PACTE

Le Pacte avec le Diable a été fort en vogue au Moyen Age. On en aurait peut-être oublié l'existence si le Faust de Goethe n'en avait prolongé la notion jusqu'à nous. Pourtant, aucune pratique n'a eu autant de vogue ni de mystérieux attrait. On la décrit de mille manières. Toujours elle comporte une préparation : vie nocturne, alimentation compo­sée de mets interdits selon les rituels anciens, etc... ; puis, une invocation nécessitant un matériel variable mais toujours une flamme ou un brasier ; puis enfin la signature d'un contrat, ou pacte, signé avec du sang provenant du bras gauche. Les grimoires imaginent d'accompagner ces cérémonies de toutes sortes de formules consacrées et entremêlées de blasphèmes, et d'en fixer le protocole d'une manière si complexe que peu de gens se seraient effectivement trouvés en posture de pouvoir y souscrire. Aussi existe-t-il des pactes tacites et des équivalents de pacte.

Au vrai, les sorciers ont moins fait pour le diable que les théologiens eux-mêmes. L'esprit scholastique aimant à classer ot à clarifier les choses, il se trouve que les démonologues ont dressé à l'usage des théologiens des tableaux fort utiles à la fois aux adeptes sorciers et aux chercheurs actuels. De plus, le point de vue des théologiens, auxiliaires de la justice, ne laisse pas d'être inquiétant par l'acception démesurément large qu'il accorde au pacte. En effet, relève du Pacte tacite avec le Diable toute pratique dont on espère un résultat ne procédant ni des lois de la nature ni de l'intervention divine sollicitée en bonne et due forme. On voit quel danger permanent auraient couru les inventeurs et quels dangers couraient en fait les guéris­seurs, magiciens et « philosophes » divers. Les mêmes théologiens considé­raient comme équivalent au Pacte le fait de recourir aux services de ceux qui se trouvent dans le cas de pactiser. On voit tout le parti qu'il était possible de tirer de cette conception lorsqu'il s'agissait de compromettre un indésirable. Le Pacte formel, tel que le définissent les théologiens, suppose un commerce personnel avec le Diable, mais s'entend aussi du fait d'avoir recours à un invocateur pactisant ou même du fait d'invoquer Satan dans l'intention. Tous les détails nécessaires ajoutés pour éclairer des décrets, constituaient un excellent manuel de pactologie.

Le vulgaire, qui ignorait les textes mais s'imprégnait inconsciemment de la consistance donnée à la chose, ajoutait maint détail pittoresque dont le meilleur n'est pas toujours resté dans la légende. On sait toutefois que, selon la croyance populaire, celui qui avait souscrit un Pacte avec le Diable perdait son double; aussi n'avait-il plus d'image de lui-même lorsqu'il se regardait dans la glace aussi ne portait-il plus d'ombre lorsqu'il était au soleil, etc... Les effets bénéfiques du Pacte (jeunesse, invisibilité, toute-puis­sance, ubiquité, richesse, séduction, etc...) ne duraient pas éternellement mais seulement une vingtaine d'années. D'ailleurs, le Diable raccourcissait quel­quefois le délai par pure filouterie ; inversement, il se faisait bassement duper comme un enfant... Le folklore allemand est plein de légendes sur les roueries des paysans à l'égard du Diable. Tel celui-ci, qui fixe pour condition au diable de remplir sa botte d'or après avoir pris soin d'en ôter la semelle et l'avoir placée au-dessus d'une immense fosse ; tel cet autre qui promet au diable tout ce qui poussera sur son champ, mais plante des betteraves et contraint le diable à se contenter des feuilles, et renouvelle l'exploit l'année suivante en promettant au diable le dessous du sol mais en plantant, cette fois, du blé.

A côté, ou au-dessus de ces enfantillages, les grands personnages fai­saient les choses plus sérieusement. On connaît le cas Faust, qui est légen­daire, mais est inspiré, dit-on, d'une histoire vraie. La Bibliothèque Nationale conserve précieusement le Pacte signé du sang d'Urbain Grandier, l'infortuné prieur de Loudun. La Bibliothèque de l'Arsenal possède aussi une belle col­lection de grimoires, sceaux et pantacles diaboliques, qui donnent en quelque sorte corps à la vérité historique du Pacte. Reste à expliquer à quoi corres­pondait réellement ce contrat extraordinaire. A la vérité, bien des hypothèses sont ouvertes. D'abord, on peut dire que le taux de réalité concrète du Pacte est le même au minimum que celui de la lutte d'Abraham avec l'ange, ou que celui de la Tentation de Saint Antoine. Dans des manifestations de cette envergure ou de cette consistance, il faut opter soit pour la valeur mythique et symbolique pure, soit pour le phénomène hallucinatoire, soit pour une réalité concrète d'un ordre quelconque. A considérer les choses d'un point de vue rationaliste critique, nous savons que la question remet en jeu l'éternel problème du critérium de la réalité. C'est une impasse.

On peut considérer le Pacte comme une vérité pragmatique, comme un concept opérationnel, ou tout autre chose du point de vue épistémologique. Du point de vue expérimental, on peut plus simplement rapprocher les éven­tuelles apparitions du Diable des apparitions concrètes d'entités. Les voyageurs du Thibet rapportent des choses plus extraordinaires et disent les avoir vues. Par ailleurs, à la rédaction des pactes ce que nous savons de la métapsychique justifie assez leurs dires, même si on leur accorde une large part d'exagération involontaire.

 PAJOT ( MARGUERITE )

Sorcière qui fut exécutée à Tonnerre en 1576, pour avoir été aux assemblées nocturnes des démons et des sorciers. Elle composait des maléfices et faisait mourir les hommes et les animaux. Elle avait de plus tué un sorcier qui n'avait pas voulu lui prêter un lopin de bois avec lequel il faisait des sortiléges. Une remarque singulière qu'on avait notée, c'est qu'elle reve­nait du sabbat toujours toute froide.

 PALINGENESIE

Ce mot veut dire renaissance. Duchêne dit avoir vu à Cracovie un médecin polonais qui conservait dans des fioles la cendre de plusieurs plantes; lorsqu'on voulait voir une rose dans ces fioles, il prenait celle où se trouvait la cendre du rosier, et la mettait sur une chandelle allumée : après qu'elle avait un peu senti la chaleur, on commençait à voir remuer la cen­re; puis on remarquait comme une petite nue obscure qui, se divisant en plusieurs par­ties, venait enfin à représenter une rose si belle, si fraîche et si parfaite, qu'on l'eût jugée palpable et odorante, comme cellequi vient du rosier. Cette nouveauté fut poussée plus loin. On assura que les morts pouvaient revivre naturellement, et qu'on avait des moyens de les ressusciter en quelque façon. Van der Bect, surtout, a donné ces opinions pour des vérités incontestables ; et dans le système qu'il a composé pour expliquer de si étran­ges merveilles, il prétend qu'il y a dans le sang des idées séminales, c'est-à-dire des corpuscules qui contiennent en petit tout l'animal. Quelques personnes , dit-il , ont distillé du sang humain nouvellement tiré, et elles y ont vu , au grand étonnement des assistants saisis de frayeur, un spectre humain qui poussait des gémissements. C'est pour ces causes, ajoute-t-il, que Dieu a défendu aux Juifs de manger le sang des animaux, de peur que les esprits on idées de leurs espèces qui y sont contenues ne produissent de funestes effets. Ainsi, en conservant les cendres de nos ancêtres, nous pourrons en tirer des fantômes qui nous en représenteront la figure. Quelle consolation, dit le P. Lebrun, que de passer en revue son père et ses aïeux, sans le secours du démon, et par une nécromancie très-permise !. Quelle satisfaction pour les savants que de ressusciter en quelque manière les Romains, les Grecs, les Hébreux et toute l'antiquité ! Rien d'impossible à cela, il suffit d'avoir les cen­dres de ceux qu'on veut faire paraître. Ce système eut, comme toutes les rêveries , beaucoup de partisans.On prétendait qu'après avoir mis un moineau en cendres, et en avoir extrait le sel, on avait obtenu, par une chaleur modérée, le résultat désiré. L'académie royale d'Angleterre essaya, dit-on, cette expérience sur un homme. Je ne sache pas qu'elle ait réussi. Mais cette découverte, qui n'aurait pas dû occuper un seul instant les esprits, ne tomba que quand un grand nombre de tentatives inutiles eut prouvé que ce n'était non plus qu'une ridicule chimère.

 PALLADIUM

Petites statues douées de vertus protectrices magiques et dont on ornait la plupart des villes de l'Antiquité. Le Palladium de Troyes était célèbre, celui de Jérusalem également, mais la représentation des images y étant proscrite, elle consiste en une inscription sur plaque carrée.

 PALINGENESIE

Le mot signifie textuellement nouvelle naissance. Il s'emploie tantôt en parlant de la deuxième naissance qui est le fruit de l'initiation, tantôt des renaissances dont fait état la doctrine de transmigration.

 PALMOSCOPIE

Augure qui s'appelait aussi palmicum, et qui se tirait de la palpitation des parties du corps de la victime, calculées à la main.

 PALUD  ( MADELEINE DE MENDOZ DE LA )

Fille d'un gentilhomme de Marseille, et soeur du couvent des ursulines, qui fut ensorcelée par Gaufridi, à l'âge de dix-neuf ans.

