CADUCEE

  Baguette entrelacée de serpents, la partie supérieure formant un arc étant surmontée de deux ailerons. Elle fut donnée à Mercure par Apollon en échange de sa lyre à sept cordes. Son nom vient de cadere, tomber, parce qu'elle a pour vertu de faire tomber la colère, d'apaiser. La Tradition prétend que les deux serpents représentent Jupiter et Rhéa, qui furent réunis par Mercure après une dispute.

En fait, les deux serpents du caducée procèdent du symbolisme du serpent et leur double aspect y ajoute la notion d'androgynat — qui est, on le sait, le fait de Mercure. Certaines représentations de ce Dieu montrent d'ailleurs un caducée entouré d'un seul serpent enroulé en huit et se mordant la queue — dans lequel on retrouve plus clairement exprimé encore le symbolisme de la Kundalini des Hindous : c'est à la fois la trans­mutation de la force sexuelle instinctive, l'accession au plan extra-humain (les ailes), le symbole du « pouvoir » (le sceptre), la notion du cycle (le ser­pent qui se mord la queue) et de l'infinie répétition de ce cycle (le huit, sym­bole de l'infini, comme en mathématiques). La matière même du caducée (or) n'est pas surprenante puisque le caducée a été donné par Apollon en échange de la lyre heptacorde. C'est-à-dire aussi que le Dieu aperçoit et juge supérieure au caducée, instrument de réalisation, la lyre qui est l'har­monie réalisée. Le caducée a donc le sens d'un acheminement : c'est un symbole dynamique qui prélude à son pendant statique, l'heptacorde. On voit les correspondances de ce dernier rapprochement dans le vocabulaire des alchimistes (le Mercure et l'Or).

Il est enfin intéressant de faire un parallèle entre l'axe du caducée, ré-conciliation dans l'androgynat entre Jupiter et Junon, et le Calumet, qui tient une place rituelle légendaire dans des civilisations fort éloignées du monde gréco-latin. Si le calumet de la guerre est blanc et gris (Gémeaux), le calumet de la paix est rouge (ce qui, selon une autre symbolique, est l'or du sang). Mais en outre, et c'est là que le parallèle devient saisissant : le calumet de la paix est orné de deux plumes d'aigle et entouré de mèches de cheveux de femmes entrelacés, ce qui équivaut rigoureusement aux ailettes du caducée et aux serpents qui l'entourent.

 

 

 

 

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