RABBATS

Lutins qui font du vacarme dans les maisons et empêchent les gens de dormir. On les nomme rabbats parce qu'ils portent une bavette à leur cravate, comme les gens qu'on appelle en Hollande consolateurs des malades, et qui ne consolent personne.

 RABDOMANCIE

Divination par les bâtons. C'est une des plus anciennes superstitions. Ezéchiel et Osée reprochent aux Juifs de s'y laisser tromper. On dépouillait, d'un côté et dans toute sa longueur, une baguette choisie; on la jetait en l'air ; si en retombant elle présentait la partie dé­pouillée, et qu'en la jetant une seconde fois elle présentât le côté revêtu de l'écorce, ou en tirait un heureux présage. Si au contraire elle tombait une seconde fois du côté pelé, c'était un augure fâcheux. Cette divination était connue chez les Perses, chez les Tartares et chez les Romains. La baguette di­vinatoire, qui a fait grand bruit sur la fin du XVII° siècle, tient à la rabdomancie. Bodin dit qu'une sorte de rabdo­mancie était de son temps en vigueur à Tou­louse; qu'on marmottait quelques paroles ; qu'on faisait baiser les deux parties d'un certain bâton fendu, et qu'on en prenait deux parcelles qu'on pendait au cou pour guérir la fièvre quarte.

 RACHADERS

Génies malfaisants des Indiens.

 RADCLIFFE (ANNE)

Anglaise qui publia, il y a quarante ans, des romans pleins de visions, de spectres et de terreurs, comme les Mystères d'Udolphe, etc.

 RADIESTHESIE

Ce terme, qui est mal choisi, désigne une sensibilité spéciale grace à laquelle l'homme peut détecter la présence de toutes sortes d'éléments. Le nom est mal choisi parce qu'il suppose, a priori, l'existence d'ondes, d'une radiation, que rien ne prouve. Sans doute des esprits ont-ils été impressionnés par les découvertes modernes et ont admis comme évident qu'une sensibilité ne peut capter qu'une onde. Cette hypothèse est d'autant plus absurde que le pendule réagit de la même façon aux prétendues radiations, qu'il soit de bois, de métal, d'agate ou de toute autre substance. Au surplus et jusqu'à nouvel ordre, personne n'a mis ces prétendues ondes en évidence. Enfin, en admettant une hypothèse de cet ordre, on ne comprend plus comment est possible la détection sur plan.

Il faut donc admettre un fait brut : l'homme possède (ainsi que les ani­maux d'ailleurs) une sensibilité particulière. L'adjonction à cette sensibilité d'un pendule, d'une baguette, ou de tout autre dispositif pose d'ailleurs à cet égard une autre question : il est certain, par exemple, que le radiesthésiste peut prendre, avec son pendule, toutes les conventions qu'il veut : l'abbé Lambert et bien d'autres radiesthésistes I'admettent. Par exemple, on peut décider qu'un battement de pendule signifiera une profondeur de la couche d'eau de deux mètres ou bien de cinquante centimètres. Cela est si vrai que tous les radiesthésistes et sourciers n'ont pas le même code.

Le pendule (ou la baguette) n'est donc qu'un index artificiel servant à objectiver une sensibilité qui, sans lui, ne pourrait être visualisée. Par ailleurs, le pendule, en automatisant la réponse à une sensibilité indéfinissable, permet à l'opérateur :

1 °) D'être débarrassé des interventions parasitaires de ses mécanismes mentaux, puisqu'il a l'esprit fixé sur le pendule.

2 °) De régler son appréciation sur cette manifestation et, par conséquent, d'augmenter son taux de précision.

A partir de là, il est évident que chacun peut monter sa réaction à son gré, inventer les dispositifs les plus compliqués, les plus gradués, les plus électriques, les plus fantaisistes. Certains comportent des renforçateurs, d'autres des règles à coulisse, d'autres combinent aux prétendues ondes celles de lumières multicolores. Tout cela n'a ni intérêt ni importance. Un accessoire particulier mérite peut-être seul l'attention : le témoin. On sait quoi appelle témoin un tube ou un paquet contenant un objet de même naturt que ce qui est cherché. Effectivement, la sensibilité spéciale peut avoir besoii de points de repère, tout comme l'oeil a besoin d'un échantillon pour repère une couleur par rapport à une échelle chromatique. Ce besoin est particu fièrement justifié lorsqu'il s'agit par exemple d'identifier un microbe ou ur type lésionnel dont l'opérateur n'a aucune idée ou encore lorsqu'il s'agit de retrouver la trace d'une personne inconnue de l'opérateur.