Cette femme, quarante ans après le procès de Gaufridi, ayant voulu se mêler encore de sorcellerie, fut condamnée, par arrêt du parlement de Provence, à la prison perpé­tuelle, en 1653.

 PAMILIUS

Pamilius de Phères, tué dans un combat, resta dix jours au nombre des morts; on l'enleva ensuite du champ de bataille pour le porter sur le bûcher; mais il revint à la vie et raconta des histoires surprenantes de ce qu'il avait vu pendant que son corps était resté sans sentiment

 PAN

L'un des huit grands dieux, ou dieux de la première classe chez les Egyptiens. On le représentait sous les traits d'un homme dans la partie supérieure de son corps, et sous la forme d'un bouc dans la partie inférieure.

Dans les démonographies, c'est le prince des démons incubes.

 PANACEE ( UNIVERSELLE )

La panacée fut l'un des rêves des alchimistes, si l'on en croit les dictionnaires. En fait, cette expression désigne un stade de l'ascèse alchimique, stade caractérisé par la possibilité d'effectuer la guérison par contact ou par simple volonté. Il ne faut pas croire pour autant que lorsqu'un homme en arrive là, il n'est pas capable aussi de faire des élixirs souverains. Il ne faut donc pas croire que la Panacée Universelle soit seulement une abstraction. Il est no­tamment un alchimiste contemporain qui s'est consacré pendant des années à reprendre minutieusement les indications des alchimistes et à trouver en cours de route (il n'en est que là pour l'instant) une certaine panacée secondaire ayant les aspects prévus et qu'il a fait analyser. On y retrouve notamment, à l'état hyper-concentré, toutes les vitamines, de la pénicilline et pas mal de corps inconnus. Il sait quels efforts intérieurs lui coûte cette découverte et pense être plusieurs années avant d'en arriver au stade suivant. Cela posé, attendons. Il sait aussi que sa culture scientifique ne lui sert à rien, en l'occurrence, qu'elle est notamment incapable de lui dicter le moyen de transmettre en clair ce qu'il a fait depuis le début de son expérience.

 PANDAEMONIUM

Capitale de l'empire infernal, selon Milton.

 PANEROS

Pline cite une pierre précieuse de ce nom qui rendait les femmes fécondes.

 PANJACARTAGUEL

Ce mot, qui chez les Indiens désigne les cinq dieux, exprimait aussi les cinq éléments qui, engendrés par le Créateur, concoururent à la for­mation de l'univers. Dieu, disent-ils, tira l'air du néant. L'action de l'air forma le vent. Du choc de l'air et du vent naquit le feu. A sa retraite celui-ci laissa une humidité, d'où l'eau tire son origine. De l'union de ces puissances résulta une écume; la chaleur du feu en composa une masse qui fut la terre.

 PANTACLES

Espèces de talismans magiques. Toute la science de la clavicule dépend de l'usage des pantacles, qui contien­nent les noms ineffables de Dieu. Les pantacles doivent être faits le mercredi, au premier quartier de la lune, à trois heures du matin, dans une chambre aérée, nouvellement blanchie, où l'on habite seul. On y brûle des plantes odoriférantes. On a du parchemin vierge, sur lequel on décrit trois cercles l'un dans l'autre, avec les trois prin­cipales couleurs : or , cinabre et vert; la plume et les couleurs doivent être exorci­sées. On écrit alors les noms sacrés; puis on met le tout dans un drap de soie. On prend un pot de terre où l'on allume du charbon neuf, de l'encens mâle et du bois d'aloès, le tout exorcisé et purifié; puis, la face tournée vers l'orient, on parfume encore les pantacles avec les espèces odoriférantes, et on les remet dans le drap de soie consacré, pour s'en servir au besoin.

On ne peut faire aucune opération magique pour exorciser les esprits, sans avoir ce sceau qui contient les noms de Dieu. Le pantacle n'est parfait qu'après qu'on a ren­fermé un triangle dans les cercles ; on lit dans le triangle ces trois mots : formatio, reformatio, transformation. A côté du triangle est le mot agla, qui est très-puissant pour arrêter la malice des esprits. Il faut que la peau sur laquelle on applique le sceau soit exorcisée et bénite ; en exorcise aussi L'encre et la plume dont ont se sert pour écrire les noms dont on vient de parler.

 PANTARBE

Pierre fabuleuse à laquelle quelques docteurs ont attribué la propriété d'attirer l'or, comme l'aimant attire le fer. Philostrate, dans la Vie d'Apollonius, en raconte des merveilles : L'éclat en est si vif, dit-il, qu'elle ramene le jour au milieu de la nuit. Mais, ce qui est plus étonnant encore, cette lumière est un esprit qui se répand dans la terre et attire insensiblement les pierres précieuses ; plus cette vertu s'étend, plus elle a de force; et toutes ces pierres dont la pantarbe se fait une ceinture ressemblent à un essaim d'abeilles qui environnent leur roi. De peur qu'un si riche trésor ne devînt trop vil, non-seulement la nature l'a caché dans la terre profonde, mais elle lui a donné la faculté de s'échapper des mains de ceux qui voudraient la prendre sans précaution. On la trouve dans cette partie des Indes où s'engendre l'or.

Suivant l'auteur des Amours de Théagène et de Chariclée, elle garantit du feu ceux qui la portent.

 PAOUAOUCI

Enchantements ou conjurations au moyen desquels les naturels de la Virginie prétendent faire paraître des nuages et tomber de la pluie.

 PAON

Symbole des princesses. Les Persans appelaient l'ange Gabriel: le Paon du Paradis. On sait aussi que, Argus endormi au son de la flûte par Mercure, puis décapité pour s'être révolté contre Isis et avoir, à l'aide de ses cent yeux toujours ouverts, vu ce qu'il ne devait pas voir, fut ensuite transformé en paon. La naissance de cette légende a des cau­ses multiples. L'une d'elles est certainement le fait que l'imagination populaire a toujours été frappée de la similitude qui existe entre les cercles colorés du plumage de la queue du paon et l'image d'un oeil.

 PAPILLON

L'image matérielle de l'âme la plus généralement adoptée est le papillon. Les artistes anciens donnent à Platon une tête avec des ailes de papillon, parce que c'est le premier philosophe grec qui ait écrit dignement sur l'immortalité de l'âme.

 PARACELSE

(Philippus Aurcolus Théophrastus Bombast von Hohenheim)

Né dans le canton de Zurich en 1493. Il voyagea, vit les médecins de presque toute l'Europe, et conféra avec eux. Il se donnait pour le réformateur de la médecine; et voulant en arracher le sceptre à Hippocrate et à Galien, il décria leurs prin­cipes et leur méthode. On lui doit la décou­verte de l'opium et du mercure, dont il enseigna l'usage. Paracelse est surtout le héros de ceux qui croient à la pierre philosophale, et qui lui attribuent hautement l'avantage de l'avoir possédée, s'appuyant en cela de sa propre autorité. C'était quelque-fois un homme étonnant et un grand charlatan. Quand il était ivre, dit Wetternus, qui a demeuré vingt-sept mois avec lui, il menaçait de faire venir un million de dia­bles, pour montrer quel empire et quelle puissance il avait sur eux. Mais il ne disait pas de si grandes extravagances quand il était à jeun. Il avait, selon les démonomanes, un démon familier renfermé dans le pommeau de son épée. Il disait que Dieu lui avait révélé le secret de faire de l'or; et il se vantait de pouvoir, soit par le moyeu de la pierre philosophale, soit par la vertu de ses remèdes, conserver la vie aux hommes pendant plusieurs siècles. Néanmoins il mourut à quarante-huit ans, en 1541, à Salzbourg.

Les médecins, ses rivaux, n'ont pas peu contribué à le décrier. «  Ce fut le diable (dit le docteur Louis de Fontenettes , dans la préface de son Hippocrate dépaysé), qui suscita Paracelse, auteur de la plus damnable hérésie qui ait jamais été tramée contre le corps humain. »

 PARCHEMIN VIERGE

Il est employé dans la magie en plusieurs manières. On appelle parchemin vierge celui qui est fait de peaux de bêtes n'ayant jamais engendré. Pour le faire, on met l'animal qui doit le fournir dans un lieu secret ou personne n'habite, on prend un bâton vierge, ou de la sève de l'année ; on le taille en forme de couteau; puis on écorche l'animal avec ce couteau de bois, et avec le sel on sale ladite peau, que l'on met au soleil pendant quinze jours. On prendra alors un pat de terre vernissé, autour duquel on écrira des caractères magi­ques. Dans ce pot on mettra une grosse pierre de chaux vive, avec de l'eau bénite et ladite peau; on l'y laissera neuf jours entiers. On la tirera enfin, et avec le couteau de bois, on la ratissera pour en ôter le poil; on la mettra sécher pendant huit jours à l'ombre, après l'avoir aspergée ; on la serrera ensuite dans un drap de soie, avec tous les instruments de l'art. Qu'aucune femme ne voie ce parchemin, parce qu'il perdrait sa vertu. C'est sur ce parchemin qu'on écrit ensuite les pantacles, talismans, figures magiques, pactes et autres pièces.

