NACHTMANNETJE

Ou petit homme de nuit, nom que les Flamands donnent aux incubes.

 NACHTVROUWTJE

Ou petite femme de nuit, nom que les Flamands donnent aux succubes.

 NAGATES

Astrologues de Ceylan. Des voyageurs crédules vantent beaucoup le savoir de ces devins, qui, disent-ils, font souvent des prédictions que l'événement accomplit. Ils décident du sort des enfants. S'ils déclarent qu'un astre malin a présidé à leur naissance, les pères, en qui la superstition étouffe la nature, leur ôtent une vie qui doit être malheureuse. Cependant, si l'enfant qui voit le jour sous l'aspect d'une planète contraire est un premier né, le père le garde, en dépit des prédictions; ce qui prouve que l'astrologie n'est qu'un prétexte dont les pères trop chargés d'enfants se servent pour eu débarrasser leur maison. Ces nagates se vantent encore de prédire, par l'inspection des astres, si un mariage sera heureux, si une maladie est mortelle, etc.

 NAGLEFARE

Vaisseau fatal chez les Celtes. Il est fait des ongles des hommes morts; il ne doit être achevé qu'à la fin du monde, et son apparition fera trembler les hommes et les dieux. C'est sur ce vaisseau que l'armée des mauvais génies doit arriver d'Orient.

 NAGUILLE (CATHERINE)

Petite sorcière âgée de onze ans, qui fut accusée d'aller au sabbat en plein midi.

 NAGUILLE (MARIE)

Jeune sorcière, soeur de Catherine. Arrêtée à seize ans, elle avoua que sa mère l'avait conduite au sabbat. Lorsqu'elles devaient y aller ensemble, le diable venait ouvrir la fenêtre de leur chambre et les attendait à la porte. La mère tirait un peu de graisse d'un pot, s'en oignait la tête, excepté la figure, prenait sa fille sous le bras, et elles s'en allaient en l'air au sabbat. Pour revenir à la maison, le diable leur servait de porteur. Elle avoua encore que le sabbat se tenait à Pagole, près d'un petit bois.

 NAHAMA

Soeur de Tubalcain. On lit dans le Talmud que c'est une des quatre mères des diables. Elle est devenue elle-même, se­lon les démonomanes, un démon succube.

 NAIRANCIE

Espèce de divination usitée parmi les Arabes, et fondée sur plusieurs phénomènes du soleil et de la lune.

 NAKARONIR

Esprit que Mahomet envoie dans leur sommeil aux musulmans coupables, pour les pousser au repentir.

 NAN

Mouches assez communes en Laponie. Les Lapons les regardent comme des esprits et les portent avec eux dans des sacs de cuir, bien persuadés que par ce moyen ils seront préservés de toute espèce de maladies.

 NAPOLÉON

Empereur des Français. On a prétendu qu'il avait un génie familier, comme Socrate et tous les grands hommes dont les actions ont excité l'admiration de leurs contemporains. On l'a fait visiter par un petit homme rouge, espèce de génie mystérieux. On a vu aussi dans Napoléon un des terribles précurseurs de l'Antechrist. Qui sait?

 NARAC

Enfer des Indiens ; on y sera tourmenté par des serpents.

 NARCISSE

Fleurs dont on faisait des couronnes dans les sacrifices en l'honneur des Euménides, parce qu'on considérait que cette fleur assoupissait. Mêlée aux pavots, elle couronnait Proserpine, déesse des Enfers. Cette fleur représente aussi le « beau Narcisse », d'une si éblouissante beauté qu'il s'éprit de lui-même en se mirant dans une fontaine, et sécha de langueur, ne pouvant se détacher de son image ; après sa mort, il fut transformé en fleur, à l'endroit même où la nymphe Echo avait, à son sujet, versé des larmes. Le Narcisse n'est donc pas l'emblème du narcissisme, mais sa sublimation. C'est pourquoi la déesse des enfers en était couronnée, expri­mant par là que le royaume des morts assume la sublimation de l'ego pour toux ceux qui n'ont pas pu se libérer sur terre.