Il n'y a pas de délimitation franche entre 1'esthésie spéciale dont nous parlons et la voyance. L'une et l'autre sont des formes de connaissance im-médiate. On voit d'ailleurs souvent un opérateur commencer sa détection à l'aide du pendule sur un plan. une photo ou un croquis  puis oublier son pendule et opérer au psychomètre, en touchant simplement le document , puis terminer en pure voyance, sans plus pren­dre aucun support matériel. En résumé, il se passe dans ce domaine ce qui se passe dans le domaine de toutes les sensibilités : la sensibilité proprement dite (ex.: voir) correspond à l'étage le plus matériel de connaissance. Au-dessus se trouve une forme plus profonde et plus subtile de sensibilité, d'ordre psychique, mais qui peut apparaître seulement à l'occasion de repères arti­ficiels (ex.: voir dans une boule de cristal, voir dans le marc de café, voir à partir des indications d'un pendule, etc...) ; plus éduquée, cette forme de sensibilité se passe de tout artifice. Au-dessus encore (et dans un autre axe d'ailleurs), se situe la connaissance mentale (construction imaginative à partir d'éléments détectés par l'analyse) ; puis aussitôt au-dessus se situe la connaissance par sensibilité analogique, qui infère les caractéristiques particu­hères à partir des correspondances analogiques qui les circonscrivent (comme-lorsqu'on dit : « Je vois » après que l'interlocuteur a accumulé les comparaisons). Enfin, la connaissance, parce qu'elle donne la sensibilité immédiate aux Réalités, permet de voir les choses par le dedans, en dehors du temps.

Du point de vue pratique, il est évident que l'apprentissage de la « radiesthésie » doit se faire selon les méthodes enseignées couramment. On nous excusera de ne pas résumer ici ces méthodes ni l'ensemble de la radiesthésie, qui est devenue de notion courante. Mais il importe que, le plus tôt possible, l'élève se détache de l'obsession du matériel et du protocole-technique ; ce qui compte est précisément d'affiner et de consciencialiser sa sensibilité et non de l'emprisonner dans des automatismes.

 RAGALOMANCIE

Divination qui se faisait avec des bassinets, des osselets, de petites balles, des tablettes peintes, et que nul auteur n'a pu bien expliquer

 RAGE

Pour être guéri de la rage, des écrivains superstitieux donnent ce conseil: On mangera une pomme ou un morceau de pain dans lequel on enfermera ces mots: Zioni, Kirioni Ezzeza; ou bien on brûlera les poils d'un chien enragé, on en boira la cendre dans du vin, et on guérira

 RAGINIS

Espèce de fées chez les Kalmouks. Elles habitent le séjour de la joie, d'où elles s'échappent quelquefois pour venir au secours des malheureux. Mais elles ne sont pas toutes bonnes; c'est comme chez nous.

 RALDE ( MARIE DE LA )

Sorcière qu'on arrêta à l'âge de dix-huit ans, au commen­cement du dix-septième siècle. Elle avait débuté dans le métier à dix ans, conduite au sabbat pour la première fois par la sorcière Marissane. Après la mort de cette femme, le diable, selon la procédure, la mena lui-même à son assemblée, où elle avoua qu'il se tenait en forme de tronc d'arbre. Il semblait être dans une chaire, et avait quelque ombre humaine fort ténébreuse. Cependant elle l'a vu aussi sous la figure d'un homme ordi­naire, tantôt rouge, tantôt noir. Il s'appro­chait souvent des enfants, tenant un fer chaud à la main ; mais elle ignore s'il les marquait. Elle n'avait jamais baisé le diable; mais elle avait vu comment on s'y prenait : le diable présentait sa figure ou son derrière, le tout à sa discrétion et comme il lui plaisait. Elle ajouta qu'elle aimait tellement le sab­bat, qu'il lui semblait aller à la noce, «non pas tant par la liberté et licence qu'on y a, mais parce que le diable tenait tellement liés leur coeur et leurs volontés, qu'à peine y laissait-il entrer nul autre désir.» En outre, les sorcières y entendaient une musique har­monieuse, et le diable leur persuadait que l'enfer n'est qu'une niaiserie, que le feu qui brûle continuellement n'est qu'artificiel. Elle dit encore qu'elle ne croyait pas faire mal d'aller au sabbat, et que même elle avait bien du plaisir à la célébration de la messe qui s'y disait, où le diable se faisait passer pour le vrai Dieu. Cependant elle voyait à l'élévation l'hostie noire,Il ne paraît pas que Marie de la Raide ait été brûlée, mais on ignore ce que les tribunaux en firent.

