de cette furie (car, bien qu'immortelles de leur nature, jusqu'au jugement dernier, les fées n'étaient pas à l'épreuve d'un bon coup d'épée, et pouvaient, comme d'autres, recevoir la mort, pourvu qu'elle fût violente). Mélye évita le coup en changeant de place avec la plus grande agilité; et comme elle se vit pressée, elle parut s'abîmer dans un antre qui vomit aussitôt des flammes. Urgande reconnut Mélye au portrait que les chevaliers lui en firent ; elle voulut la voir ; elle conduisit donc Esplan­dian et quelques chevaliers dans une prairie, au bout de laquelle ils trouvèrent Mélye assise sur ses talons et absorbée dans une profonde rêverie. Cette fée possédait un livre magique dont Urgande désirait depuis long­temps la possession. Mélye, apercevant Urgande, composa son visage, accueillit la fée, sa rivale, avec aménité, et la fit entrer dans sa grotte. Mais à peine y avait-elle pénétré que, s'élançant sur elle, la méchante fée la renversa par terre, en lui serrant la gorge avec violence. Les chevaliers, les entendant se débattre, entrèrent dans la grotte : le pouvoir des enchantements les fit tomber salis connaissance ; le seul Esplandian, que son épée charmée garantissait de tous les piéges magiques, courut sur Mélye et retira Urgande de ses mains. Au même instant Mélye prit celui de ses livres qui portait le nom de Médée, et forma une conjuration ; le ciel s'obscurcit aussitôt : il sortit d'un nuage noir un chariot attelé de deux dragons qui vomissaient des flammes. Enlevant lestement Urgande, Mélye la plaça dans le chariot et disparut avec elle. Elle l'emmena dans Thésyphante et l'enferma dans une grosse tour d'où Esplandian parvint à la tirer quelque temps après.

 MENAH

C'est une vallée mystérieuse à quatre lieues de la Mecque. Les pèlerins qui la parcourent doivent y jeter sept pierres par­dessus leur épaule. On en trouve trois rai­sons chez les docteurs musulmans : c'est, selon les uns, pour renoncer au diable et le rejeter, à l'imitation d'Ismaël, qu'il voulut tenter au moment où son père A braham al­lait le sacrifier (car ils confondent Ismaël avec Isaac).Ismaël, disent-ils, fit fuir le démon en lui jetant des pierres.

Mais d'autres docteurs disent que le dia­ble tenta Abraham lui-même, voulant l'empêcher d'égorger Ismaël. Il ne put rien ga­gner, ni sur le patriarche, ni sur: Ismaël, ni même sur Agar : ces trois personnages l'éloignèrent à coups de pierres. Le troisième sentiment diffère: cette cérémonie aurait lieu en mémoire des pierres qu'Adam jeta vu diable lorsqu'il vint l'aborder effrontément après lui avoir fait commettre le péché originel.

 MENANDRE

Disciple de Simon le Magi­cien ; il profila des leçons de son maître, et enseigna la même doctrine que lui. Il professait la magie. Simon se faisait appeler la grande vertu. Ménandre dit que, quant à lui, il était envoyé sur la terre par les puissan­ces invisibles pour opérer le salut des hom­mes. Ainsi Ménandre et Simon doivent être mis au nombre des faux messies plutôt qu'au rang des hérétiques. L'un et l'autre enseignaient que la suprême intelligence, qu.'ils nommaient Ennoïa, avait donné l'être à un grand nombre de génies qui avaient formé le monde et la race des hommes. Valentin, qui vint plus tard, trouva là ses éons . Ménandre donnait un baptême qui devait rendre immortel

 MENESTRIER (CLAUDE-FRANÇOIS)

Jésuite, auteur d'un livre intitulé : La Philosophie des Images énigmatiques,où il traite des énig­mes,hiéroglyphes, oracles, prophéties, sorts, ditinations, loteries, talismans, songes, centuries de Nostradamus et baguette divinatoire, in-12, Lyon, 1694.

 MENEURS DE LOUPS

Près du château de Lusignan, ancienne demeure de Mélusine, on rencontre de vieux bergers, maigres et hideux comme des spectres : on dit qu'ils mènent des troupeaux de loups. Cette superstition est encore accréditée dans quelques pays, entre autres dans le Nivernais.