 PARFUMS

On dit que si l'on se parfume avec de la semence de lin et de psellium, ou avec les racines de violette et d'ache, on connaîtra les choses futures, et que pour chasser les mauvais esprits et fantômes nui­sibles,il faut faire un parfum avec calment, pivoine, menthe et palma-christi. On peut assembler les serpents par le parfum des os de l'extrémité du gosier de cerf, et, au contraire, on les peut chasser et mettre en fuite si on allume la corne du même cerf. La corne du pied droit d'un cheval ou d'une mule, allumée dans une maison, chasse les souris, et celle du pied gauche, les mou­ches. Si on fait un parfum avec le fiel de seiche, du thymiamas, des roses et du bois d'aloès, et qu'on jette sur ce parfum allumé de l'eau ou du sang, la maison semblera pleine d'eau ou de sang; et si on jette des-sus de la terre labourée, il semblera que le sol tremble.

 PARLANGE CHARLES

Guérisseur célèbre de Paris. Mérite d'être cité pour avoir réalisé pour la première fois sous contrôle, la momification d'une côtelette de mouton se trouvant à Toulouse, depuis Paris où il habitait. Cette expérience mémorable fut faite en 1934.

 PARANATELLONS

Sorte d'horoscope journalier universellement applicable à toutes les personnes nées un jour donné, sans considération de l'année de naissance

 PARQUES

Divinités que les anciens croyaient présider à la vie et à la mort maîtresses du sort des hommes, elles en réglaient les destinées. La vie était un fil qu'elles filaient : l'une tenait la quenouille, l'autre le fuseau, la troisième avec ses grands ciseaux coupait le fil. On les nomme Clotho, Lachésis et Atropos. On les fait naître de la Nuit, sans le secours d'aucun dieu; Orphée, dans l'hymne qu'il leur adresse, les appelle les filles de l'Erèbe.

 PART DE FORTUNE ( ASTROLOGIE )

En Astrologie, l'emplacement de la Part de Fortune se détermine en reportant, à partir de l'Ascendant, la distance angulaire qui sépare le Soleil de la Lune. Les Astrologues ne sont pas d'accord sur sa signification ; alors que la tradition lui accorde une valeur sûre concernant la prospérité financière.

 PART DE FORTUNE ( GEOMANCIE )

En Géomancie, lorsque le jet de points est terminé, on compte le nombre total de points jetés. On divise le nombre par douze. Le reste de la division désigne la Maison dans laquelle tombe la part de fortune. Si cette maison est occupée par une figure bénéfique, elle renforce cette valeur et inversement, elle aggrave la situation si la figure occupant la maison est maléfique. S'il y a passa­tion de la figure occupée par la maison dans laquelle tombe la part de fortune, au domicile du juge, cette passation revêt alors une importance exceptionnelle et doit passer au tout premier plan de l'interprétation du thème.

 PARTHÉNOMANCIE

Divination pour connaître la présence ou l'absence de fa virginité. On mesurait le cou d'une fille avec un fil, et en répétant l'épreuve avec le même fil, on tirait mauvais présage du grossissement du cou.

 PASÉTÈS

Magicien qui achetait les choses sans les marchander; niais l'argent qu'il avait donné n'enrichissait que les yeux, car il retournait toujours dans sa bourse.

 PASSALORYNCHITES

Hérétiques des premiers siècles, ainsi nommés de deux mots grecs qui veulent dire pieu dans le nez. Ils croyaient qu'on ne pouvait prier convenablement qu'en se mettant deux doigts, comme deux pieux, dans les deux narines.

 PASSATION

En Géomancie, on appelle passation le fait qu'une même figure se retrouve dans une autre ou plusieurs autres maisons (on dit qu'il y a passation simple, ou passation avec répétition). Il y a passations parallèles lorsque plusieurs figures passent d'une maison à l'autre en conservant le même écart. Il y a passation double lorsqu'une figure passe d'une maison à la maison suivante. La passation implique une synergie entre les éléments représentés par les maisons entre lesquelles elle s'effectue.

 PATALA

Nom de l'enfer des Indiens.

 PATINIAC

Superstition particulière aux Indiens des îles Philippines. C'est un sortilége qu'ils prétendent attaché au fruit d'une femme, dont l'effet est de prolonger les douleurs de l'enfantement et même de l'empêcher. Pour lever le charme, le mari ferme bien la porte de la case, fait un grand feu tout à l'entour, quitte les vêtements dont il est couvert, prend une lance ou un sabre , et s'en escrime avec fureur contre les esprits invisibles jusqu'à ce que sa femme soit délivrée.

 PEGOMANCIE

Autre nom de l'hydromancie. On réservait plus particulièrement ce nom à la divination qui se faisait avec de l'eau de fontaine.

 PENATES

Voir au mot MANES.

 PENTAGRAMME

Des deux polygones à cinq côtés (le pentagone et l'étoile à cinq branches), on réserve généralement à ce dernier le nom de pentagramme. Cette figure a, selon la science talismanique, une foule de valeurs. Pour s'en tenir à une symbolique plus simple, il faut la placer dans la continuité des polygones et voir quelles sont ses correspon­dances analogiques spécifiques. Ces correspondances sont indiquées par le symbolisme même du cinq. Par surcroît, l'histoire du courant judéo-chrétien montre que le triangle est l'attribut de Jéhovah et la croix celui du Christ. L'étoile à cinq branches est l'attribut de l'ère suivante, le Christ (dans l'ordre 3, 4, 5... Père, Fils, Saint-Esprit). en fait, et comme nous le signalons ailleurs, l'Islamisme, la dernière grande religion créée, a pour emblème l'étoile d'argent, l'U. R. S. S. l'étoile rouge, les U. S. A. l'étoile blanche. L'étoile d'or est l'emblème du Saint-Esprit).

 PERESPRIT

Les spirites désignent par périsprit le corps astral, qui participerait à la fois du corps et de l'esprit immatériel. Pour eux, en effet, et pour certains métapsychistes (mais alors au titre de simple hypothèse de travail), la nature est triple : le périsprit, la matière et l'esprit. Il est d'ailleurs peu probable que le nombre de nos plans se limite à trois. Par surcroît, tous sont à la fois matière et esprit.

 PERICLES

Général athénien qui, se défiant de l'issue d'une bataille, pour rassurer les siens, fit entrer dans un bois consacré à Pluton un homme d'une taille haute, chaussé de longs brodequins, ayant les cheveux épars, vêtu de pourpre, et assis sur un char traîné de quatre chevaux blancs, qui parut au moment de la bataille, appela Périclès par son nom, et lui commanda de combattre, l'assurant que les dieux donnaient la victoire aux Athéniens. Cette voix fut entendue des ennemis, comme venant de Pluton, et ils en eurent une telle peur qu'ils s'enfuirent sans tirer l'épée.

 PERIS

Génies femelles des Persans, d'une beauté extraordinaire ; elles sont bienfaisantes, habitent le Ginnistan, se nourrissent d'odeurs exquises, et ressemblent un peu à nos fées. Elles ont pour ennemis les dives.

 PERITHE

Pierre jaune qui avait, dit-on, la vertu de guérir la goutte et qui brûlait la main quand on la serrait fortement.

 PERLE

Gemme dédiée à la lune au sens Phoebé (au sens Diane, c'est la pierre de lune qui est consacrée à cet astre). Universellement consi­dérée comme bénéfique, elle ne justifie pas le discrédit dans lequel la jette quelquefois In superstition contemporaine. Ayant un pouvoir de pantacle attractif des forces lunaires les plus positives, elle compensera, au mieux, du point de vue organique, toutes les sécheresses procédant du tempérament nerveux et toutes les scléroses procédant d'une mauvaise influence de Saturne. Typiquement, elle a une valeur rajeunissante et son effet est particulièrement sensible au niveau de la peau.

Dans le domaine psychologique et dans le cadre du symbolisme de l'oeil gauche, elle confère l'intuition lorsqu'elle manque, et favorise aussi l'imagi­nation créatrice. Elle éveille enfin le domaine de sa sensibilité et de l'affec­tivité, ce qui lui fait accorder le pouvoir de donner l'esprit de finesse à ceux qui n'ont que l'esprit de géométrie. L'histoire rapporte d'autre part que la perle a été employée jusqu'au xixe siècle dans une forme de divination dite Margaritomancie.

Nous ne ferons que citer pour mémoire les compositions dans lesquelles entre la perle et auxquelles la tradition attribue les propriétés suivantes : la poudre de perle mêlée au jus de citron et bue était un merveilleux anti-dote ; elle entrait aussi dans la préparation de la célèbre poudre de gascoigne dont il est parlé dans les vieux formulaires. D'autres formules procèdent avec évidence des rapports symboliques qui existent entre la perle et l'argent.

 PERTEMAN

Une jeune fille de la com­mune d'Uccle (près de Bruxelles) avait dit à plusieurs personnes qu'elle était ensorcelée ; que la nuit des spectres et des reve­nants, vêtus de longues robes jaunes, se présentaient devant son lit et venaient lui causer de grandes frayeurs, au point que sa santé en était altérée. Les frères de cette jeune fille, croyant que leur soeur était réel­lement ensorcelée, eurent recours à un individu de la commune surnommé le perteman ( le joueur de mauvais tours ), qui avait la réputation de posséder le moyen de conju­rer les spectres et les esprits malins. Cet homme s'attendait probablement et pour cause à être consulté par les parents de la jeune fille ; il se mit donc en devoir d'em­ployer, moyennant salaire bien entendu, ses talents surnaturels, comme il les appelait, pour combattre les oeuvres des nombreuses sorcières, dont il prétendait que la jeune fille était la victime. Presque tous les soirs il se rendait, muni d'un gros livre, au do­micile de la fille, y allumait des chandelles et restait souvent là toute la nuit ; cepen­dant le revenant reparaissait toujours lorsque l'exorciseur ne venait pas; enfin, le perteman vint annoncer qu'il était parvenu à reconnaître la cause du malheur et le remède à employer ; ce remède était une somme de 15 francs à répartir entre les trente sorcières qui assiégaient la malheureuse jeune fille ; on les calmait donc à raison de 50 centimes par tête.

