LE DIABLE ET L'ENFER

An diaoul zo eun dèn honest :  na c’houll man evit man

( Le diable est un honnête homme : il ne demande rien pour rien )

 

En Bretagne, région traditionnellement croyante et Catholique, il ne peut être conçu de paradis sans enfer, de saints sans démons, de dieu sans diable, de bien sans mal.

Avoir la foi en l’un est donner substance à l’autre.

Pour les Bretons comme pour le reste du monde Chrétien, deux forces rivales se partagent le monde : Dieu et le Diable, le bien et le mal.

Quoi de plus naturel que de s’attirer les faveurs des saints et se garder des persécutions des démons ? Aussi, n’est il pas rare de voire une parcelle d’un champs qui ne sera jamais cultivé ; C’est la part du diable.

Pour rencontrer le diable, il faut se rendre dans un cimetière ou une tombe nouvelle vient d’être creusée, ou a un carrefour de trois chemins, ou au carrefour d’un champs à trois angles ou bien encore dans une chapelle en ruine dont la pierre n’est plus consacrée.

On dit que le diable ne dort jamais, nuit et jour comptent pour lui comme deux. C’est pourquoi quand on pactise avec lui, il ne faut pas s’étonner de le voir au bout de six mois alors que le délai était d’un an.

Les autres noms du diable : Pôl ; Pôlic ; Pôl goz ( le vieux Pôl ) ; Ar pôtr braw ( le joli garçon ) ; Ar marc’hadour glaou ( le marchand de charbon ) ; Satann goz ( le vieux Satan ) ; Pôtr he dreid marc’h ( le gars aux pieds de cheval ) ; Ar Pôtr Rouz ( l’homme roux ) ; Ar prins rû ( le prince rouge ) ; Lucatan ; Lucas coz ( le vieux Lucas ) ; An erouant ( le serpent-roi ) ; Cornik ( le cornu ) ; Pôtr he ivinô houarn ( l’homme aux ongles de fer ).

La route de l’enfer est large et bien entretenue. Elle invite le voyageur à la prendre. En chemin, on trouve quatre-vingt-dix-neuf auberges ou dans chacune on doit passer cent ans.

Le mets et boissons vous sont servis  a volonté et le goût en devient de plus en plus bon au fur et a mesure que vous vous rapprochez de la porte de l’enfer.

Si le voyageur arrive a la dernière auberge sans être ivre et a sus résister aux tentations, il est libre de rebrousser chemin et le diable n’a aucun pouvoir sur lui. Si dans la cas contraire il a succombé tout au long du voyage, la dernière auberge lui servira un mélange de sang de couleuvre et de sang de crapaud et il appartiendra au diable.

La porte de l’enfer s’appelle le Youdig.