LES INTERSIGNES

 Doué da bardono d’an anaon ( Dieu pardonne aux défunts )

Dans la tradition Bretonne, la mort est toujours annoncée. La mort ne frappe jamais sans qu’un message soit  délivré aux proches ou au futur défunt.

Cela permet de s’organiser pour que la dépouille du défunt soit traité de la manière la meilleurs qui soit et de l’entourer pour son passage dans l’au-delà.

Les manifestations des messages annonciateurs de décès sont appelées les intersignes.

Selon les régions, les intersignes sont aussi appelés séblanchou, sinaliou ou traou spont.

«  Les intersignes annoncent la mort. Mais la personne à qui se manifeste l’intersigne est rarement celle que la mort menace. Si un intersigne est aperçu le matin, c’est que l’évènement annoncé doit se produire à brève échéance ( huit jours au plus ). Si c’est le soir, le délai est plus long, et peut être d’une année ou plus. Personne ne meurt sans que quelqu’un de ses proches, de ses amis ou de ses voisins n’en ait été averti par un signe. Les Intersigne sont comme l’ombre projetés en avant de ce qui doit arriver – Anatole le Braz : La légende de la mort ».

 

Trois pies sautant ensemble sur une route présagent d’un enterrement proche.

Si un coq vient chanter près de vous c’est que votre heure est proche.

Si un coq chante dans l’après-midi, c’est signe de grande joie ou de deuil. Si il chante de nuit avant minuit, c’est signe de grand malheur.

Quand une pie vient se poser sur un toit, c’est signe de deuil pour quelqu'un de la maison.

Quand un oiseau vole autour d’une maison, au moment de la mort il vient frapper un carreau.

Quand une poule sort d’un tas de foin avec une brindille sur la queue, c’est signe de deuil pour les habitants de la maison.

Les trois chandelles de la mort : A Paimpol, les femmes de marins qui sont sans nouvelle de leurs maris depuis quelques temps, font un pèlerinage dans la commune de Lanloup. Elles allument aux pieds du saint un cierge. Si le cierge brûle d’une flamme vive, le mari est bien portant. Si le cierge brûle d’une flamme triste et s’éteint, c’est signe que le mari est mort.

Trois chandelles allumées que l’on laisse brûler dans une maison est signe que bientôt on aura à allumer les trois chandelles de la mort.

Si la nuit, le menuisier entend des planches qui s’entrechoquent, c’est signe qu’il aura le lendemain un cercueil à construire.

Entendre la chute d’un objet ( assiette, verre ou écuelle ) est signe de mort pour un parent ou un ami en voyage.

Etre pris sans raison d’un frisson, est signe que l’Ankou vient de passer.

Une subite envie de pleurer alors que rien ne vous y invite, indique que vous aurez bientôt à pleurer la disparition d’un proche.

Quand sur une route on y croise un grand nombre de pies, qui ne se sauvent que lorsque on est très près d’elles, si de plus elles reviennent on foi que vous êtes passé, c’est un enterrement y passera dans peu de temps.

Quand on voit le soir dans une maison voler de petits papillons blancs, c’est signe qu’un de ses habitant doit mourir dans quelques temps.

 

Les intersignes prennent des fois des apparences bien plus significatives et évidentes.

L’apparition d’une personne alors qu’elle se trouve a des lieus de la, est souvent annonciateur de mauvais présage et nombreux sont les témoignages ou un proche se manifeste aux siens au moment de son trépas.