Le frère de cette infortunée, ne possédant pas la somme de quinze francs, alla consulter le bourgmestre, et l'on conçoit qu'il n'en fallut pas davantage pour mettre un terme aux manoeuvres du sorcier. L'autorité communale envoya, le soir même où le perteman devait venir opérer le désenchantement définitif, deux gardes forestiers chargés de vérifier ce qui se passait; ceux-ci trou­vèrent le perteman dans la maison. Il s'occu­pait à feuilleter son gros volume, à jeter de l'eau bénite et à marmotter certaines paroles ; vers minuit, ils virent approcher de la maison une femme habillée de jaune, qui alla écouter à la porte ; un instant après, le perteman sortit, disposé à lier conversation avec le revenant ; il aperçut alors les gar­des, prit la fuite, ainsi que la femme, et dans son trouble il laissa tomber son volume mystérieux, qui, vérification faite, fut trouvé être un ouvrage de Mirabeau intitulé : De la monarchie prussienne, sous Frédéric le Grand.

Le perteman fut arrêté, et depuis le revenant n'a plus été vu ni par la jeune fille ni par personne.

 PENTEMAN

Le peintre Penteman , né à Rotterdam, vers l'an 1650, fut chargé de re­présenter dans un tableau des têtes de morts et plusieurs autres objets capables d'inspirer du mépris pour les amusements et les vanités du siècle. Afin d'avoir sous les yeux des modèles, il entra dans un cabinet d'anato­mie, qui devait lui servir d'atelier. En dessinant les tristes objets qui l'entouraient, l'artiste s'assoupit malgré lui et céda bientôt aux charmes du sommeil. Il en goûtait à peine les douceurs, qu'il fut réveillé par un bruit extraordinaire. Quelle dut être sa frayeur, en voyant remuer les têtes des squelettes qui l'environnaient, et en apercevant les corps suspendus au plancher s'agiter et se heurter avec violence. Saisi d'effroi, Penteman sort de ce lieu terrible, se précipite du haut de l'escalier et tombe dans la rue à demi-mort. Lorsqu'il eut repris connaissance, il fut facile de s'assurer que le spectacle dont il venait d'être épouvanté n'était que trop naturel, puisqu'il avait été occasionné par un tremblement de terre. Mais la terreur avait tellement glacé son sang qu'il mourut peu de jours après.

 PESTE

Les rois de Hongrie se vantaient de guérir la jaunisse, comme les rois de France guérissaient les écrouelles, et ceux de Bourgogne dissipaient la peste.

 PET

Qui pète en mangeant voit le diable en mourant.

Axiome populaire répandu pour enseigner la bienséance aux enfants dans les contrées où l'on mange beaucoup de choux et de navets.

 PETCHIMANCIE

Divination par les brosses ou vergettes. Quand un habit ne peut pas se vergeter, c'est un signe qu'il y aura de la pluie.

 PETIT-PIERRE

Les contes populaires de l'Allemagne donnent ce nom au démon qui achète les âmes et avec qui on fait pacte. Il vient au lit de mort sous la forme d'un nain chercher ceux qu'il a achetés.

 PETPAYATONS

Les Siamois appellent ainsi les mauvais esprits répandus dans l'air. S'ils préparent une médecine, ils attachent au vase plusieurs papiers, où sont écrites des paroles mystérieuses pour empêcher que les Petpayatons n'emportent la vertu du remède.

 PEUPLIER

Les anciens regardaient le peuplier comme un arbre dédié aux enfers et aux démons.

 PHAETON ou ERIDAN

L'un des favoris d'Aphrodite, fils d'Eos et de Céphale. On racontait qu'il avait été enlevé tout jeune par la déesse et qu'elle le nomma le gardien nocturne de ses temples sacrés. Les Grecs donnent quelquefois le nom de Phaéton au Soleil. En fait, Phaéton conduisit une fois le char du Soleil, son père, mais tantôt s'approchait trop de la terre, tantôt s'en éloignait trop, jusqu'à ce que Jupiter inquiet n'en vint à le foudroyer. Il tomba dans le Pô, qui porta autrefois précisément le nom d'Eridan. Encore que l'idée n'en soit pas clairement exprimée, il y a peut-être là une transposition du phénomène astronomique de l'excentricité des orbites (pour documentation, chercher ce qui concerne Eridan, Cly­mène, Epaphus, Apollon, Cyenus, Héliades, Tithon, Aurore).

 PHAENIX

Oiseau fabuleux qui, selon la mythologie égyptienne, n'apparaissait en Egypte que tous les cinq cents ans. Il venait alors à tire-d'aile du fond de l'Arabie où il était né, apportant le cadavre de son père au temple d'Héliopolis, pour l'y ensevelir sous une couche de myrte. Il ressemblait à un aigle et était adoré en qualité d'âme d'Osiris. Ceci explique qu'il ait eu deux attributs singuliers :

1 °) Celui d'être unique.

2 °) Celui de renaitre de ses cen­dres. Ces deux attributs s'expliquent aussi en fonction de la signification symbolique du Phaenix : l'âme immortelle.

 PHALLUS

On sait que les Grecs ont aussi appelé Mercure : Chrysorapis, c'est-à-dire « qui a une verge d'or ». Ce à quoi les commentateurs prudents n'ont pas manqué de signaler qu'il s'agissait du caducée et non d'autre chose, et ils ont raison. Mais si le mot verge a un double sens dans notre langue, c'est que précisément cet attribut-instrument a un sens symbolique. La verge d'Aaron, le sceptre royal, la Lance de Parsifal, la Baguette magique, le Bâton du Tarot, le Bâton de Moïse, la Marotte du Fou, sont des symboles ou attributs équivalents de même valeur que le Lingham hindou. Une des formes équivalentes est le serpent (le bâton de Moïse se change en serpent sous les yeux du Pharaon), et comme lui, il est la force de vie.

Il faudrait reprendre toute la mythologie pour traiter la question du symbolisme phallique. Nous ne ferons qu'indiquer les fils conducteurs suivants :

1 °) Le symbole phallique participe de tous les sens de la droite opposée à la courbe.

2 °) Il procède du symbolisme de ce qui est érigé par rapport à ce qui est horizontal.

3 °) Il est le principe masculin central.

4 °) Il est explicité par les mythes de Priape, de Vishnou indirectement Jupiter, Osiris, Bacchus, Pan.

5 °) Il affecte, outre le serpent, la forme symbolique de l'épée pointe en l'air (l'épée pointe en terre montre la croix et symbolise le complexe de castration ou le sacrifice, selon la terminologie chrétienne), la montagne (mythologie chinoise notamment),

6 °) d'une façon générale, se prête à toutes les transformations symboliques qui ont été inventoriées et expliquées par la psychanalyse.

7 °) L'étymologie montre des correspondances multiples (pin, pigne, pignon, pinacle : forme érigée ; erigere : élévation ; biti : étrave en ancien scandinave ; nique, niké : victoire en grec ; nik : coïter en arabe, baiser quelqu'un au sens d'avoir la victoire sur lui, etc... ; virga, verge, verger du latin viridis, vert, vert au sens vert-galant, vergue en normand, envergure ; vit, vita, vitellus, etc... ; vis : force, vir : homme, etc... ; lux, lumière, luxus, luxe, luxuria, surabondance, etc...).

 PHYLACTÈRES

Préservatifs. Les Juifs portaient à leurs manches et à leur bonnet des bandes de parchemin, sur lesquelles étaient écrits des passages de la loi ; ce que Notre-Seigneur leur reproche dans saint Matthieu, chap. XXIII. Leurs descendants suivent la même pratique et se persuadent que ces bandes ou phylactères sont des amulettes qui les préservent de tout danger, et surtout qui les gardent contre l'esprit malin.

Des chrétiens ont fait usage aussi de paroles écrites ou gravées, comme de phylactères et préservatifs. L'Eglise a toujours condamné cet abus.

 PHYLLORHODOMANCIE

Divination par les feuilles de roses. Les Grecs faisaient claquer sur la main une feuille de rose, et ju­geaient par le son du succès de leurs voeux.

 PIACHES

Prêtres idolâtres de la côte de Cumana en Amérique. Pour être admis dans leur ordre, il faut passer par une espèce de noviciat qui consiste à errer deux ans dans les forêts. Ils persuadent au peuple qu'ils reçoivent là des instructions de certains esprits qui prennent une forme humaine pour leur enseigner leurs devoirs et les dogmes de leur religion. Ils disent que le soleil et la lune sont le mari et la femme. Pendant les éclipses, les femmes se tirent du sang et s'égratignent les bras, parce qu'elles croient la lune en querelle avec son mari.

Les Piaches donnent un talisman en forme de X comme préservatif contre les fantomes. Ils se mêlent de prédire, et il s'est trouvé des Espagnols assez crédules pour ajouter foi à leurs prédictions. Ils disent que les échos sont les voix des trépassés.

