LES NOYES

 

Quand on meurt de mort violente, on doit rester à l’état de spectre pendant le temps qu’il nous restait naturellement à vivre.

Pour retrouver le cadavre d’un noyé, il faut prendre une planche, y fixer une écuelle que l’on remplit de son et ou l’on plantera une chandelle. La frêle embarcation laissée à la dérive ne tardera pas à gagner l’endroit ou le corps a sombré et s’y arrêtera.

C’est toujours le corps du patron que l’on retrouve en dernier de l’équipage d’une barque sombrée en mer.

Si un pêcheur péri en mer, les goélands et les courlis viennent battre de l’aile aux vitres de sa maison.

A Gueltraz, près de Port-Blanc, on voit souvent débarquer une procession de noyés. Il sont conduit par une femme et viennent chercher de l’eau douce.

Les noyés dont le corps n’a pas été retrouvé et inhumé en terre sacrée est condamné a errer le long des cotes. En Bretagne ces revenants sont appelés « Iannic-ann-ôd ». Ils hurlent la nuit le long des cotes et malheur a ceux qui répondent à leurs lamentations. Si vous répondez une première fois Iannic-ann-ôd fait un bond et franchi la moitié du chemin qui vous sépare de lui. Si vous répondez une seconde fois, Iannic-ann-ôd franchi la moitié du chemin qui vous sépare encore de lui. Et si par malheur vous répondez une troisième fois, Iannic-ann-ôd  fond sur vous et vous rompt le cou.

Les bateaux fantômes sont appelés bag-noz pour bateau de nuit car c’est souvent à la tombée de la nuit qu’ils sont aperçus. Croiser un bag-noz est souvent annonciateur de mauvais temps.