 NASTRANDE

Partie de l'enfer des Scandinaves. Là sera un bâtiment vaste et infâme; la porte, tournée vers le nord, ne sera construite que de cadavres, de serpents, dont toutes les têtes, tendues à l'intérieur, vomiront des flots de venin. il s'en formera un fleuve empoisonné, dans les ondes rapides duquel flotteront les parjures, les assassins et les adultères. Dama une autre région, la condition des damnés sera pire encore; car un loup dévorant y déchirera sans cesse les corps qui y seront envoyés.

 NAUDÉ (GABRIEL)

L'un des savants distingués de son temps, né à Paris en 1600. Il fut d'abord bibliothécaire du cardinal Mazarin, ensuite de la reine Christine, et mourut à Abbeville en 1653. II a laissé une Instruction à la France sur la vérité de l'histoire des frè­res de la Rose-Croix, 1623, in-4° et in 8°; rare. Naudé y prouve que les prétendus frères de la Rose-Croix n'étaient que des fourbes qui cherchaient à trouver des dupes, en se vantant d'enseigner l'art de faire de l'or, et d'autres secrets non moins merveilleux. Ce curieux opuscule est ordinairement réuni à une autre brochure intitulée : Avertissement au sujet des frères de la Rose-Croix.

 NAXAC

Séjour de peines où les habitants du Pégu font arriver les âmes après plusieurs transmigrations.

 NECROMANCIE ou NECYOMANCIE

Art d'évoquer les morts ou de deviner les choses futures par l’inspection des cadavres.

 NEMBROTH

Un des esprits que les magiciens consultent. Le mardi lui est consacré et on l'évoque ce jour-là: il faut, pour le renvoyer, lui jeter une pierre, ce qui est facile.

 NEMROD

Roi d'Assyrie. Ayant fait bâtir la tour de Babel, et voyant, disent les auteurs arabes, que cette tour, à quelque hauteur qu'il l'eût fait élever, était encore loin d'atteindre au ciel, il imagina de s'y faire transporter dans un panier, par quatre énormes vautours. Les oiseaux l'emportèrent en effet lui et son panier, mais si haut et si loin, que depuis on n'entendit plus parler de lui.

 NENUFAR

Plante aquatique froide, dont voici un effet : Un couvreur travaillait en été sur une maison, à l'une des fenêtres de laquelle le maître avait un flacon d'eau de fleurs de nénufar à purifier au soleil. Comme il était échauffé et altéré, il prit le flacon et but de cette eau ; il retourna chez lui avec les sens glacés. Au bout de quelques jours, surpris de son refroidissement, il se crut ensor­celé. Il se plaint du maléfice qu'on lui a fait. Le maître de la maison examine son flacon et le trouve vide. Il reconnaît aussitôt d'où vient le maléfice, console le couvreur en lui faisant boire du vin de gingembre confit et toutes choses propres à le réchauffer. Il le rétablit enfin et fit cesser ses plaintes.

 NEPHELIM

Nom qui signifie également géants ou brigands. Aussi est-ce celui que l'Ecriture donne aux enfants nés du commerce des anges avec les filles des hommes. Selon l'auteur du livre d'Enoch, les néphé­lim étaient fils des géants et pères des éliuds.

 NEPTUNE

Ce terme, qui désigne une planète, sert à définir analogiquement un processus et un pôle directeur de tout élément relevant de ce processus. Le processus neptu­nien est caractérisé par la plasticité, la réceptivité. Il est riche du destin et des forces du monde, emmagasine toutes les influences et les redistribue sans y prendre d'autre part personnelle qu'une sorte de conscience-fatalité. Uranus est le mystère de tout ce qui est par nature au-delà des limites du cerveau de l'homme; il est le volant de la machine, emmagasinant les énergies d'une façon invisible et les tenant à la disposition sans en faire d'usage personnel ; il est l'immense réservoir de l'Océan. La notion de processus neptunien s'applique aux grands mouvements de foules, comme à l'infini corpusculaire tenant les énergies en réserve.