 MENS

Divinité qui était adorée dans la Rome antique comme l'Ame générale du monde. Ce panthéisme se doublait d'un culte superstitieux.

 MERCIER

Auteur d'un Tableau de Paris, qui a fait quelque bruit, et de Songes philosophiques, où l'on trouve deux ou trois songes qui roulent sur les vampires et les revenants.

 MERCURE

Ce terme, qui désigne une planète, définit analogiquement un processus et un pôle directeur de tout élément suivant ce processus.

Le processus mercurien est caractérisé par une mobilité extrême, un polymorphisme étonnant, une souplesse d'adaptation, une finesse et une rapidité caractéristiques. Le Dieu Mercure de la mythologie relève du processus mercurien en ce qu'il est l'intermédiaire rapide (ailé), il est l'agent transmetteur et opérateur adroit, fin dans son aspect comme dans son esprit. Au symbole mercurien s'attache aussi l'idée d'ingéniosité et d'hermaphroditisme. Tous ces attributs contribuent à faire considérer que la notion de processus mercurien s'applique par exemple au geste rapide et précis du prestidigitateur ou du tricheur, à la ligne sinueuse et preste d'une spire, à la mobilité et à l'insaisissabilité du mercure-métal, à la profession de comédien, au modelé mi-masculin mi-féminin d'une bouche au tracé sinueux et à l'expression habile. En un mot, le mythe mercurien caractérise tout ce qui se déplace, met en rapports, échappe, s'adapte à tout, s'infiltre partout.

Il y a, dans le détail, des correspondances consacrées. L'Astrologie a, par exemple, fixé les attributs classiques du symbole mercurien qui parti­cipe aussi de celui des Gémeaux et de la Vierge. Si l'on transpose à l'échelle de l'individu tout ce qui concerne le processus mercurien, on retrouve les caractéristiques du type mercurien, tel que nous l'avons esquissé dans l'article consacré à la Typologie.

 MERCURE ( MONT DE )

En chiromancie, on appelle de ce nom l'éminence située à la racine de l'auriculaire. Large et bombé, il indique une aisance dans les rapports sociaux. Etroit ou plat, il indique un comportement étriqué. Strié de lignes longitudinales multiples, il est, selon la Tradition, l'indice d'une richesse tardive — ce que l'expérience ne permet pas de vérifier. Traversé par la fin de la ligne d'intuition et la fin de la ligne mercurienne, il indique plutôt une élévation d'esprit.

 MERCURIENNE ( LIGNE )

(ou Ligne d'Intuition). Elle prend naissance vers le dernier tiers de la Ligne de Vie et se dirige vers l'auriculaire. Sa signification est indiquée par son nom même.

 MERCREDI

Ce jour est celui où les sorciers jouent au sabbat leurs mystères et chantent leurs litanies.

Les Persans regardent le mercredi comme un jour blanc, c'est-à-dire heureux, parce que la lumière fut créée ce jour-là; pourtant ils exceptent le dernier mercredi du mois de séphar, qui répond à février; ils appellent celui-là le mercredi du malheur; c'est le plus redauté de leurs jours noirs.

 MERLE

Oiseau commun, dont la vertu est admirable. Si l'on pend les plumes de son aile droite avec un fil rouge au milieu d'une maison où l'on n'aura pas encore ha­bité, personne n'y pourra sommeiller tant qu'elles y seront pendues. Si l'on met son coeur sous la tête d'une personne endormie et qu'on l'interroge, elle dira tout haut ce qu'elle aura fait dans la journée. Si on le jet­te dans l'eau de puits, avec le sang d'une huppe, et qu'on frotte de ce mélange les tempes de quelqu'un, il tombera malade et en danger de mort. On se sert de ces secrets sous une planète favorable et propre, comme celles de Jupiter et de Vénus, et, quand on veut faire du mal, celles de Saturne et de Mars. Le diable s'est quelquefois montré sous la forme de cet oiseau. On sait aussi qu'il y a des merles blancs.

 MESMERISME

Doctrine et pratique d'un médecin allemand qui eut à Paris, de 1778 à 1785, une renommée extraordinaire. Installé dans un local mal éclairé et relativement exigu, il réunissait un grand nombre de personnes autour d'un baquet d'où sortaient des tiges métalliques que les assistants tenaient à la main. Par ce procédé ou plus directement, par passes, il conférait un fluide qui guérissait, et avait par ailleurs des effets surprenants : crises convulsives, catalepsies, etc. Ce fluide était le magnétisme animal, dérivé du magnétisme minéral des astres. Des commissions médicales nommées par le Gouvernement finirent par expulser Mesmer de France.