 PICARD (MATHURIN)

Directeur d'un couvent de Louviers, qui fut accusé d'être sorcier et d'avoir conduit au sabbat Madeleine Bavan , tourière de ce couvent. Comme il était mort lorsqu'on arrêta Madeleine, et qu'on lui fit son procès, où il fut condamné ainsi qu'elle, son corps fut délivré à l'exécuteur des sentences criminelles, traîné sur des claies par les rues et lieux publics, puis conduit en la place du Vieux-Marché; là brûlé et les cendres jetées au vent, 1647.

 PIC DE LA MIRANDOLE (JEAN)

L'un des hommes les plus célèbres par la précocité et l'étendue de son savoir, né le 24 février 1463. II avait une mémoire prodigieuse et un esprit très-pénétrant. Cependant un imposteur l'abusa en lui faisant voir soixante manuscrits qu'il assurait avoir été composés par l'ordre d'Esdras, et qui ne contenaient que les plus ridicules rêveries cabalistiques. L'obstination qu'il mit à les lire lui fit perdre un temps plus précieux que l'argent qu'il en avait donné et le rempiit d'idées chimériques dont il ne fut jamais entièrement désabusé. Il mourut en 1491. On a recueilli de ses ouvrages, des Conclusions philosophiques de cabale et de théologie, Rome, Silbert, in-fol., extrêmement rare ; c'est là le seul mérite de ce livre. Car, de l'aveu même de Tirabos­chi , on ne peut que gémir, en le parcourant, de voir qu'un si beau génie, un esprit si etendu et si laborieux, se soit occupé de questions si frivoles. On a dit qu'il avait un démon familier.

 PICHACHA

Nom collectif des esprits follets chez les Indiens.

 PIE

Oiseau de mauvais augure. En Bretagne, les tailleurs sont les entremetteurs des mariages ; ils se font nommer, dans cette fonction, basvanals; ces basvanals, pour réussir dans leurs demandes, portent un bas rouge et un bas bleu, et ils rentrent chez eux s'ils voient une pie, qu'ils regardent comme un funeste présage.

M. Berbiguier dit que la pie voleuse, dont on a fait un mélodrame, était un farfadet.

 PIED

Les Romains distingués avaient dans leur vestibule un esclave qui avertissait les visiteurs d'entrer du pied droit. On tenait à mauvais augure d'entrer du pied gauche chez les dieux et chez les grands. On entrait du pied gauche lorsqu'on était dans le deuil ou dans le chagrin. Les anciens avaient pour règle de religion de construire en nombre impair les degrés des temples ; d'où il résultait qu'après les avoir montés, on entrait nécessairement dans l'édifice auquel ces degrés conduisaient par le pied droit ; ce que les païens regardaient comme un point essentiel et d`un augure aussi favorable que le contraire eût été funeste.

 PIED FOURCHU

Le diable a toujours un pied fourchu quand il se montre en forme d'homme.

 PIERRE DE LANCRE

Conseiller d'Etat du roi Louis XIII, qui doit sa célébrité, d'une part, à la rigueur avec laquelle il instruisit les procès de sorcellerie dans la région de Bordeaux et, d'autre part, par la conviction qu'il apporta dans l'existence de la magie et de la sorcellerie. Il a laissé dans l'histoire non seulement une interminable liste de femmes qu'il fit torturer et briller vives, mais aussi des livres célèbres de démonographie et sorcellerie. Ceux qu'on cite le plus souvent sont :

1 °) Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons.

2 °) Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues.

 PIERRE DE LUNE

Cette gemme, dédiée à la Lune au sens Diane (à la Lune au sens Phoebe est consacrée la perle). Cette pierre confère les propriétés nocturnes de l'élément lunaire et procède également des vertus de l'argent-métal dans ses alliages. Ses effets les plus ordinaires lorsqu'ils ne sont pas employés selon une thérapeutique proprement dite, sont de favo­riser sur le plan physique les échanges lymphatiques et notamment le drainage cellulaire. Mais elle risque de créer des désordres par inhibition dans la vie sexuelle. Elle favorise la diurèse, mais si elle fait augmenter la quantité des urines émises, elle ne fait pas nécessairement que les toxines s'éliminent pour autant. Sur le plan psychique et contrairement à ce qui se passe pour la perle fine, elle favorise l'imagination poétique et non l'imagination créatrice. Elle donne une sensibilité passive mais qui n'aide en rien la facilité d'expres­sion. Elle donne par contre une mémoire abondante et précise. Sur le plan de la vie, elle est la pierre de la solitude au même titre que le camphre, ana­phrodisiaque qui est son synergique.

Une thérapeutique bien conduite permet d'utiliser les vertus bénéfiques de la pierre de lune tout en en évitant les inconvénients. Des dosages judi­cieux avec d'autres pierres pouvant être par exemple serties dans le même bijou seront fixés d'après la signature planétaire de la personne à qui le bijou est destiné.

 PIERRE PHILOSOPHALE

Grand OEuvre de l'Alchimie (voir ce mot).

 PIERRE D'AIGLE

Ainsi nommée parce qu'on a supposé qu'elle se trouvait dans les nids d'aigle. Dioscoride dit que cette pierre sert à découvrir les voleurs. Matthiole ajoute que les aigles vont chercher cette pierre jusqu'aux Indes pour faire éclore plus facilement leurs petits. C'est là-dessus qu'on a cru qu'elle accélérait les accouchements.

 PIERRE DU DIABLE

Il y a dans la vallée de Schellenen, en Suisse, des fragments de rocher de beau granit, qu'on appelle la pierre du Diable. Dans un démêlé qu'il y eut entre les gens du pays et le diable, celui-ci l'apporta là pour renverser un ouvrage qu'il avait eu, quelque temps auparavant; la complaisance de leur construire.

 PIGEONS

C'est une opinion accréditée dans le peuple que le pigeon n'a point de fiel. Cependant Aristote et de nos jours l'anatomie ont prouvé qu'il en avait un, sans compter que la fiente de cet oiseau contient un sel inflammable qui ne peut exister sans le fiel. On conte que le crâne d'un homme caché dans un colombier y attire tous les pi­geons des environs.

 PIJ

Nom que les Siamois donnent aux lieux où les âmes des coupables sont punies; elles y doivent renaître avant de revenir en ce monde.

 PILAPIENS

Peuples qui habitent une presqu'île sur les bords de la mer Glaciale, et qui boivent, mangent et conversent familiè­rement avec les ombres. On allait autrefois les consulter. Leloyer rapporte que quand un étranger voulait savoir des nou­ve'les de son pays, il s'adressait à un Pila­pien, qui tombait aussitôt en extase et in­voquait le diable, lequel lui révélait les cho­ses cachées.

 PILATE ( MONT )

Montagne de Suisse, au sommet de laquelle est un lac ou étang célèbre dans les légendes. On disait que Pilate s'y était jeté, que les diables y paraissaient souvent, que Pilate, en robe de juge, s'y faisait voir tous les ans une fois, et que celui qui avait le malheur d'avoir cette vision mourait dans l'année. De plus, il passait pour certain que, quand on lançait quelque chose dans ce lac, cette imprudence excitait des tempêtes terribles qui causaient de grands ravages dans le pays, en sorte que, même au XVI siècle, on ne pouvait monter sur cette montagne, ni aller voir ce lac, sans une permission expresse du magistrat de Lucerne, et il était défendu, sous de fortes peines, d'y rien jeter. La même tradition se rattache au lac de Pilate, voisin de Vienne en Dauphiné.

 PILLAL-KARRAS

Exorcistes ou devins du Malabar, aux conjurations desquels les pécheurs de perles ont recours, pour se mettre à l'abri des attaques du requin, lorsqu'ils plongent dans la mer. Ces conjura­teurs se tiennent sur la côte, marmottent continuellement des prières et font mille contorsions bizarres.

 PIPI (MARIE)

Sorcière qui sert d'échanson au sabbat; elle verse à boire dans le repas, non seulement au roi de l'enfer, mais encore à ses officiers et à ses disciples, qui sont les sorciers et magiciens

 PIQUEUR

A Marsanne, village du Dauphiné, près de Montélimart, on entend toutes les nuits, vers les onze heures un bruit singulier qne les gens du pays appellent le piqueur : il semble, en effet, que l'on donne plusieurs coups sous terre. M. Berbiguier, dans son tome III des Farfadets, nous apprend qu'en 1821 les piqueurs qui piquaient les femmes dans les rues de Paris n'étaient ni des filous, ni des méchants, mais des far­fadets ou démons. «  J'étais plus savant, dit-il, que le vulgaire, qui ignore que les farfa­dets ne font le mal que par plaisir. »

 PIRIPIRIS

Talismans en usage chez certains Indiens du Pérou. Ils sont composés de diverses plantes ; ils doivent faire réussir la chasse, assurer les moissons, amener de la pluie, provoquer des inondations, et défaire des armées ennemies.

 PISON

Après la mort de Germanicus, le bruit courut qu'il avait été empoisonné par les maléfices de Pison. On fondait les soupçons sur les indices suivants : on trouva dans la demeure de Germanicus des ossements de morts, des charmes et des imprécations contre les parois des murs, le nom de Germanicus gravé sur des lames de plomb, des cendres souillées de sang, et plusieurs autres maléfices par lesquels on croit que les hommes sont dévoués aux dieux infernaux.