Le jeu des correspondances situant le processus neptunien s'établit progressivement. L'astrologie, par exemple, a fixé les attributs du symbole neptunien. Abusivement ou non, on a même décrit un type neptunien caractérisé par un tempérament et un caractère. Outre que les descriptions proposées ne correspondent à aucune morphologie définie ou reconnaissable, il semble que ces symboles étrangers au cycle des sept planètes de la tradition s'appliquent plutôt à un plan extra-individuel de la réalité. Que le parfait novateur en T. S. F. présente par quelque côté des analogies avec le principe neptunien, rien de plus naturel ; mais alors, on a affaire à « l'homme de la chose et non à l'homme. Tout se passe comme si cette planète, découverte après la clôture de l'ère individualiste, commandait un symbolisme propre aux collectivités et aux forces universelles.

 NEQUAM

Prétendu prince des magiciens, à qui les chroniques mayençaises attribuent la fondation de Mayence.

 NEUF

Ce nombre est sacré chez différents peuples. Les Chinois se prosternent neuf fois devant leur empereur. En Afrique, on a vu des princes, supérieurs aux autres en puissance, exiger des rois leurs vassaux de baiser neuf fois la poussière avant de leur parler. Pallas observe que les Mogols regar­dent aussi ce nombre comme très auguste, et l'Europe n'est pas exempte de cette idée.

 NEURES ou NEURIENS

Peuples de la Sarmatie européenne, qui prétendaient avoir le pouvoir de se métamorphoser en loups une fois tous les ans, et de reprendre ensuite leur première forme.

 NEW-HAVEN

La barque de la fée de New-Haven apparaît, dit-on, sur les mers avant les naufrages au nouveau monde. Cette tradition prend sa source dans une de ces apparitions merveilleuses et inexplicables, qu'on suppose être occasionnées par la rétraction de l'atmosphère, comme le palais de la fée Morgane, qui brille au-dessus des eaux dans la baie de Messine.

 NICKAR

D'après la mythologie scandinave, source principale de toutes les croyances populaires de l'Allemagne et de l'Angleterre, Odin prend le nom de Nickar ou Hni­ckar, lorsqu'il agit comme principe destruc­teur ou mauvais génie. Sous ce nom et sous la forme de kelpic, cheval-diable d'Ecosse, il habite les lacs et les rivières de la Scandinavie, où il soulève des tempêtes et des oura­gans. Il y a, dans l'île de Rugen, un lac sombre dont les eaux sont troubles et les rives couvertes de bois épais. C'est là qu'il aime à tourmenter les pêcheurs en faisant chavirer leurs bateaux et en les lauçant quelquefois jusqu'au sommet des plus hauts sapins. Du Nickar scandinave sont provenus les hommes d'eau et les femmes d'eau, les nixes des Teutons. Il n'en est pas de plus célèbres que les nymphes de l'Elbe et de la Gaal. Avant l'établissement du christianisme, les Saxons qui habitaient le voisinage de ces deux fleuves adoraient une divinité du sexe féminin, dont le temple était dans la ville de Magdebourg ou Megdeburch ( ville de la jeune fille ), et qui inspira toujours depuis une certaine crainte comme la naïade de l'Elbe. Elle apparaissait à Magdehourg, où elle avait coutume d'aller au marché avec un panier sous le bras: elle était pleine de grâce, propre, et au premier abord on l'aurait prise pour la fille d'un bon bourgeois ; mais les malins la reconnaissaient à un petit coin de son tablier, toujours humide, en souvenir de son origine aquatique.

 NID

Degré supérieur de magie que les Islandais comparaient à leur seidur ou ma­gie noire. Cette espèce de magie consistait à chanter un charme de malédictions contre un ennemi.

 NIFLHEIM

Nom d'un double enfer chez les Scandinaves. Ils le plaçaient dans le neuvième monde ; suivant eux, la formation en avait précédé de quelques hivers celle de la terre. Au milieu de cet enfer, dit l'Edda, il y a une fontaine nommée Hvergelmer. De là coulent les fleuves suivants : l'Angoisse , l'Ennemi de la Joie, le Séjour de la Mort, la Perdition, le Gouffre, la Tempête, le Tour-billon, le Rugissement, le Hurlement , le Vaste ; celui qui s'appelle le Bruyant coule près des grilles du séjour de la mort. Cet enfer est une espèce d'hôtellerie, ou, si l'on veut, une prison dans laquelle sont détenus les hommes lâches ou pacifiques qui ne peuvent défendre les dieux inférieurs en cas d'attaque imprévue. Mais les habitants doi­vent en sortir au dernier jour pour être condamnés ou absous. C'est une idée très-impar­faite du purgatoire.