Cette expulsion est doublement déshonorante pour la Science et pour la France, car le magnétisme a, depuis lors, été officiellement reconnu. I1 faut dire à la charge des experts que les résultats étaient évidents et faciles à constater, mais à la décharge du Gouvernement que Mesmer avait involon­tairement soulevé des troubles, des polémiques et des scandales qui exigeaient une décision ; ce qui ne l'empêche pas d'avoir été un grand précurseur.

 MESSAGE SUR LE VENT

Nom donné par les Thibétains aux communications télépathiques qui sont de pratique relativement cou­rante parmi les initiés.

 MESSE NOIRE

Culte rendu à Satan, parodiant la Messe. Elle se célébrait particulièrement au Moyen Age devant un autel surmonté d'un crucifix orné d'un Christ obscène, ou remplacé par un bouc ; les cierges. étaient de cire noire, les hosties étaient également noires, souvent l'autel était orné de coupes contenant du sang figé, soit de la graisse humaine, soit des serpents entrelacés. Parfois une femme nue servait d'autel et la messe noire se célébrait sur son ventre. L'assistance était composée d'individus di vers, pactisant avec le diable, et de servants nus sous des soutanes ou cha­subles brodées de symboles sataniques. Au moment de l'Offertoire qui s'ac­compagnait de fumées d'encensoirs contenant des parfums divers, l'assistance était plongée dans une frénésie allant jusqu'au délire, qui s'achevait dans des luxures éperdues et souvent convulsives.

On sait que la pratique des messes noires n'a pas cessé, et qu'il s'en dit encore à Paris. Pour comprendre l'esprit qui les anime, il faut faire la part de la curiosité des uns, du goût pervers du sacrilège des autres et de toute une série de particularités psychiatriques de notre temps.

Cette signification, Grillot de Givry la propose sous la forme d'une explication génétique conforme, lorsqu'il parle de la sorcellerie en général: le Moyen Age, tenu dans l'épouvante par l'omniprésence de Satan, ne pouvait trouver d'exutoire à son angoisse que dans la dévotion à ce même Satan qui semblait en fin de compte bien plus puissant que Dieu. Dieu avait pour ministres des hommes, la sorcellerie aurait pour prêtresses des femmes, etc...

La Messe noire correspond à un processus libératoire, et dans la mesure où le péché de la chair se trouvait au centre des préoccupations chrétiennes, la débauche de la chair devait faire le fond du culte à Satan. Autrement dit,la Messe noire est, avec le Sabbat, la revanche de Vénus et de Bacchus. Il n'y a pas de civilisation qui puisse tenir en équilibre si tous les attributs de la nature humaine ne s'y trouvent à tour de rôle glorifiés et libérés. A chaque fois que le déséquilibre se produit, l'inconscient collectif réagit dans le symbolisme même des forces oppressives, et en en choisissant la contre-partie.

Cela posé, la Messe noire d'aujourd'hui continue à être, de la part de ceux qui s'y livrent en convaincus, une liquidation de l'interdit majeur chré­tien à l'usage de ceux qui, croyant se dégager de l'Eglise, continuent à en porter le poids avec maladresse. Le culte à Satan, loin d'être une preuve de libération, témoigne d'un asservissement angoissé, alors que les plus libérés sont précisément les catholiques à esprit large. Ayant une signification liée purement et simplement à des angoisses individuelles, la Messe noire déçoit nécessairement celui qui y assiste en curieux. On peut dire, sans grande chance de se tromper, que les Messes noires, après avoir fait couler beaucoup plus d'encre qu'elles ne le méritaient, vont disparaître sous peu et définitivement.

 METAGNOMIE

Fait de connaître au-delà et en dehors du cadre des sensibilités habituelles. Ce fait est du domaine de la métapsychique qui l'étudie scientifiquement.

