Les Loups-garous et la sorcellerie

 

 

 Aux premiers siècles après Jésus-Christ, le loup était très présent dans toute l’Europe.

C’est Charlemagne le premier qui institua la destruction organisée des meutes de loups tant celles-ci s’avéraient, dans leurs attaques meurtrières de troupeaux, dévastatrices pour l’économie et l’élevage des moutons.

Si les méfaits des loups étaient jusqu’alors réservés et concentrés sur les troupeaux de moutons et les élevages des fermes isolées, le moyen âge apporta une nouvelle vision des choses.

La misère du peuple, la peste, la famine, les conditions de vies précaires de l’époque, firent grands nombres de morts parmi la population.

Bien vite, charniers, cadavres à l’abandon et sans sépulture attirèrent les meutes de loups de plus en plus près des bourgs et des villes.

L’animal qui jouissait déjà d’une mauvaise réputation se vit alors affublé du titre de mangeur d’homme.

Mais c’est vers le 16ème siècle que le mouvement du culte de Lycaon pris son essor dans le peuple, véhiculé par l’imprimerie et l’accès aux ouvrages jusqu'alors réservé à l’église, ses copistes, étudiants et bibliothécaires, nombres d’ouvrages sur la démonologie, la sorcellerie et autres rituels se succèdent et circulent parmi le peuple. A cette époque-ci, peu de personnes savent lire. Ceux qui en ont la possibilité, se procurent les ouvrages précédemment nommés et en font lecture aux autres.

Paysans et citadins entendent donc lors des veillées, les récits de ces dieux et de ces hommes qui ont le pouvoir de se changer en bête et les gens y trouvent alors de nombreuses explications dans les agissements «  bizarres » de certains de leurs congénères et voisins.

Le 16ème siècle voit donc les cas de lycanthropie et les procès se multiplier.

Si une partie du peuple règle ses comptes cachés sous des peaux de bête…..

L’autre en revanche en profite pour exceller dans l’art de la dénonciation.

Vielles rancunes et malveillances ressurgissent alors pour nuire à son prochain.

A cette époque, toutes les régions de France ont leurs loups-garous.

En Picardie c’est le loup-varou, en Gironde et dans le Poitou c’est la bête bigourne , dans le Berry on trouve le  loup-berou, en Bretagne le bisclavaret, en Vendée et Charente c’est le garelaut et en Normandie le Garwall ou warou, etc.

Les cas se multiplient et les sorciers d’Europe

et de nos campagnes sont montrés du doigt.

Si l’église a instauré l’image de la brebis pour incarner le bien, dans l’idée populaire le diable est à l’origine de la transformation des ces sorciers qui pactisent avec les démons pour se donner pouvoir sur les hommes. L’image de l’homme transformée en loup s’oppose à celle de l’agneau.

C’est le mal contre le bien, Satan contre jésus Christ.

Des traités et études sur les loups-garous sont édités.

Les « spécialistes » de l’époque les décrivent comme des personnes au teint pâle et aux yeux renfoncés.

Ses écrits décrivent les possédés comme des hommes allant à une allure fulgurante, ayant des yeux de feu et se déplacent en meute en laissant derrière eux bien qu’ils aient forme humaine, des traces et empreintes de loup.

 

Le 17ème siècle verra les esprits s’apaiser et il faudra attendre le 18ème siècle pour voir ressurgir les vieux démons en l’affaire de la bête du gévaudan.

A cette époque, l’information dispose de plus de moyens qu’au siècle précédent et toute la France est tenue en haleine par les médias qui narrent les méfais du monstre.

 

Au début du 20ème siècle, les loups ont tellement été pourchassés et décimés que la race a pratiquement disparue de l’Europe occidentale.