YAGA-BABA

Monstre décrit dans les vieux contes russes, sous les traits d'une femme horrible à voir, d'une grandeur démesurée, de la forme d'un squelette, avec des pieds décharnés, tenant en main une massue de fer, avec laquelle elle fait rouler la machine qui la porte (espèce de vélocipède). Elle parait remplir l'emploi de Bellone ou de quelque autre divinité infernale.

 YAN-GANT-Y-TAN

Espèce de démon qui porte dans la nuit cinq chandelles sur les cinq doigts, et les tourne avec la rapidité d'un dévidoir ; superstition des habitants du Finistère.

 YEN-VANG

Roi de l'enfer chez les Chinois. Il exerce des châtiments terribles sur ceux qui n'ont rien à lui offrir.

 YEUX

Boguet assure que les sorcières ont deux prunelles dans un oeil. Les sorcières illyriennes avaient la même singularité dans les deux yeux. Elles ensorcelaient mortellement ceux qu'elles regardaient, et tuaient ceux qu'elles fixaient longtemps.

 YFFROTE

Roi de Gothie et de Suède, qui mourut sur le bord de la mer où il se promenait, frappé des cornes d'une vache que l'ou pense être certainement une sorcière convertie en icelle, laquelle se voulait venger de cette manière de ce roi pour quelque tort qu’elle avait reçu de lui.

 YUGA.

Unité de temps de la Cosmogonie de Brahma. Le jour de Brahma (période manifestée du cycle cosmique) se décompose en :

Krita-yuga : 4.800 ans.

Treta-yuga : 3.600 ans.

Dwapara-yuga : 2.400 ans.

Kali-yuga : 1.200 ans.

Nous sommes dans cette dernière période.

Après elle, le monde retournera à l'état incréé et potentiel pour un: temps égal, puis un nouveau cycle recommencera. Il y a d'ailleurs plusieurs modes d'interprétation de ces chiffres, mais la notion de cycle reste fonda-mentale, ainsi que le principe de la non-homogénéité du temps. Ces deux points sont, par eux-mêmes, assez remarquables si l'on songe que le principe précis en a été formulé il y a une dizaine de millénaires, et que la science contemporaine en arrive à des conclusions qui les rappellent singulièrement

En premier lieu, l'emploi simultané de toutes les méthodes possibles; (dosage de l'émanation contenue dans les aérolithes, calcul du point origine de l'expansion de l'univers, courbe de vieillissement des étoiles, etc...) mène à considérer comme évaluation globale, l'âge du monde à une dizaine de milliards d'années, et la limite de ses destinées à une quinzaine de milliards, d'années (voir travaux de M. Gauzit, Directeur de l'Observatoire de Lyon)

Si donc il reste à prouver que l'univers effectue un cycle total et que ce cycle dure 129 milliards d'années comme le veut la cosmologie hindoue, on: voit qu'en tout cas, le demi-cycle de la manifestation s'opère en vingt-cinq milliards d'années environ et nous mène vers l'état incréé. Par ail-leurs, la relativité du temps, démontrée par les mathématiques, a mené les physiciens à chercher une pendule cosmique fixe. Ils n'ont rien trouvé de plus fixe que les temps de désintégration spontanée des corps radioactifs. Cette désintégration, on le sait, s'opère de telle façon que chaque période correspond à une désintégration deux fois moindre que celle qui s'est pro-duite dans la période de même durée qui l'a précédée. De sorte que le temps étalon le temps le plus fixe que nous sachions fixer n'est pas homogène, mais suit une courbe exactement semblable à celle qu'indique la succession des yugas.

On peut toujours dire que les coïncidences expliquent tout. Deux coïn­cidences connexes et de cet ordre de probabilité deviennent pourtant impen­sables en termes de hasard. Faut-il supposer pour autant que les sages de l'Inde primitive avaient une idée de l'univers aujourd'hui considéré par la science ? Assurément non. Nous croyons l'explication plus simple. Lorsqu'un esprit très dégagé de la prison du moi entre en état de participation avec l'univers, il ressent les lois de structure et, fondé sur cette certitude expé­rimentale, il pense juste sans autre mystère. Dans cet ordre de choses, on peut rappeler que Ramakrishna, sage vivant aux Indes à la fin du siècle dernier, fut souvent mis à l'épreuve par des esprits forts de tous pays. Un jour, un mathématicien de passage lui posa la question suivante : « Si je jette une pierre avec une force infinie, elle va décrire une droite. Où ira-t-elle ? » Ramakrishna se recueillit un instant et répondit : « Elle reviendra dans votre main ». Cela se passait bien avant qu'Einstein ait posé le prin­cipe de l'univers courbe, et le mathématicien sourit de la naïveté du Maître. A son tour, le Maître sourit, mais n'ajouta rien.

Devant des coïncidences de cet ordre, il ne faut pas se hâter de sourire du moins pas avant d'avoir fait un effort sincère pour comprendre ce que la tradition veut dire.