 METAPSYCHIQUE

La métapsychique est une partie de la psychologie spécialement consacrée à l'étude des faits dits psychiques : lévi­tation, télépsychie, métagnomie, etc... Jusqu'ici constituée en discipline isolée, cette science attend depuis un demi-siècle que les psychologues officiels veuillent bien la reconnaître. C'est déjà chose faite dans quelques pays, et notamment dans quelques universités américaines. Il est impossible de déve­lopper ici ce qui concerne la métapsychique en tant que science et nous ren­voyons le lecteur aux articles consacrés à la télépsychie, à la télépathie, etc... Disons seulement que cette science, née des efforts louables des esprits les plus scientifiques de la fin du siècle dernier et du début de celui-ci, a dû d'abord lutter contre les excès des psychistes issus de l'Ecole de Charcot, et contre les sottises attendrissantes des spirites. Elle souffre pour le moment de ce qu'on a jeté le discrédit à la fois sur toutes les recherches psychiques. Elle souffre aussi de ce que de pseudo-savants se sont infiltrés dans les rangs de ses chercheurs. Elle souffre de ce que de médiocres romanciers ont exploité son domaine et que cela a contribué à faire rejeter ce domaine dans la légende. Elle souffre surtout et enfin de ce que les interdits judéo-chré­tiens et les rémanences rationalistes mettent l'homme dans la plus cruelle angoisse devant la mort. Mieux, il s'agit, pour beaucoup d'autorités puissantes de ce monde, de renforcer cette panique, seul et dernier levier grâce auquel on puisse encore manoeuvrer une part importante de l'humanité. Mais la métapsychique vaincra finalement les peurs, les désirs de ne rien savoir, le besoin d'ignorer que nous sommes déterminés et la mauvaise foi, parce que la Nature, en fin de compte, se désocculte toujours et a toujours raison.

 METEMPSYCHOSE

Théorie selon laquelle les êtres passent par une succession de vies terrestres comportant notamment des passages par des vies animales. Cette croyance est commune dans tout l'Orient. Le jeu des incarnations est réglé soit par le Karma, soit par le hasard. Dans la première hypothèse, les âmes choisissent ou sont orien­tées vers une existence qui leur permette les épreuves nécessaires à leur purification progressive, ou encore en punition ou en récompense des actions commises au cours des vies précédentes. Selon la seconde hypothèse, le hasard décide dans la mesure où une âme en mal de réincarnation saisit l'occasion d'un coït quelconque, animal ou humain. Des légendes thibétaines notamment racontent comment un sage veut violer une fille, qui s'enfuit et raconte le fait à sa mère. Celle-ci, surprise, pense que ce n'est pas dans les habitudes du saint homme et qu'il doit avoir ses raisons. Elle renvoie sa fille près de lui. Le sage lui dit alors : « Trop tard. Je voulais donner une occasion de se réincarner à une âme qui le méritait. Pendant ton absence, les deux ânes qui sont dans ce champ se sont chargés de la besogne. Retourne chez toi. » Plus logique, mais aussi déconcertante est la thèse des spirites-littérateurs selon laquelle les êtres humains risquent de se réincarner à titre de punition, dans le corps de l'animal présentant les défauts qu'ils ont eus pendant leur vie. Ainsi, les gloutons et gourmands seraient respective-ment voués à être des porcs ou des pigeons, les luxurieux à être chiens, etc..,

Il est inutile d'approfondir le problème de la métempsychose, qui ne se pose vraisemblablement pas. La métempsychose est un des modes de pro­jection comme un autre, aussi bien qu'un autre. Comme les autres, il a une valeur transcendantale et cela supprime donc toute question quant à ce qui se passe pendant le cycle nocturne des existences.

 METOPOSCOPIE

Science imaginée par Jérome Cardan et qui se propose d'interpréter en termes de caractères et de destin les dessins que font les lignes et rides du front. Cette recherche est aujourd'hui incluse dans la physiognomonie. Mais cette science a délaissé, à juste-titre semble-t-il, les vues un peu théoriques et gratuites de Cardan. Ce dernier avait, en effet, schématisé à l'excès la symptomatologie métoposcopique en décrivant « le front du buveur », « le front de la femme débauchée », etc... En outre, il avait un peu forcé le symbolisme planétaire en attribuant à telle configuration une valeur vénusienne, à tel accident ou à tel emplacement une signification saturnienne, etc... Si ses vues avaient été plus objec­tives, elles seraient précieuses, car les lignes du front n'ont guère été étudiées depuis la tentative  du moins très profondément et très systémati­quement.