 RAOLLET ( JACQUES )

Loup-garou de la paroisse de Maumusson, près de Nantes, qui fut arrêté et condamné à mort par le parlement d'Angers. Durant son interrogatoire, il demanda à un gentilhomme qui était présent s'il ne se souvenait pas d'avoir tiré de son arquebuse sur trois loups ; celui-ci ayant répondu affirmativement, il avoua qu'il etait l'un des trois loups, et que, sans l'obstacle qu'il avait eu en cette occasion, il aurait dévoré une femme qui était près du lieu. Riekius dit que, lorsque Raollet fut pris, il avait les cheveux flottants sur les épaules, les yeux enfoncés dans la tête , les sourcils refrognés, les ongles extrêmement longs ; qu'il puait tellement qu'on ne pouvait s'en approcher. Quand il se vit condamné par la cour d'Angers, il ajouta à ses aveux qu'il avait mangé des charrettes ferrées , des moulins à Vent, des avocats, procureurs et sergents, di­sant que celte dernière viande était tellement dure et si mal assaisonnée, quil n'avait pu la digérer

 RASPODOMANCIE

Divination qui se pratiquait en ouvrant un livre de poèmes et en interprétant les vers ainsi désignés par le sort. Cette mancie a survécu jusqu'aux premiers temps de l'ère chrétienne. Dans les temps modernes, on en trouve la trace dans la pratique protestante qui consiste à ouvrir la Bible à une page quelconque et à considérer comme message le texte ainsi désigné. Lamennais dit aussi que l'Imitation répond toujours à toute question posée lorsqu'on l'ouvre au hasard.

 REINCARNATION

Doctrine selon laquelle notre esprit est voué, après la mort, à s'unir à un autre corps. Cette doctrine, exprimée ou non, admettant ou non le passage par des vies animales, est connue en Orient depuis les temps immémoriaux. Elle se fonde sur les faits expérimentaux du dédoublement et des manifestations des esprits telles que les spirites en allèguent l'existence. Il est évident que la métapsychique moderne, critiquant les faits, en arrive elle-même à des considérations troublantes. Si l'homme ne passe pas d'une vie à l'autre par une vie intermédiaire et un choix comme le veulent la théosophie, le spiritisme et les religions orientales, il est pour le moins certain que nous sommes en vibration harmonique à travers le temps avec des êtres ayant vécu à d'autres époques.

On compte pour certains des témoignages prouvés et vérifiés de cas dans lesquels un sujet apprend, par un moyen ou par un autre, « qu'il a vécu à telle époque, à tel endroit, et vérifie l'exactitude des renseignements fournis sur la « personnalité antérieure ». Dans un cas qui nous est connu personnellement, une voyante spirite a appris à un homme jeune, cultivé et méfiant d'ailleurs, qu'il avait vécu à Trévise de 1842 à 1865 et lui décrivit même sa maison et ses conditions de vie. Il se rendit sur place et ne trouva pas la maison, qui avait été abattue depuis. Renseignements pris, les indica­tions cadraient avec celles de la voyante spirite. Mais, ce qui est plus inté­ressant encore, c'est que le voyageur reconnut le quartier et éprouva en arrivant qu'il manquait, sur la place, une tour carrée qu'il avait bien con-nue. De cela encore il s'informa et apprit qu'il avait bien existé là une tour carrée, abattue en 1875. Tout cela, comme nous le disons à propos du spi­ritisme, ne constitue pas une preuve formelle. Du fait que la voyance per-met les mêmes découvertes, on peut supposer que la voyance peut expliquer ces faits.

Par ailleurs, la doctrine des réincarnations est sujette à des variations étranges. II n'y a qu'un point sur lequel elle ne varie guère, et qui peut se résumer dans la notion de Karma.

Or, cette notion, si elle n'est pas subjective, est pour le moins trans­cendantale, et ce n'est pas de ce côté-là que peut venir la lumière. Dès lors, quel parti prendre ? Un seul : Faire le chemin qui sépare l'homme ordinaire de l'initié, se soumettre à une ascèse intérieure afin de connaître par évi­dence ce que la logique humaine ne peut pas décider. Si cette solution ne satisfait pas le lecteur, nous nous en excusons, mais du fait qu'il n'y a pas de preuves logiques, nous lui proposons l'expérimentation lui faisant l'honneur de croire qu'il n'accepterait pas une opinion sans preuves.