 PISTOLE VOLANTE

Quoique les sorciers de profession aient toujours vécu dans la misère, on prétendait qu'ils avaient cent moyens d'éviter l'indigence et le besoin. On cite entre autres la pistole volante, qui, lorsqu'elle était enchantée par certains charmes et paroles magiques, revenait toujours dans la poche de celui qui l'employait, au grand profit des magiciens qui achetaient, et au. grand détriment des bonnes gens qui vendaient ainsi en pure perte.

 PIVERT

Nos anciens, dit le Petit Albert, assurent que le pivert est un souverain re­mède contre le sortilège de l'aiguillette nouée, si on le mange rôti à jeun avec du sel bénit, c'était un oiseau d'augure. Elius, préteur romain, rendait la justice sur son tribunal, lorsqu'un pivert vint se reposer sur sa tête. Les augures, consultés sur ce fait, répondirent que tant qu'Elius prendrait soin de l'oiseau, sa famille prospérerait, mais que, la république serait malheureuse ; qu'au contraire, lorsque le pivert périrait, la répu­blique prospérerait et la famille d'Elius serait à plaindre. Ce dernier, préférant l'intérêt public au sien, tua sur-le-champ l'oiseau en présence du sénat ; et quelque temps après, dix sept jeunes guerriers de sa maison furent tués à la bataille de Cannes. Mais cette bataille n'accomplit que la moitié de la prédiction, et démentit l'autre, puisqu'elle fut la plus désastreuse de toutes celles que perdit la république.

 PLANETES

Les planètes ont, en Astrologie, le rôle qu'on sait. Cependant, rien ne prouve que les correspondances alléguées par les tenants de cet art soient dues à des influences au sens où ils l'entendent généralement. Dans ces conditions, rien ne permet d'inférer, à partir de notre système astrologique, les qualités propres des planètes. Résolument, il faut rester sur le plan des analogies et considérer Ies notions planétaires comme des notions-clefs. Jean Carteret a eu l'heu­reuse idée de situer le symbolisme planétaire par rapport à la notion de processus. En fait, il y a, dans les conduites humaines comme dans les phéno­mènes et événements qui nous entourent, des choses qui suivent le proces­sus solaire, d'autres le processus lunaire, etc... Ainsi définies, les planètes prennent un sens purement analogique qui écarte toute équivoque ; leur étude peut, de plus, être considérée sous l'angle expérimental. Aux différents articles correspondant aux noms des planètes, nous définissons donc les processus correspondants, et les pôles symboliques directeurs de ces processus. (Voit SOLEIL, MARS, etc...).

 PLANETES ANTECEDENTE

On dit qu'une planète est antécédente à une autre lorsqu'on la rencontre après cette autre en remontant le cours du Zodiaque (c'est-à-dire dans l'ordre Poissons, Verseau. Sagit­taire, etc...).

 PLANETE BRULEE

Signifie, dans le vocabulaire astrologique, que cette planète est très proche du Soleil, sans toutefois être en conjonction avec lui. Cette conception, mise en doute par quelques astrologues moder­nes, procède de considérations analogiques qui, effectivement, ne sont peut-être pas pleinement justifiées.

 PLANETE CULMINANTE

Nom donné à la planète qui se tient le plus près du milieu du Ciel, dans un thème astrologique.

 PLATS

Divination par les plats. Quinte-Curce dit que les prêtres égyptiens mettaient Jupiter Ammon sur une nacelle d'or, d'où pendaient des plats d'argent, par le mouve­ment desquels ils jugeaient de la volonté du dieu, et répondaient à ceux qui les consultaient.

 PLUTON

Roi des enfers, selon les païens, et , selon les démonomanes , archidiable, prince du feu, gouverneur général des pays enflammés, surintendant des travaux forcés du ténébreux empire.

 PLUTON ( PLANETE )

Ce terme, qui désigne une planète récemment découverte (1930), encore que sa découverte ait été prévue depuis longtemps, sert à définir analogiquement un processus et un pôle directeur de tout élément relevant de ce processus. Le processus plutonien se caractérise par l'explosivité, la brusquerie de la révélation, la réserve souterraine. En pensant aux attributs du Pluton de la mythologie et à ses rapports avec Proserpine on peut aisément situer le symbolisme du processus plutonien. L'Astrologie se sert avec trop ou trop peu de réserve de cet élément puissant. En tout état de cause, le symbolisme plutonien concerne des choses cosmiques ou humaines, mais non individuelles. On peut appliquer la notion de processus plutonien à tout ce qui concerne la mine (au double sens du mot), l'énergie atomique et tout ce qui, d'une façon générale, passe ex-abrupto du noir au blanc par voie d'explosion.

 PODOMANCIE

Divination par les pieds. Cette science, analogue à la chiromancie, est extrêmement développée en Chine. En Occident, elle est presque inconnue.

 POINT DE L’INTENTION

En Géomancie on considère les douze premières maisons d'un thème, on compte le nombre de points que contiennent les rangs impairs des figures occupant ces maisons. Le reste de la division de ce nombre par douze, désigne la maison où tombe le point de l'intention. On l'appelle aussi « sommation des impairs ». Ce point renseigne sur les efforts que le questionneur aura à fournir et selon la figure occupée par la maison dans laquelle il tombe  le succès de ces efforts.

 POINTE

On appelle pointe d'une Maison astrologique, ou cuspide de cette maison, son point d'origine sur le cercle extérieur d'un thème. Ce point passe pour avoir une importance toute particulière encore que de nombreux auteurs fixent la « pointe d'influence » au centre de la maison

 POISSONS

Le symbolisme des Poissons procède de la douceur, de la perméabilité, du fluide collectif. C'est la sève humaine dans ce qu'elle a à la fois de pitoyable et de potentiellement riche, elle comporte son harmonie qui est faite de renon-cement plutôt que d'ordonnancement. C'est le psychisme collectif avec tout ce qu'il contient de malheur. C'est la douleur de base, attendant sa subli­mation et c'est la religion triste qui en assume le poids. Les Poissons sont « l'hôpital du Zodiaque », mais c'en est aussi la chambre de médiumnité. Correspondances : Froid, Humidité, Eau, Nuit, Silence ou Murmure confus. Totalité : Sommeil. Métal : l'étain. Minéraux : les rochers, la pierre ponce, le corail, le sable de la mer. Parties du corps : les pieds. Planètes : domicile de Neptune ; domicile nocturne de Jupiter. Vénus y est en exaltation ; Mercure y est en exil et en chute à la fois.

 POLYPHÊME

Géant qui n'avait qu'un oeil au milieu du front, célèbre dans l'Odyssée.

 POLYPHIDÉE

Devin d'Hypérésie , pays d'Argos.

 POMME D'ADAM

La légère protubérance qu'on appelle Pomme-d'Adam à la gorge des hommes, vient, dans les opinions populaires, d'un pépin qui s'est arrêté là quand notre premier père mangea si désastreusement le fruit défendu.

 PONT

Les anciens Scandinaves disaient que les dieux avaient fait un pont qui communiquait du ciel à la terre, et qu'ils le montaient à cheval. Quand Satan se révolta contre Piast, il fit bâtir un fameux pont qui allait de l'abîme au paradis. Il est rompu.

On appelle Pont d'Adam une suite de bancs de sable qui s'étendent presque en li­gne directe entre l'île de Manaar et celle de Ceylan, où les indigènes placent le paradis terrestre. C'est, selon les Chingulais, le chemin par lequel Adam, chassé du paradis, se rendit sur le continent. Les Indiens disent que le golfe se referma pour empêcher son retour.

 PONT DU DIABLE

 Dans la vallée de Schellenen, en Suisse, l'imagination croit voir partout les traces d'un agent surnaturel. Le diable n'est point, aux yeux de ces montagnards , un ennemi malfaisant ; il s'est même montré assez bonne personne, en per­çant des rochers, en jetant des ponts sur les précipices, etc., que lui seul, selon les habitants, pouvait exécuter. On ne peut rien imaginer de plus hardi que la roule qui parcourt la vallée de Schellenen. Après avoir suivi quelque temps les détours capricieux de cette route terrible, on arrive à cette oeuvre de Satan, qu'on appelle le Pont du Diable. Cette construction imposante est moins merveilleuse encore que le site où elle est placée. Le pont est jeté entre deux montagnes droites et élevées, sur un torrent fu­rieux, dont les eaux tombent par cascades sur des rocs brisés et remplissent l'air de leur fracas et de leur écume. Le pont de Pont-à-Mousson était aussi l'ouvrage du diable, aussi bien que le pont de Saint-Cloud, le pont qu'on appelait à Bruxelles le Pont du Diable, et plusieurs autres.

 POPOGUNO

Enfer des Virginiens, dont le supplice consiste à être suspendu entre le ciel et la terre.

 POPULUS

Figure de géomancie, dont le nom français est le peuple, le nom populaire la bavarde, et le nom populaire arabe, la réunion. Elle exprime tout ce qui s'apparente symboliquement à la multitude, à la foule, aux efforts non coordonnés, l'incohérence et le désordre. Correspondances : Eau, Lune.

 PORRICIAE

Entrailles de la victime que les prêtres jetaient dans le feu, après les avoir considérées pour en tirer de bons ou de mauvais présages.