 MILAN

Cet oiseau est le symbole de l'envie ; il larde ses petits de coups de bec aux côtés pour les empêcher de manger.

 MILON

Athlète grec, dont on a beaucoup vanté la force prodigieuse. Galien, Mercu­rialis et d'autres disent qu'il se tenait si ferme sur une planche huilée, que trois hommes ne pouvaient la lui faire abandonner; Athénée ajoute qu'aux jeux olympi­ques il porta longtemps sur ses épaules un boeuf de quatre ans, qu'il mangea le même jour tout entier; fait aussi vrai que le trait de Gargantua, lequel avala six pèlerins dans une bouchée de salade.

 MIMER

En face de Kullan, on aperçoit une colline couverte de verdure, qu'on appelle la colline d'Odin. C'est là, dit-on, que ce dieu scandinave a été enterré. Mais on n'y voit que le tombeau du conseiller d'état Schimmeimann, qui était un homme fort paisible, très-peu soucieux, je crois, de monter au Valhalla et de boire le miced avec les valkyries. Cependant une enceinte d'arbres protége l'endroit où les restes du dieu suprême ont été déposés ; une source d'eau limpide y coule avec un doux murmure. Les jeunes filles des environs, qui connaissent leur mythologie, disent que c'est la vraie source de la sagesse, la source de Mimer, pour laquelle Odin sacrifia un de ses yeux. Dans les beaux jours d'été, elles y viennent boire.

 MINEURS (Démons)

Il y a de malins es­prits qui, sous les formes de satyres, de boucs et de chèvres, vont tourmenter les mineurs; on dit qu'ils apparaissent souvent aux mines métalliques et battent ceux qui tirent les métaux. Cependant ces démons ne sont pas tous mauvais, puisqu'on en cite qui, au contraire, aident les ouvriers. Olaüs Magnus dit que ces derniers se laissent voir sous la forme de nains, grands d'un demi-mètre; qu'ils aident à scier les pierres, à creuser la terre ; mais que malgré cela ils ont toujours une tendance aux tours mali­cieux, et que les malheureux mineurs sont souvent victimes de leurs mauvais traite­ments. Au reste on a distingué six sortes d'esprits qui fréquentent les mines et sent plus ou moins inechants. Quelques-uns di-sent qu'ils en ont vu dans les usines d'Alle­magne, pays où les démons semblent assez se complaire, et que ces malins esprits ne laissaient aucun repos aux travailleurs, tel­lement qu'ils étaient contraints d'abandonner le métier. Entre autres exemples qu'ils donnent de la malignité de cette engeance infernale, nous ne signalerons qu'un démon mineur qui tua douze artisans à la fois: ce qui fit délaisser une mine d'argent très-productive.

 MINUIT

C'est à cette heure-là que se fait généralement le sabbat des sorciers, et que les spectres et les démons apparaissent. Ce­pendanat le diable n'aime pas uniquement l'heure de minuit, car il peut tenir sabbat à midi, comme l'ont avoué plusieurs sorciè­res, telles que Jeannette d'Abadie et Cathe­rine de Naguille

 MISETRA

Voir BREUVAGE DE HAINE.

 MOINE BOURRU ( LE )

Fantôme imaginaire dont se servaient les nourrices parisiennes pour épouvanter les enfants indociles jusqu'au siècle dernier. Il s'agit de Léonard (voir SABBAT).

 MOLYBDOMANCIE

Cette divination consistait à tirer des présages des dessins formés par du plomb fondu versé sur une table mouillée. On étudiait aussi les formes et la distance qui séparait de petites figures de plomb, formées par des gouttes de plomb fondu, jetées une à une dans un récipient plein d'eau.

 MONSTRES

L'antiquité avait fait place dans sa mythologie à de nombreux personnages monstrueux : Andromède, Cadmus, Chimère, Circé, Egeste, Egide, Glaucus, Harpies, Hésione, Phèdre, Sirènes, qui étaient plus ,ou moins des projections des problèmes humains des complexes humains clans ce qu'ils peuvent avoir de monstrueux. Parce qu'ils sont projection, ils ont de la part des hommes droit à une sorte de tolérance reconnaissante, sinon amicale. Il en va tout autrement des monstres qui naissent naturelle-ment parmi les hommes, car ceux-là dérangent l'ordre naturel et ne peuvent être interprétés que comme des signes.