 NIGROMANCIE

Art de connaître les choses cachées dans les endroits noirs, ténébreux, comme les mines, les pétrifications souterraines, etc. Ceux qui faisaient des découvertes de ce genre évoquaient les démons et leur commandaient d'apporter les trésors cachés. La nuit était particulièrement destinée à ces évocations, et c'est aussi durant ce temps que les démons exécutaient les commissions dont ils étaient chargés.

 NIRUDY

Roi des démons malfaisants chez les Indiens. On le représente porté sur les épaules d'un géant et tenant un sabre à la main.

 NITOÈS

Démons ou génies que les habitants des îles Moluques consultent dans les affaires importantes. On se rassemble ; on appelle les démons au son d'un petit tambour, on allume des flambeaux, et l'esprit parait, ou plutôt un de ses ministres ; on l'invite à boire et à manger ; et, sa réponse faite, l'assemblée dévore les restes du festin.

 NOALS (JEANNE)

Sorcière qui fut brûlée par arrêt du parlement de Bordeaux, le 20 mars 1619, pour avoir chevillé le moulin de Las-Coudourleiras, de la paroisse de Végenne. Ayant porté un jour du blé à moudre à ce moulin avec deux autres femmes, le meunier, Jean Destrade, les pria d'attendre que le blé qu'il avait déjà depuis plusieurs jours fût moulu ; mais elles s'en ailèrent mécontentes, et aussitôt le moulin se trouva chevillé, de façon que le meunier ni sa femme n'en surent trouver le défaut. Le maître du moulin ayant été appelé, il s'avisa d'y amener ladite sorcière, qui, s'étant mise à genoux sur l'engin avec lequel le meunier avait coutume d'arrêter l'eau , fit en sorte qu'un quart-d'heure après le moulin se remit à moudre avec plus de vitesse qu'il n'avait jamais fait

 NODIER ( CHARLES )

Spirituel auteur de Trilby ou le lutin d'Argail (Argyle) , et de beaucoup d'écrits charmants où les fées et les follets tiennent poétiquement leur personnage.

 NOEL ( JACQUES )

Prétendu possédé et peut-être obsédé, qui fit quelque bruit en 1667. Il était neveu d'un professeur de philosophie au collége d'Harcourt à Paris. Il s'imaginait sans cesse voir des spectres. Il était sujet aux convulsions épileptiques, faisait des grimaces, des contorsions, des cris et des mouvements extraordinaires. On le crut démoniaque, on l'examina; il prétendit qu'on l'avait maléficié, parcequ'il n'avait pas voulu aller au sabbat. Il assura avoir vu le diable plusieurs fois en différentes formes. On finit par découvrir qu'il était fou.

 NOH

Nom du premier homme selon les Hottentots. Ils prétendent que leurs premiers parents entrèrent dans le pays par une porte ou par une fenêtre; qu'ils furent envoyés de Dieu même, et qu'ils communiquèrent à leurs enfants l'art de nourrir les bestiaux avec quantité d'autres connaissances.

 NOM

Aux Indes, selon une pratique populaire, l'enfant reçoit deux noms dont l'un reste secret et connu seulement des parents. Cette pratique a pour but de protéger l'enfant contre les sortilèges que pourraient lui jeter des ennemis en invoquant son nom. L'importance magique du nom est un fait universel. La mythologie et la pensée égyptiennes, autant que la tradition rabbinique, précisent que les choses n'existent que dans la mesure où leur nom a été prononcé. De ce fait, il existe entre un être et son nom des rapports dont la notion fait le fond de l'Onomancie, de la Kabbale, de l'Astrologie onomastique, etc.

