LES FORMATS DE VOS OUVRAGES

Pour vous y retrouver dans les dimensions de vos grimoires.....

 

    Le papier fabriqué à la base est un " In-plano " c'est à dire environ 97 cm X 70 cm (selon les moulins et selon les presses... ). Une fois plié en deux (ce qui permet de coudre la feuille par le milieu) on obtient le format " in -folio ", le plus grand format possible pour l'imprimerie traditionnelle. 

 

    Cet "in-folio" plié en deux forme un "in-quarto" ( in-4° ); un "in-quarto" plié en deux forme un "in-octavo" (in-8°). Au-delà de ce format, on cesse généralement d'utiliser les appellations latines, mais par pliages successifs, on obtient les formats in-12, in-16, in-24, voir plus petit encore.

 

    Ainsi l'appellation "in-octavo" correspond-elle à une feuille pliée trois fois. Ce phénomène est clairement visible dans les livres brochés qui n'ont pas encore été coupés. De plus en plus souvent cependant, les imprimeries modernes utilisent un autre procédé dans lequel les feuillets sont simplement collés sur le dos de la brochure et non plus cousus par le centre des cahiers.

    Bien sûr la dimension d'un ouvrage en fonction de son format n'est pas mathématique puisque à la base le " in-plano " n'a pas toujours la même dimension. De plus, les relieurs massicotent ( coupent ) plus ou moins largement dans les marges, ce qui a pour effet de supprimer les plis extérieurs (et donc de rendre chacune des pages accessibles au lecteur) et de diminuer les dimensions des feuillets.

    Après plusieurs reliures, un vieil ouvrage peut avoir perdu plusieurs centimètres, notamment dans la marge supérieure souvent salie par la poussière. Cela dit, lorsque imprimeur l'a signalé, vous pouvez vérifier le format "officiel" d'un ouvrage en comptant les feuillets constituant un cahier (et non les pages, car on tient compte ici de la feuille matérielle et non de l'espace consacré au texte appelé "justification").

    Un imprimeur traditionnel numérote généralement les feuillets dans la marge inférieure du côté recto de la feuille. La numérotation la plus courante consiste en lettres suivies d'un chiffre romain : A, Aij, Aiij, Aiiij, puis B, Bij,... Ce procédé remonte au moyen-âge, époque durant laquelle de nombreux manuscrits n'étaient pas paginés. Ces indications, notées à l'époque par le copiste, permettaient d'assembler et de relier l'ouvrage sans risque d'inverser l'ordre des feuillets (d'autant que le relieur n'était pas forcément à même de lire tous les textes qui lui étaient remis (français, provençal, latin, grec,...)).

    Un "in-quarto" formant des cahiers de quatre feuillets, on observe généralement le foliotage suivant : A, Aij, suivi de deux feuillets sans indication, puis B, Bij, et ainsi de suite. Les deux feuillets sans indication terminant chaque cahier s'expliquent par le fait qu'ils sont joints au niveau du pli central aux feuillets de la première moitié du cahier. Ainsi, en cas de dispersion des feuillets, il était toujours possible de remettre de l'ordre.

 

    Il arrive que le nombre de feuillets constituant chaque cahier d'un ouvrage varient, notamment en fin de volume, ce qui permet d'imprimer ou de copier le texte sans laisser de pages blanches. Toutes ces contraintes expliquent que le format "officiel" d'un ouvrage renseigne souvent fort peu sur ses dimensions réelles. Un petit in-12 est fondamentalement comparable à un grand in-16, aussi les dimensions en centimètres devraient-elles toujours faire partie d'une description bibliographique.

    Traditionnellement, on note d'abord la largeur, puis la hauteur de la page, ou de la reliure.

 

Philippe Veuve, LIBRAIRIE DE L'UNIVERS - Lausanne - Suisse