D'une façon générale, les croyances populaires ont attribué la nais­sance des monstres à la fécondation de succubes ou par des incubes, mais ont en général admis que la femme ait pu être trompée de bonne foi sur la qualité de son partenaire. Par contre, ce que l'inconscient tolère dans la légende est l'objet de sa réprobation dans les faits ou supposés tels : de tout temps, on a colporté la nouvelle de la naissance des monstres mi-homme mi-chien, ou mi-porc mi-homme ou toute autre combinaison, vraisemblablement imputable au crime de bestialité ; invariablement l'enfant est, dit l'histoire qui court, étouffé par la mère sous le matelas, ou subit un sort tragique du même ordre. Cette projection a plus de « réalité » pour l'imagination que la projection mythologique, usée par le temps. Puis elle correspond à un souci (et par conséquent à la liquidation d'un problème) moral, alors que les Dieux et héros vivent généralement sur des normes trop différentes des nôtres pour pouvoir être comparés à nous.

Le problème que soulève l'attitude vis-à-vis de l'existence des monstres est intéressant en ce qu'il pose trois données précises et que nous résumerons :

1 °) Les monstres réels soulèvent la réprobation et font suspecter l'intervention du démon.

2 °) Les monstres inventés, procédant d'accouplements mons­trueux, soulèvent une apparente réprobation mais on continue à en colporter l'histoire comme si elle répondait à un secret besoin.

3 °) Les monstres de légende sont considérés comme des manifestations nécessaires des forces de trouble qui sont, en fin de compte, partie intégrante de l'évolution du monde. Cette confrontation permet de délimiter ce qui, d'une part, est humain (et à quoi on ne pardonne que difficilement l'humiliation d'un « raté »), de ce qui, d'autre part, est mythique, et qui a sa fonction acceptée.

 MONVOISIN CATHERINE

Dite « LA VOISIN ». Célèbre cartomancienne inculpée dans la fameuse « affaire des poisons ». L'imagina­tion démesurée des « historiens » de la petite histoire et de l'occultisme lui attribue toutes sortes de pouvoirs et l'accuse de « messes noires » et autres sorcelleries. En fait, c'était une voyante d'une part, une avorteuse et une empoisonneuse de l'autre. La confusion qui régnait alors (siècle de Louis XIV) dans les domaines de la magie pratique, de la médecine et des sciences divi­natoires a seule pu faire prendre la Voisin pour une magicienne.

 MORT

Les Anciens distinguaient dans la mort quatre essences particulières : le cadavre, qu'on mettait dans le tombeau, l'âme, à laquelle on donnait le nom de mane et qui descendait dans les enfers, l'esprit (spiritus) qui montait au ciel, et l'ombre qui restait sur terre autour du tombeau. Les Egyptiens et beaucoup de peuples extrême-orientaux accordent à la mort une valeur différente selon leur conception religieuse. Au Thibet, par exemple, où la transmigration des âmes est non seulement inhérente à tous les dogmes, mais aussi conforme aux croyances populaires, les prêtres favorisent le « dégagement » du double en prononçant d'une façon spéciale le vocable Hik, suivi de Phet. Cette formule a le pouvoir de provoquer le dédoublement (si l'on y joint, bien entendu, la préparation intérieure requise).

Pour aider au dégagement, la plupart des civilisations ont eu recours à la flamme ; la lumière en elle-même n'a aucun intérêt ; c'est pourquoi, en-core de nos jours, on voit un flambeau brûler dans la chambre mortuaire. Dès que le corps est déserté par l'âme, il devient vacant et les démons peuvent s'en emparer. La flamme, surtout lorsqu'elle émane d'un cierge bénit, préserve le mort d'un tel accident. A tout hasard, il est prudent de fermer les fenêtres (ce qu'on fait encore, généralement), de veiller et de clore les orifices naturels du corps (actuellement, on ferme les yeux et la bouche). Dans le cérémonial de la mort des papes, on prend la précaution supplé­mentaire de. faire garder la dépouille mortelle par des hommes en armes jusqu'au moment où d'autres protections rituelles interviennent.