 NOMBRE D’OR

Encore que le Nombre d'Or n'ait rien d'occulte, il faut le définir pour éviter qu'on continue à en abuser. Le Nombre d'Or a pour valeur 0,618. Il s'exprime géométriquement par un rectangle dont les proportions constituent la coupe d'or et qui s'expriment par la formule :

a/b = b / ( a-b )

Ce nombre a pour propriétés singulières par exemple :

1 °) D'avoir pour inverse lui-même + 1, soit 1,618.

2 °) D'être la limite de la série de Fibonacci 

3 °) D'exprimer le rapport le plus simple après les divisions élémentaires comme le démontre Mathila Ghika dont le nom reste attaché aux études faites sur ce nombre. Dans la nature brute ou la nature manufacturée, il offre la singularité par exemple :

1 °) de correspondre au rectangle que les étudiants d'une université ont déclaré, après épreuves multiples, être le plus harmonieux.

2 °) De correspondre au module de nombreux édifices réputés pour leur élégance et leur harmonie.

3 °) De correspondre au module de construction de nombreux coquillages cloisonnés.

4 °) De correspondre aux proportions des formats les plus universellement adoptés (boites d'allumettes, enveloppes commerciales, papier à machine, etc...).

5 °) De correspondre au taux moyen d'indice de la spire selon laquelle les rameaux s'insèrent sur la tige (avec de nombreuses exceptions d'ailleurs), etc..., etc...

De là à penser, comme l'ont fait certains théoriciens, que le Nombre d'Or est un module universel (à condition de l'inverser, de le multiplier en tous sens), il y a un pas. Car on peut toujours tout prouver si l'on n'est pas à un subterfuge près. Il y a également un grand pas entre le fait de constater que certains édifices sont modulés sur la coupe d'or (en comprenant le toit, ou en omettant le toit, ou en oubliant le perron, ou en faisant abstrac­tion de ceci ou de cela, d'ailleurs) et celui de vouloir construire des maisons ou peindre des tableaux sur ce module. Dans la moyenne des cas, le résultat n'est pas brillant sauf si l'artiste a du génie ; dans ce dernier cas, les résultats sont aussi brillants lorsqu'il ne tient pas compte du Nombre d'Or.

 NONO

Génies malfaisants que les Indiens des îles Philippines placent dans des sites extraordinaires entourés d'eau; ils ne passent jamais dans ces lieux, qui remplissent leur imagination d'effroi, sans leur en demander permission. Quand ils sont attaqués de quelque infirmité ou maladie, ils portent à ces génies, en forme d'offrande, du riz, du vin, du coco, et le cochon qu'on donne ensuite à manger aux malades.

 NORNES

Fées ou parques chez les Celtes. Elles dispensaient les âges des hommes, et se nommaient Ueda (le passé), Verandi (le présent), et Skalda (l'avenir).

 NOTARIQUE

Une des trois divisions de la cabale chez les Juifs. Elle consiste à prendre, ou chaque lettre d'un mot pour en faire une phrase entière, ou les premières lettres d'une sentence pour en former un seul mot.

 NOVEMBRE

Ce mois est consacré à Diane. Il correspond analogiquement au signe du Sagittaire muni comme cette déesse d'une flèche et d'un arc. Diane est, on le sait, un mythe lunaire, de plus sa chasteté l'ap­parente à la Vierge. Or, l'entrée du Soleil dans le signe du Capricorne, le 21 novembre, est le jour de la Présentation au Temple de la Vierge, selon la mythologie chrétienne. Quant au côté nocturne de Diane, on trouve ses correspondances dans le rituel romain avec les Nocturnes de l'Office des Morts, le 2 novembre.

 NOYÉS

Les marins anglais et américains croient que retirer un noyé et l'amener sur le pont d'un navire qui va appareiller, c'est, si le noyé y meurt, un mauvais présage, qui annonce des malheurs et le danger de périr. Superstition inhumaine. Aussi laissent-ils les noyés à l'eau.

