RALDE, Marie de la

Sorcière qu'on arrêta à l'âge de dix-huit ans, au commencement du dix-septième siècle. Elle avait débuté dans le métier à dix ans, conduite au sabbat pour la première fois par la sorcière Marissane. Après la mort de cette femme, le diable, selon la procédure, la mena lui-même à son assemblée, où elle avoua qu'il se tenait en forme de tronc d'arbre. Il semblait être dans une chaire, et avait quelque ombre humaine fort ténébreuse. Cependant elle l'a vu aussi sous la figure d'un homme ordi­naire, tantôt rouge, tantôt noir. Il s'approchait souvent des enfants, tenant un fer chaud à la main ; mais elle ignore s'il les marquait. Elle n'avait jamais baisé le diable; mais elle avait vu comment on s'y prenait : le diable présentait sa figure ou son derrière, le tout à sa discrétion et comme il lui plaisait. Elle ajouta qu'elle aimait tellement le sabbat, qu'il lui semblait aller à la noce, «non pas tant par la liberté et licence qu'on y a, mais parce que le diable tenait tellement liés leur coeur et leurs volontés, qu'à peine y laissait-il entrer nul autre désir.» En outre, les sorcières y entendaient une musique har­monieuse, et le diable leur persuadait que l'enfer n'est qu'une niaiserie, que le feu qui brûle continuellement n'est qu'artificiel. Elle dit encore qu'elle ne croyait pas faire mal d'aller au sabbat, et que même elle avait bien du plaisir à la célébration de la messe qui s'y disait, où le diable se faisait passer pour le vrai Dieu. Cependant elle voyait à l'élévation l'hostie noire,Il ne paraît pas que Marie de la Raide ait été brûlée, mais on ignore ce que les tribunaux en firent.