La valeur magique de la mort réside en ce que le départ de l'âme ins-taure l'ère d'un jugement, en ce que le Diable rôde autour de sa proie, en ce que la Mort (selon d'autres symbolismes) est encore dans la maison, avec ses légions, en ce que le trépas est souvent l'oeuvre d'une entité ou d'un démon, etc. D'où les exorcismes qui forment le fond des cérémonies, sacrements et rites du moment précédant la mort, du moment de la mort, du temps qui sépare la mort de l'inhumation, et de cette dernière. Il faut mentionner que la croix et l'épée sont les instruments de protection consacrés, et que le signe de croix n'a pas d'autre sens lorsqu'on le fait au passage d'un convoi funèbre.

Les couleurs symbolisant la mort et le deuil sont, on le sait, le blanc et le noir ; c'est aussi le rouge, en Chine, dans certaines conditions. Mais il faut noter que les rites funéraires aussi bien que le deuil changent de sens suivant la conception de la mort qu'ont les différents peuples. Dans la majo­rité des pays d'Orient, la réincarnation assurée ôte tout intérêt aux pro­blèmes qui nous agitent dans les mêmes circonstances. Aux Indes, les Brahmanistes, on le sait, brûlent les corps sans autre forme de procès parce qu'il n'est accordé aucune attention à ce compagnon accidentel de l'âme opérant ses transmigrations successives.

En termes de métaphysique objective, il semble que les deux clefs du problème de la mort soient représentées par les deux considérations suivantes :

1 °) Par rapport à la vie, la Mort représente la métastase équilibratrice finale (voir Allendy : Essai sur la guérison).

2 °) Par rapport au moi, la mort repré­sente la fin du faux problème d'avoir à sauvegarder l'égo. Les parois de la prison tombent et l'esprit retourne à l'Esprit, au sein de l'Inconscient cosmique, qui est universel, éternel et serein — dans la mesure où ces mots ont un sens au-delà du Temps. Le peu de documents expérimentaux que nous possédions sur cette position relève de l'expérience mystique telle que nous la communiquent, de millénaire en millénaire, les plus sages des sages, sans que personne les ait jamais contredits preuves en main. Leur position, au contraire, a le mérite d'être conforme à ce que toutes les branches du savoir humain tendent à prouver.

 MORTEMART

Un seigneur de cette famille célèbre perdit sa femme, qu'il chérissait. Tandis qu'il se livrait à son désespoir, le diable lui apparut et lui offrit de ranimer la défunte, s'il voulait se donnerà lui. Le mari, dit-on, y consentit ; la femme revécut. Mais un jour qu'on prononça devant elle le nom de Jésus, elle retomba morte, et ce fut tout de bon.

 MOUCHE

Le diable apparaît quelquefois en forme de mouche ou de papillon. On le vit sortir sous cette forme de la bouche d'un démoniaque de Laon. Les démonomanes appellent Belzébuth seigneur des mouches ; les habitants de Ceylan appellent le diable Achor, qui signifie en leur langue dieu des mouches ou chasse-mouches ; ils lui offrent des sacrifices pour être délivrés de ces insectes, qui causent quelquefois dans leur pays des maladies contagieuses; ils disent qu'elles meurent aussitôt qu'on a sacrifié à Achor. M. Eméric David, à propos de Jupiter, dit que les ailes de mouches qui, dans quelques monuments, forment (à ce qu'on prétend) la barbe de Jupiter, sont un hommage au feu générateur, les mouches étant produites par la canicule

 MOUNI

Esprits que reconnaissent les Indiens, quoique aucun de leurs livres sacrés n'en fasse mention ; ils leur attribuent les qualités que les Européens accordent aux esprits follets. Ces esprits n'ont point de corps, mais ils prennent la forme qui leur plaît ; ils rôdent la nuit pour faire mal aux hommes, tâchent de conduire les voyageurs égarés dans des précipices, des puits ou des rivières, se transformant en lumière et ca­chant le péril où ils les entraînent. C'est pour se les rendre propices que les Indiens élèvent en leur honneur des statues co­lossales, auxquelles ils vont adresser des prières.