 RHABDOMANCIE

Divination par des baguettes. On jetait celles-ci dans un vase ou une coupe. Elles formaient alors des figures qu'on interprétait. On pouvait aussi faire tirer au sort par le consultant une baguette parmi une série de baguettes semblables portant chacune des carac­tères gravés et secrets. Outre ces formes diverses dans lesquelles la baguette ne joue pas un rôle essentiel, la rhabdomancie comporte aussi toutes les formes de divination s'effectuant avec une baguette et notamment la sourcellerie ou hygromancie — plus connue sous le nom d'art des sourciers.

 RICHELIEU

Le maréchal de Richelieu, étant ambassadeur à Vienne, se fit initier dans la société de quelques nécromanciens, qui lui promirent de lui montrer Belzehuth, le prince des démons. Il donna dans cette chimère. Il y eut une assemblée nocturne, des évocations : en sorte que l'affaire éclata. Un jour que le maréchal disait à Louis XV que les Bourbons avaient peur du diable, le roi lui répondit : — C'est qu'ils ne l'ont pas vu comme vous.

 RITUEL

Terme générique désignant «  ce qu'il faut faire » conformément à la règle dogmatique ou magique. Du point de vue de son contenu, un rituel comporte des paroles à prononcer, des attitudes à prendre, des gestes à faire, des actes précis, des vêtements à arborer, etc... Le Rituel désigne à la fois le déroulement des opérations prescrites (ex. : le Rituel du Baptême) et le Recueil contenant la description des rites (ex.: Rituel de Haute Magie).

Quant à son origine et sa signification, il n'est pas sans intérêt de rapporter ici le schéma qui en a été fait par la Société Française de Psychosociologie :

1 °) Le rite est, dans un premier temps, le processus inconscient qui guide les actes dans les manifestations de magie de participation : gestes, paroles, incantations, etc...

2 °) Comme la pensée est origi­nairement collective, le rite se traduit par des actes collectifs qui traduisent cette participation magique (danses, chants, cérémonies faisant partie de la tradition élémentaire des peuples primitifs, etc.).

3 °) Les rites, sous l'influente des sorciers, de prêtres ou de tout autre agent de socialisation, se figent en un Rituel.

4 °) Sous l'influence de ces mêmes agents, le Rituel se rigidise et se charpente d'un Dogme ; il acquiert des droits de coercition sur les non-conformistes.

5 °) Le dogme devient abstrait et le Rituel se vide de son contenu tout en affermissant les lignes de son protocole ; il devient gestes et paroles dénués de son sens pour le commun.

6 °) Le Rituel, privé de son sens, dégénère alors. Ou bien il se transforme jusqu'à être mécon­naissable ; ou bien il est abandonné progressivement ; ou bien, parce qu'il garde un attrait pittoresque, il demeure sous une superstition ou un jeu. L'histoire des jeux est typiquement intéressante à cet égard : Colin Maillard, par exemple, se jouait au XVe siècle en déguisant la victime d'une peau d'animal close de toutes parts, et en rossant cruellement ce personnage aveugle, assimilé au diable, jusqu'à ce qu'il ait attrapé un de ses bourreaux.

Comme un rituel procède originairement des forces magiques c'est-à-dire des lois naturelles il procède par contre-coup de tous les rituels correspondants ayant eu cours en d'autres temps. Cela explique que le Rituel de l'Eglise Romaine reprenne involontairement le Rituel de l'Orphisme et de toutes sortes de religions monothéistes antiques : le solstice d'hiver a donné lieu à des pratiques magiques collectives qui, sous des noms divers, appellent des formes expressives analogues — qu'on appelle ce solstice « nouveau soleil » ou « Noël ». Aussi faut-il, pour l'étude, considérer les rites « en enfilade ». C'est de la correspondance de rituels correspondants qu'on peut tirer les rudiments d'une symbolique expérimentale. Quant au jugement humain à porter sur les rites, s'il fallait en exprimer un, il faudrait dire qu'ils ne sont pas une preuve de faiblesse, mais au contraire un garant d'authenticité. Qu'il s'agisse d'une religion déiste, d'une religion métaphysique ou d'une religion politique, ce qui serait inquiétant serait que fût abandonné un rituel correspondant à la Nouvelle Année, au repos domi­nical, à la Saint-Jean, etc.... Par contre, le fait que les ressortissants d'un dogme ne saisissent plus le sens de son Rituel est de mauvais augure quant à la longévité de ce dogme.

