La Capture des Loups-Garous

 

 

 Comme le constate Eliphas Levi dans Dogme et rituel de haute magie :

 

1° Que jamais personne n'a été tué par un loup-garou, si ce n'est par suffocation, sans effusion de sang et sans blessures ;

2° Que les loups-garous traqués, poursuivis, blessés même, n'ont jamais été tués sur place.

3° Que les personnes suspectes de ces transformations ont été toujours retrouvées chez elles, après la chasse au loup-garou, plus ou moins blessées, quelquefois mourantes, mais toujours dans leur forme naturelle.

 

Comme nous l’avons dit précédemment, le 16ème siècle voit une recrudescence des cas de lycanthoprie.

Quand un cas d’attaque est signalé, il s’en suit dans les meilleurs délais de gigantesques battues auxquelles participent militaires et civiles. Tout le village participe…Les bois sont fouillés, les talus sont inspectés, la moindre touffe d’herbe est tailladée et piquée, les ruisseaux et cours d’eau sont sondés…. La bête est traquée…..

Quoi de plus naturel pour un animal ou une créature poursuivie, que de s’enfuir devant son bourreau ?

 

La bête doit mourir, rendre des comptes et être brûlée… le fuyard en est conscient et c’est un être effrayé, essoufflé, apeuré, et l’air agars que l’on retrouve généralement dans les taillis. Quand il n’est pas nu et couvert de boue, il a les vêtements crasseux et déchirés.

Des longs cheveux décoiffés, sa peau sale, ses yeux agars qui cherchent le salut, ses mains aux longs doigts aux ongles crochus, font de lui le loup-garou parfait que les paysans avaient vu courir au loin sous sa forme de loup.

Il n’était pas rare à l’époque, qu’un loup-garou poursuivi par la milice local, fut blessé par un  mousquet tiré à grande portée. L’homme alors de retour chez lui devait à grande peine cacher la blessure infligée sous peine d’être reconnu comme la bête qui quelques temps plus tôt parcourait la lande avec son air menaçant.

 

On peut noter que la majorité des écrits et procès verbaux venus jusqu'à nous relatent des captures de loups-garous sous leurs formes humaines et trahis par leurs blessures.

 

S’en suivait un procès en place publique. Condamnés pour sorcellerie pour avoir pactisé avec le diable, forcé à l’aveu de ses forfait par l’inquisiteur, l’issue  est toujours la même : le bûché.