 MUSIQUE CÉLESTE

Entre plusieurs découvertes surprenantes que fit Pythagore, on admire surtout cette musique céleste que lui seul entendait. Il trouvait les sept tons de la musique dans la distance qui est entre les planètes: de la terre à la lune, un ton ; de la lune à Mercure, un demi-ton ; de Mercure à Vénus, un demi-ton ; de Vénus au soleil, un ton et demi ; du soleil à Mars, un ton; de Mars à Jupiter, un demi ton; de Jupiter à Saturne, un demi-ton, et de Saturne au zodiaque, un ton et demi. C'est à cette musique des corps célestes qu'est attachée l'harmonie de toutes les parties qui composent l'univers. Nous autres, dit Léon l'Hébreu, nous ne pouvons entendre cette musique, parce que nous en sommes trop éloignés, ou bien parce que l'habitude continuelle de l'entendre fait que nous ne nous en aperce­vons point, comme ceux qui habitent près de la mer ne s'aperçoivent plus du bruit des vagues, parce qu'ils y sont accoutumés.

 MUSPELHEIM

Les Scandinaves nomment ainsi un monde lumineux, ardent, inhabita­ble aux étrangers. Surtur le Noir y tient son empire ; dans ses mains brille une épée flamboyante. Il viendra à la fin du monde, vain­cra tous les dieux et livrera l'univers aux flammes.

 MUSUCCA

Nom du diable chez quelques peuples de l'Afrique. Ils en ont une très grande peur et le regardent comme l'en­nemi du genre humain ; mais ils ne lui rendent aucun hommage. C'est le même que Mouzoûko.

 MYCALE

Magicienne, qui faisait descendre la lune par la force de ses charmes. Elle fut mère de deux célèbres Lapithes, Brotéas et Orion.

 MYIAGORUS

Génie imaginaire auquel on attribuait la vertu de chasser les mouches pendant les sacrifices. Les Arcadiens avaient des jours d'assemblée, et commençaient par invoquer ce dieu et le prier de les préserver des mouches. Les Eléens encensaient avec constance les autels de Myiagorus, persuadés qu'autrement des essaims de mouches viendraient infecter leur pays sur là fin de l'été et y porter la peste.

 MYOAM

Génie invoqué par les basilidiens.

 MYOMANCIE

Divination par les rats ou les souris ; on tirait des présages malheureux ou de leur cri, ou de leur voracité. Elien raconte que le cri aigu d'une souris suffit à Fabius Maximus pour l'engager à se démettre de la dictature , et, selon Varron, Cassius Flaminius, sur un pareil présage, quitta la charge de général de cavalerie. Plutarque dit qu'on augura mal de la der­nière campagne de Marcellus, parce que des rats avaient rongé quelques dorures du temple de Jupiter. Un Romain vint un jour, fort effrayé, consulter Caton, parce que les rats avaient rongé un de ses souliers. Caton lui répondit que t'eût été un tout autre pro­dige si le soulier avait rongé un rat.

 MYRICIEUS

Surnom donné à Apollon, comme présidant à la divination par les branches de bruyère, à laquelle on donnait l'épithète de prophétique. On lui mettait alors à la main une branche de cette plante.

 MYRRHE

Produit aromatique provenant d'un arbrisseau auquel la légende attribue l'origine suivante : Myrrha, fille de Cinyre, roi de Chypre et mère d'Adonis, fut transformée en cet arbrisseau à la suite d'un drame qui n'a pas d'intérêt ici. On sait, d'autre part, l'amour de Vénus pour Adonis. La myrrhe, métamorphose de Myrrha, symbolise donc à la fois la Déesse et la Princesse de Chypre. Cela est conforme à la valeur traditionnelle de cette plante dans la triade qu'elle forme avec l'or et l'encens (les trois présents des mages Gaspar, Melchior et Balthazar).

 MYSTÈRES

Nonnus dit que, chez les Romains, il fallait passer par quatre-vingts épreuves différentes, pour être initié dans les mystères de Mithras ou du Soleil. D'abord on faisait baigner le candidat, puis on l'obligeait à se jeter dans le feu; ensuite on le reléguait dans un désert, où il était soumis à un jeûne rigoureux de cinquante jours ; après quoi on le fustigeait durant deux jours ; on le mettait vingt autres jours dans la neige. Ce n'était qu'après ces épreuves, sur l'observation rigoureuse desquelles veillait un prêtre, et dans lesquelles le récipiendaire succombait souvent, qu'on était admis aux mystères. Il y avait d'autres cérémonies très  bizarres aux mystères d'Eleusis, de Trophonius, de la grande déesse, etc.