 PORTA  ( JEAN-BAPTISTE )

Physicien célèbre, qui a fait faire des pas à la science et qui a préparé les découvertes photographiques dont nous jouissons aujourd'hui, né à Naples vers 1550. On dit qu'il composa à quinze ans les premiers livres de sa Magie naturelle, qui sont gâtés par les préjugés du siècle où il vécut. Il croyait à l'astrologie judiciaire, à la puissance indépendante des esprits, etc. On cite, comme le meilleur de ses ouvrages, la Physiognomonie céleste, 1661, in-4° ; il s'y déclare contre les chimères de l'astrologie ; mais il continue néanmoins à attribuer une grande influence aux corps célestes. On lui doit encore un traité de Physiognomonie, où il compare les figures humaines aux figures des animaux , pour en tirer des inductions systématiques.

 PORTE

Les Tartares mantchoux révèrent un esprit gardien de la porte , sorte de divinité domestique qui écarte le malheur de leurs maisons.

 PORTES DES SONGES

Dans Virgile, l'une est de corne, l'autre est d'ivoire. Par la porte de corne passent les songes véritables, et par la porte d'ivoire, les vaines illusions et les songes trompeurs.

 POSSESSION

La possession désigne le fait qu'un être humain soit habité par un démon (ou plusieurs). La notion de possession est très ancienne. Les Evangiles nous montrent le Christ chassant les démons du corps des possédés. Le Moyen Age eut ses possédés et le phénomène fut d'une extrême fréquence jusqu'à la Révolution. Lorsqu'on interrogeait un possédé, c'était le démon lui-même qui répondait ; il déclinait son nom. Pour les tribunaux ecclésiastiques, le possédé était une victime, mais nullement un responsable. En cas de sortilège, il permettait même de savoir qui s'était rendu coupable de sorcellerie et comme tel, interrogé. (Strictement... c'était le démon qui était interrogé ! Curieux témoignage pour un tribunal ecclésiastique, et piètre garantie pour la Justice !). On connaît la scandaleuse his­toire des Ursulines de Loudun, dans laquelle l'hystérique et vindicative Su­périeure Jeanne de Belciel (soeur Jeanne des Anges !) conduisit au supplice de la question ordinaire et extraordinaire, puis au bûcher, Urbain Grandier, prêtre de Loudun (début du xvlle siècle). Or, des histoires de possessions collectives et individuelles couraient perpétuellement la France et l'étranger.

Il y a encore des possédés. On peut les observer, dans les asiles d'aliénés où ils sont le plus souvent. Il leur arrive de « parler des langues inconnues », « de révéler des choses justes et lointaines » (qui n'arrivent pas), de « faire paraître des futures au-dessus de la nature humaine » — comme disait le Rituel en énumérant les signes assurés de la possession ; mais « ils ne s'élèvent pas dans les airs et n'y restent pas suspendus sans aucun appui » (les possédés de la belle époque non plus, d'ailleurs). Le nombre de ces malheureux est limité ; il y a trois ou quatre cents ans, ils étaient infiniment plus nombreux, parce que les mythomanes, hystériques, 'etc... et simulateurs venaient grossir les rangs.

Comment, dès lors, interpréter les possessions dont il est parlé dans les Evangiles ? A notre avis, de la façon suivante : les Ecritures rapportent, selon le vocabulaire et les croyances du temps, des faits que Jésus n'a jamais pris le soin d'expliquer aux Apôtres. En fait, Jésus, semble-t-il, savait ce qu'il faisait, faute de quoi il n'aurait pas eu ce taux d'efficacité. Ce qui marque en tout cas l'erreur du Moyen Age et au-delà, c'est que jamais l'Eau bénite n'a chassé un seul démon, sauf chez les simulateurs. Par ailleurs, et enfin la notion de Démons (voir ce mot) est assez proche de celle d'Entité, et par conséquent d'Entité morbide (nous ne forçons pas les mots ; voir Essai sur la Guérison, du Dr Allendy). Dans ces conditions, on peut parler de Démons pour parler des maladies, alors que l'Eglise ignore dans la possession une maladie.

 POT A BEURRE

Un habile exorciste avait enfermé plusieurs démons dans un pot à beurre; après sa mort , comme les démons faisaient du bruit dans le pot , les héritiers le cassèrent, persuadés qu'ils allaient y surprendre quelque trésor; mais ils n'y trouvèrent que le diable assez mal logé. il s'en-vola avec ses compagnons , et laissa le pot vide.

 POU D'ARGENT

C'est la décoration que le diable donne aux sorciers.

 POUDRE DE SUCCESSION

Nom donné à des poisons en poudre que vendaient de soi-disant sorciers et qu'achetaient des femmes désirant être veuves (XVIIe siècle).

POUDOT

Savetier de Toulouse, dans la maison duquel le diable se cacha en 1557. Le malin jetait des pierres qu'il tenait enfermées dans un coffre que l'on trouva fermé à clef, et que l'on enfonça ; mais, malgré qu'on le vidât, il se remplissait toujours. Cette circonstance fit beaucoup de bruit dans la ville, et le président de la cour de justice, M. Latomy, vint voir cette merveille. Le diable fit sauter son bonnet d'un coup de pierre au moment où il entrait dans la chambre au coffre; il s'enfuit effrayé, et on ne délogea qu'avec peine cet esprit, qui faisait des tours de physique amusante.

POULE NOIRE

C'est en sacrifiant une poule noire à minuit, dans un carrefour isolé, qu'on engage le diable à venir faire pacte. Il faut prononcer une conjuration, ne se point retourner, faire un trou en terre, y répandre le sang de la poule et l'y enterrer. Le même jour, et plus ordinairement neuf jours après, le diable vient et donne de l'argent; ou bien il fait présent à celui qui a sacrifié d'une autre poule noire qui est une poule aux oeufs d'or. Les doctes croient que ces sortes de poules, données par le diable, sont de vrais démons. Le juif Samuel Bernard, banquier de la cour de France, mort à quatre-vingt-dix ans en 1739, et dont on voyait la maison à la place des Victoires , à Paris , avait , di­sait-on, une poule noire qu'il soignait extrê­mement ; il mourut peu de jours après sa poule, laissant trente-trois millions. La superstition de la poule noire est encore très répandue. On dit en Bretagne qu'on vend la poule noire au diable, qui rachète à minuit, et paye le prix qu'on lui en demande. Il y a un mauvais et sot petit livre dont voici le titre :« La Poule Noire, ou la poule aux oeufs d'or, avec la science des talismans et des anneaux magiques, l'art de la nécromancie et de la cabale, pour conjurer les esprits infer­naux, les sylphes , les ondins , les gnomes , acquérir la connaissance des sciences secrètes, découvrir les trésors et obtenir le pouvoir de commander à tous les êtres et déjouer tous les maléfices et sortiléges, etc. »

POULET

Chez les Romains, on interprétait la manière dont mangeaient les poulets sacrés, spécialement élévés pour ce genre de divination.

POURANG

Nom du premier homme, selon les Japonais, lequel sortit d'une citrouille échauffée par l'haleine d'un boeuf, après qu'il eut cassé l'oeuf d'ou le monde était issu.

POU-SHA

Dieu de la porcelaine chez les Chinois. Des ouvriers, dit-on, ne pouvant exécuter un dessin donné par un empereur, l'un d'eux, nommé Pou-sha, dans un moment de désespoir, s'élança dans le fourneau tout ardent. Il fut à l'instant consumé, et la porcelaine prit la forme que souhaitait le prince. Ce malheureux acquit à ce prix l'honneur de présider, en qualité de dieu, aux ouvrages de porcelaine.

PRA-ARIASERIA

Personnage fameux qui vivait dans le royaume de Siam, du temps de Sommona-Codom. Les Siamois en font un colosse de quarante brasses et demie de cir­conférence, et de trois brasses et demie de diamètre, ce qui paraît peu compréhensible. II est vrai que nous ne savons pas quelle était sa forme.

PREMIER MAI

En Grèce, il était de coutume pour les jeunes gens d'aller chercher des feuillages nouveaux, ce qui était l'occasion de réjouissances diverses. Cette tradition s'est perpétuée sous toutes sortes de formes jusqu'à devenir le rite du muguet. Par ailleurs, une tradition aussi ancienne fait du premier mai le jour du respect à l'autorité. Au Moyen Age en France, les paysans plantaient un arbre, dit « le May », aux alentours de la porte de leur seigneur. Actuellement, on sait que le seigneur est devenu prolétariat, mais que le premier mai demeure le jour convenable pour lui proclamer son attachement. Mais à y regarder de plus près, il s'agit là d'un tournant important : on dit que, vers le début de 1790, les révolutionnaires plantèrent des arbres de la liberté ; il y a été fait allusion à l'Assemblée Nationale le 16 février 1790. Ce qu'on ne dit pas, c'est que les arbres dont on a parlé à cette date n'étaient évidemment pas des arbres plantés en janvier ! En fait, il s'agissait des Mays, ou Mais, précédemment plantés, et aux pieds desquels les paysans brûlaient les titres de noblesse de leurs ci-devant seigneurs.