Voici une légende qui a été racontée par le poète OEhlenschloeger. Ce n'est point une légende, c'est un drame de la vie réelle. Un pauvre matelot a perdu un fils dans un naufrage, et la douleur l'a rendu fou. Chaque jour il monte sur sa barque et s'en va en pleine mer; là, il frappe à grands coups sur un tambour, et il appelle son fils à haute voix : — Viens, lui dit-il, viens! sors de ta retraite! nage jusqu'ici! je te placerai à côté de moi dans mon bateau ; et si tu es mort, je te donnerai une tombe dans le cimetière, une tombe entre des fleurs et des arbustes ; tu dormiras mieux là que dans les vagues. Mais le malheureux appelle en vain et regarde en vain. Quand la nuit descend, il s'en retourne en disant :— J'irai demain plus loin, mon pauvre fils ne m'a pas entendu.

 NUIT DES TRÉPASSÉS

De tous les jours de l'année, il n'en est point que l'imagination superstitieuse des Flamands ait entouré de plus grandes terreurs que le 1er novembre. Les morts sortent à minuit de leurs tombes, pour venir, en longs suaires, rappeler les prières dont ils ont besoin, aux vivants qui les oublient. La sorcière et le vieux berger choisissent cette soirée pour exercer leurs redoutables maléfices. L'ange Gabriel soulève alors pour douze heures le pied sous lequel il retient le démon captif, et rend à cet infernal ennemi des hommes le pouvoir momentané de les faire souffrir. D'ordinaire la désolation de la nature vient encore ajouter aux terreurs de ces croyances; la tempête mugit, la neige tombe avec abondance, les torrents se gonflent et débordent; enfin la souffrance et la mort menacent de toutes parts le voyageur.

 NYMPHES

Démons femelles. Leur nom vient de la beauté des formes sous lesquelles ils se montrent. Chez les Grecs, les nymphes, très honorées, étaient partagées en plusieurs classes : les mélies suivaient les personnes qu'elles voulaient favoriser ou tromper; elles couraient avec une vitesse inconcevable. Les nymphes genetyllides pré­sidaient à la naissance, assistaient les en­fants au berceau, faisaient les fonctions de sages-femmes, et leur donnaient même la nourriture. Ainsi Jupiter fut nourri par la nymphe Mélisse, etc. Ce qui prouve que ce sont bien des démons, c'est que les Grecs disaient qu'une personne était remplie de nymphes pour dire qu'elle était possédée des démons. Du reste, les cabalistes pensent que ces démons habitent les eaux, ainsi que les salamandres habitent le feu ; les sylphes l'air, et les gnômes ou pygmées la terre.

 NYNAULD (J. DE)

Auteur d'un traité De la Lycanthropie, publié en 1615.

 NYOL

Vicomte de Brosse, poursuivi comme sorcier à la fin du XVI siècle. Il confessa qu'ayant entendu dire qu'on brûlait les sor­ciers, il avait quitté sa maison et en était de­meuré longtemps absent. Ses voisins l'ayant suivi l'avaient trouvé dans une étable de pourceaux ; ils l'interrogèrent sur différents maléfices dont il était accusé; il reconnut qu'il était allé une fois au sabbat, à la croix de la Motte, où il avait vu le diable en forme de chèvre noire; qu'il s'était donné audit diable, sous promesse qu'il aurait des ri­chesses et serait bien heureux au monde; « et lui bailla pour gage sa ceinture, partie de ses cheveux, et après sa mort un de ses pouces. Ensuite le diable le marqua sur l'épaule; il lui commanda de donner des maladies, de faire mourir les hommes et les bestiaux, de faire périr les fruits par des poudres qu'il jetterait au nom de Satan. Il avoua encore que le diable l'avait fait danser au sabbat avec les autres sorciers, ayant chacun une chandelle; et que quand le.diable se retirait enfin, eux tous se trouvaient transportés dans leurs maisons. » Vingt-huit témoins confrontés soutinrent que le vicomte de Brosse avait la réputation de sorcier, et qu'il avait fait mourir quatre hommes et beaucoup de bestiaux; il fut condamné.

 NYPHO (AUGUSTIN)

Sorcier italien, qui avait un démon familier et barbu, dit De-Lancre, lequel démon lui apprenait toutes choses.