 ROBERT LE DIABLE

Frère aîné de Richard sans Peur. On dit qu'il avait pour père un démon. Ce fut un effroyable bandit. Après les excès les plus horribles, il se con­vertit; fit une longue pénitence et mourut ermite. On croit en Normandie que son spec­tre errant doit expier jusqu'au jugement dernier. Voyez, dans les Légendes de l'histoire de France, de J. Collin de Plancy, la chronique de Robert le Diable.

 ROBERT

Sorcier de l'Artois, qui fut condamné, en 1331, au bannissement et à la confiscation de ses biens. Il avait formé le dessein d'envoûter le roi, la reine et le duc de Normandie. Il avait montré à un prêtre une petite figure de cire mystérieusement enveloppée dans un écrin. Cette figure représentait Jean, duc de Normandie, fils du roi.

 ROBERT

Roi de France. Ce monarque avait épousé Berthe, sa cousine issue de ger­main. Le pape Grégoire V examina l'affaire dans un concile. Suivant la discipline du temps, le mariage fut déclaré incestueux, et le concile décréta que les époux seraient tenus de se séparer et de faire pénitence. Le roi Robert, refusant de se soumettre, fut excommunié et son royaume mis en interdit. Un jour qu'il était allé faire sa prière à la porte d'une église, on lui présenta un petit monstre qui avait le cou et le dessus de la tête d'un canard. — Voyez, lui dit-on, les effets de votre désobéissance : la reine Berthe vient d'accoucher de cet enfant. Le roi, à ce spectacle, répudia Berthe, et l'excommuni­cation fut levée. C'est à cause de cet incident que la reine Berthe, femme de Robert, fut représentée dans ses statues avec un pied d'oie.

 ROSE-CROIX

Le mot est pris substantivement pour désigner tout un ensemble de directions doctrinales et on lui fait traditionnellement correspondre l'idéogramme composé d'une croix inscrite dans un cercle. En fait, ce nom peut être considéré comme une transcription du nom de Christian Rosenkreutz, son fondateur du XIVe siècle. D'autres font remonter cette fondation au XIIe siècle. Bref, le nom même de Rosenkreutz est peut-être mythique, mais ce qui est certain, c'est que la Confrérie des Roses-Croix a existé, a même connu une grande vitalité au XVIIe siècle et semble avoir, au minimum, orienté son activité vers l'alchimie, les sciences psychiques et le symbolisme.

Sur les bases de ce patrimoine valable, deux nouvelles sociétés rosi­cruciennes furent fondées à Paris en 1888, mais sur des conceptions de l'occultisme qui sont loin d'offrir une garantie. La première fut fondée par Stanislas de Guaita qui l'appela : Ordre Kabbalistique des Rose-Croix, la seconde fondée par Peladan s'appela La Rose-Croix Esthétique du Temple et du Graal. La première, outre des buts humanitaires et d'entr'aide, se proposait « la lutte pour montrer à la théologie chrétienne les magnificences ésoté­riques dont elle est grosse à son insu ». La seconde disait aussi, par les bonnes oeuvres, « opérer selon le Saint-Esprit dont il s'efforçait d'augmen­ter la gloire et de préparer le règne ». Si l'occultisme avait été autre chose que ce qu'il était à la fin du XIXe siècle et si le préjugé de la Bonne Action humanitaire n'avait pas entaché leur action culturelle, il est certain que les deux sociétés avaient à jouer un rôle sérieux. La seconde sombra dans l'indifférence. Et comme les confréries valent ce que valent ceux qui les dirigent, il importe de préciser que les remarques et réserves faites ci-dessus ne pré-jugent rien quant à l'activité de ceux qui, de nos jours, ont repris le flam­beau de la Rose-Croix.