Si l'on tient compte du fait que le 1° mai correspond astrologiquement à l'entrée dans le deuxième décan du Taureau, ou décan de la lutte, on détient déjà un des facteurs de l'explication. L'autre est détenu par la persistance de fêtes païennes liées au solstice du printemps et que les modifications du calendrier ont repoussées au premier mai. Le premier mai a donc toujours été manifesté de manière ambivalente parce qu'il symbolise la force végétative du printemps forçant les barrages. Ce fut en Grèce (comme à Rome, aux Jeux Floraux) la force végétative du printemps poussant la jeunesse à rompre ce jour-là les interdits sexuels (on crut même devoir, à certaines époques, interdire la fête des feuillages qui était occasion de débauche collective) ;

PREMONITION

On appelle prémonition le fait de savoir à l'avance qu'un événement va se produire, sans qu'aient pu jouer les proces­sus habituels du raisonnement, ou la sensation ou la perception de signes prodromiques. Flammarion cite le cas d'un homme qui ne parvient pas à s'endormir, puis tout à coup, est obsédé par l'idée de changer son lit de place. Tout en jugeant cela ridicule et après avoir atermoyé un long moment, il se décide à le faire. A peine était-il réinstallé dans son lit que le plafond s'effondrait avec ses poutres et ses plâtras. L'endroit où se trouvait le lit précédemment avait précisément reçu les matériaux les plus lourds et l'homme n'aurait pas manqué d'être grièvement blessé ; où il se trouvait, au contraire, le plafond avait tenu. Cet exemple n'est pas probant, et nous le citons pré­cisément pour montrer la difficulté de la critique qui s'impose dans de tels cas. Avant que le plafond soit tombé, il est admissible et même vraisem­blable qu'il a ployé et, par conséquent, émis des craquements ou des cris­sements sourds. Ne peut-on pas supposer que l'inconscient du sujet, inter­prétant ces bruits, a conditionné le comportement prémonitoire ?

Beaucoup de gens racontent leurs prémonitions ; dans le plus grand nombre des cas, il s'agit d'une précision à partir d'éléments inconscients. Mais il existe de vraies prémonitions, et pas seulement chez les humains. On cite à l'infini des cas de soldats de la guerre de 1914-18, habituellement courageux et qui, un beau jour, pas plus dangereux que tous les autres, annonçaient à leurs camarades que ce serait leur tour ce jour-là. Là aussi, une critique statistique — mais elle a été faite — s'imposait, et si l'on prend soin de distinguer le « vague pressentiment » de la certitude prémonitoire, la question est jugée. Dans le fond, la prémonition ne diffère pas de la voyance (et c'est à ce mot que nous renvoyons le lecteur). Parmi les phénomènes de voyance, elle se caractérise par le fait d'être généralement accidentelle et inopinée.

PRESCIENCE

Au sens plein, la prescience est le fait de savoir .avant (sous-entendu : avant que les éléments nouveaux permettant d'acquérir ce savoir se soient présentés). Les chercheurs scientifiques pratiquent la prescience à longueur de journée dans la mesure où ils passent leur temps à faire des hypothèses et à les vérifier. Mais la prescience d'un résultat con­ditionné ne met en jeu qu'un système limité à l'intérieur duquel l'intuition devançant souvent le raisonnement, il est aisé de deviner ce qui va se passer. Lorsqu'il s'agit au contraire de la prescience d'événements, l'intuition tra­vaille dans le système infiniment étendu de l'univers. Aussi la probabilité de prévision juste tombe-t-elle à un taux relativement bas. Il est indéniable .que les faits de prescience justifient de résultats que la probabilité n'explique pas. C'est que nous sommes alors sur le plan de la voyance qui met en jeu des mécanismes tout différents.

PRESTIGES

Terme de démonologie et de théologie par lequel on oppose les miracles faits par le diable (et qui, par conséquent, ne peuvent porter ce nom) aux miracles divins.

PRIERE

La prière est un fait aussi ancien que l'histoire de la civilisation. On peut même affirmer sans preuves mais avec de minimes chances d'erreur, que la prière a existé bien avant l'histoire. Quelle que soit la religion dans laquelle on la considère, elle est un acte magique et son histoire suit toujours le même cycle dans une civilisation donnée : dans un premier temps, elle est craintive et sollicite tout d'une autorité extérieure anthropomorphique et discrétionnaire. Dans un deuxième temps, elle sollicite au nom du coeur, des forces d'Amour, afin d'obtenir une faveur. Dans un troisième temps, elle s'adresse à l'Univers, et le prend pour point d'appui dans son effort de libération personnelle. C'est à ce troisième stade qu'en est le Bouddhisme depuis deux millénaires et demi. Mais quel que soit le degré d'avancement évolutif du processus, il n'en reste pas moins magique .

De toutes les disciplines d'esprit, la prière est certes la plus féconde et la plus indispensable. Avec saint François de Sales, on peut distinguer des étapes et des qualités de l'état de prière. L'Oraison muette et participante est évidemment la meilleure si elle atteint une intensité suffisante. Mais elle ne dispense pas de la formule, qui donne un sens à la vie mentale, ni de l'attitude, qui mobilise les énergies profondes en vertu de mécanismes éprouvés depuis des millénaires. Ce n'est pas parce qu'on pense qu'il ne faut pas manger, ni parce qu'on a une vie affective qu'il ne faut pas avoir de vie spéculative. Comme la vie, la prière est un tout et elle n'a de sens qu'à cette condition.

PROSERPlNE

Epouse de Pluton selon les païens, et reine de l'empire infernal. Selon les démonomanes, Proserpine est archiduchesse et souveraine princesse des esprits malins. Son nom vient de proserpere, ramper, serpenter; les interprètes voient en elle le serpent funeste.

PROSTROPHIES

Esprits malfaisants qu'il fallait supplier avec ferveur, chez les anciens, pour éviter leur colère.

PSÉPHOS

Sorte de divination où l'on faisait usage de petits cailloux qu'on cachait dans du sable.

PSYCHOMANCIE

Mode de divination dans laquelle on évoquait les âmes. Cette divination procède d'une multitude de techniques (par le portrait, par la transe, etc...), aussi en sera-t-il indirectement traité à l'occasion des différents phénomènes métapsychiques.

PSYCHOMETRIE

Faculté de voyance qui s'exerce communément au contact des objets. Le psychomètre touche l'objet qui lui est soumis ; il a aussitôt, sous forme d'images ou de savoir non imagé, la connaissance de ce qui concerne cet objet et les personnes qui l'ont successivement possédé ou avec lesquels il a été en contact plus ou moins prolongé.

Pour expliquer ce phénomène psychique, on a voulu, dans un souci matérialiste trop étroitement compris, supposer que les objets s'imprègnent du fluide des personnes qui sont entrées en contact avec eux. Cette théorie, dite de l'empreinte ou de l'imprégnation, fait figure d'hypothèse aussi gratuite qu'inutile, lorsqu'on regarde les faits avec quelque soin, ce que nous avons développé dans les articles consacrés à la voyance et à la radiesthésie.

PSYLLES

Peuples de Libye, dont la pré­sence seule charmait le poison le plus subtil des serpents les plus redoutables. Ils prétendaient aussi guérir la morsure des serpents avec leur salive ou par leur simple attouchement. Hérodote prétend que les anciens Psylles périrent dans la guerre insensée qu'ils entreprirent contre le vent du midi, indignés qu'ils étaient de voir leurs sources dessé­chées.

PUELLE

Figure de géomancie, dont le nom français est la fille, le nom populaire la pucelle, et le nom populaire arabe, la joue sans poil. Elle exprime tout ce qui dérive du symbolisme féminin, avec une nuance de sensua­lité, et aussi d'apaisement, de concorde et de sollicitude. Correspondances : Eau, Vénus.

PUER

Figure de géomancie, dont le nom français est le garçon, le nom populaire l'écervelé, et le nom populaire arabe le solide. Elle exprime tout ce qui s'appa­rente symboliquement à la virilité : courage, énergie, adultère, violence et générosité. Correspondances : Feu, Mars.

PURIFICATION

Dans l'antiquité, on appelait purification celle qui se pratiquait par l'eau. A noter que pour l'expiation des grandes fautes ou des crimes, on devait employer l'eau de mer. A défaut, on prenait l'eau des fleuves et des fontaines, à laquelle on ajoutait du sel.

PUNAISES

Si on les boit avec du bon vinaigre, elles font sortir du corps les sangsues que l'on a avalées, sans y prendre garde, en buvant de l'eau de marais.

PUTÉORITES

Secte juive dont la superstition consistait à rendre des honneurs particuliers aux puits et aux fontaines.

PYROMANCIE

Divination par le feu. On jetait dans le feu quelques poignées de poix broyée; et, si elle s'allumait promptement, on en tirait un bon augure. Ou bien on brûlait une victime, et on prédisait l'avenir sur la couleur et la figure de la flamme. Les démonomanes regardent le devin Amphiaraüs comme l'inventeur de cette divination. II y avait à Athènes un temple de Minerve Po­liade où se trouvaient des vierges occupées à examiner les mouvements de la flamme d'une lampe continuellement allumée. Delrio rapporte que de son temps les Lithuaniens pratiquaient une espèce de pyromancie qui consistait à mettre un malade devant un grand feu ; et, si l'ombre formée par le corps était droite et directement opposée au feu, c'était signe de guérison; si l'ombre était de côté, c'était signe de mort.

PYTHONS

Les Grecs nommaient ainsi, du nom d'Apollon Pythien, les esprits qui ai­daient à prédire les choses futures, et les personnes qui en étaient possédées. La Vulgate se sert souvent de ce terme pour exprimer les devins, les magiciens, les nécromanciens. La sorcière qui fit apparaître devant Saül l'ombre de Samuel est appelée la Pythonisse d'Endor. On dit aussi esprit de Python pour esprit de devin. Les prêtresses de Delphes s'appelaient Pythonisses ou Pythées. Python, dans la mythologie grecque, est un serpent qui naquit du limon de la terre après le déluge. Il fut tué par Apollon, pour cela surnommé Pythien.