 ROUGE

Le rouge est, selon la symbolique chrétienne, une des trois couleurs fondamentales avec le noir et le blanc. Il symbolise l'Amour Divin. Dans la symbolique mythologique, il a toutes les valeurs symboliques de Mars (le sang, la guerre, la colère), ce que le langage courant a confirmé. Dans les langues slaves, les mots du type chervonié (en russe, en polonais notamment) signifient à la fois rouge et beau. En thibétain, le mot Mé signifie à la fois rouge et trois (la flamme a d'ailleurs une forme triangulaire et il y a toute une correspondance symbolique dans cette direction). En Chine, à certaines époques et dans certaines régions, le rouge fut la couleur du deuil. Le rouge-sang un peu noir est donné aussi, dans la symbolique du Moyen Age, comme symbole du Démon. Il est difficile de retrouver une filière centrale dans tous ces sens. Mais il faut mentionner des expériences faites récemment sur l'in­fluence des couleurs : on peignait de diverses couleurs les verrières éclairant les différents ateliers d'une usine. Alors que les ouvriers travaillant en lu­mière bleue, par exemple, étaient d'une mollesse extrême, ceux des ateliers rouges étaient particulièrement nerveux et agressifs ; on enregistra des ba­tailles sans grand prétexte. L'analogie du rouge et du sang a donc une base certaine ; celle du rouge et du feu ne fait pas de doute ; celle du rouge et de l'amour se comprend. Les variations et additions procèdent d'éléments propres à telles ou telles dispositions particulières des inconscients raciaux.

 RUBEUS

Figure de géomancie, dont le nom français est le Rouge, le nom populaire le déterminé et le nom populaire arabe, la rougeur. Elle exprime, au sens propre et au sens figuré, tout ce qui correspond au symbolisme du feu et de la virilité : passion, incendie, sang, guerre, meur­tre, révolution, colère, pléthore, action rapide, etc... Correspondances : Feu, Mars.

 RUBEZAHL

Prince des gnomes, fameux chez les habitants des monts Sudètes. Il est extrêmement malin, comme tous les êtres de son espèce, et joue mille tours aux mon­tagnards. On a écrit des volumes sur son compte; il est même le héros de quelques romans; Musoeus a conté longuement ses prouesses. Et toutefois on n'a pas encore suffisamment éclairci ce qui concerne ce lutin, qui probablement est un personnage de l'ancienne mythologie slave. Il paraît en­core, dit-on, dans quelque coin éloigné; mais chaque année il perd de sa renommée et de sa considération. C'est le même que Ribenzal.

 RUBIS

Gemme dédiée à Mars et qui, dans la tradition, donne de la vigueur aux muscles, guérit les maux de l'oreille gauche ainsi que sa surdité, agit sur la vésicule biliaire et fortifie les organes génitaux externes. Elle est favorable dans la lutte, le courage ou l'effort, permet de réaliser plus aisément ses projets. Elle a des vertus dont bénéficient surtout les polémistes, les militaires, les métallurgistes. D'autres commentateurs de la tradition lui confèrent le pouvoir d'écarter les serpents ou les araignées, de renforcer la mémoire et la joie, d'être excellente pour le cerveau, le coeur, la vigueur et la mémoire, de clarifier le sang et de protéger le coeur contre les poisons et même contre la peste.

 RUGGIERI (COSME)

Sorcier florentin et courtisan de Catherine de Médicis; il fut appliqué à la question, en 1574, comme prévenu d'avoir attenté par ses charmes aux jours de Charles IX, qu'il voulait envoûter

 RUGNER

Géant scandinave, dont la lance énorme était faite de pierre à aiguiser. Dans un duel, Thor la lui brisa d'un coup de sa massue, grosse comme un dôme, et en fit sauter les éclats si loin, que c'est de là que viennent toutes les pierres à aiguiser qu'on trouve dans le monde, et qui paraissent évi­demment rompues par quelque effort.

 RUNES

Lettres ou caractères magiques, que les peuples du Nord croyaient d'une grande vertu dans les enchantements. Il y en avait de nuisibles, que l'on nommait runes amères; on les employait lorsqu'on voulait faire du mal. Les runes secourables détournaient les accidents ; les runes victorieuses procuraient la victoire à ceux qui en fai­saient usage; les runes médicinales guérissaient des maladies; on les gravait sur des feuilles d'arbres. Enfin, il y avait des runes pour éviter les naufrages, pour soulager les femmes en travail, pour préserver des empoisonnements. Ces runes différaient par les cérémonies qu'on observait en les écrivant, par la matière sur laquelle on les traçait, par l'endroit où on les exposait, par la façon dont on arrangeait les lignes, soit en cercle, soit en ligne serpentante, soit en triangle, etc. On trouve encore plusieurs de ces caractères tracés sur les rochers des mers du Nord.

 RYMER

Géant, ennemi des dieux chez les Scandinaves; il doit à la fin du monde être le pilote du vaisseau Naglefare.